30/1/2007 - Fiche 1ère évaluation : publication scientifique sur internet
FICHE PREMIERE EVALUATION
THEME : Diffusion de l’information scientifique sur internet
NOMS DES MEMBRES DU GROUPE :
Claire Marchand
Isabelle Menvielle
Laure Plener
Estelle Vas
E-MAILS :
claire.marchand@gmail.com
imenvielle@yahoo.fr
lplener@gmail.com
vas.estelle@gmail.com
PROBLEMATIQUE De nos jours, Internet constitue une source d'informations indispensable pour la communauté scientifique. Il permet un échange instantané et régulier des idées, raisonnements et résultats sans lequel il ne peut y avoir de développement scientifique; cet échange est représenté par le développement d'entreprises spécialisées dans la veille technologique qui fondent leurs activités sur l'analyse de données Internet. Les publications scientifiques sont indispensables pour le chercheur en tant que marque de reconnaissance et de crédibilité auprès de ses confrères. Notre intérêt est donc de savoir si ces documents donnent accès à des données fiables et véritables. Nous nous attacherons particulièrement au domaine de la biologie. Existe-t-il des systèmes de contrôle de l'information ou des normes qualité ? Qui en est responsable ? Quelles sont les limites de cette sélection ?
FORMES DE DIFFUSION DE L'INFORMATION SCIENTIFIQUE
Les différents moyens d'accéder à l'information scientifique sur Internet :
1. Site de revue : (Les articles référencés sur Internet sont les mêmes que ceux publiés dans la revue)
URL : www.nature.com/nature
Résumé : Site du magasine scientifique Nature. Il exige une inscription (qui comprend une enquête sur leur pouvoir d'achat), mais cette inscription, tant qu'on ne dépasse pas les tables des matières, est gratuite. Le site intéressera ceux qui s'intéressent aux sujets scientifiques qui d'ordinaire sont abordés de façon furtive dans les médias grand public. Il contient également des informations sur les événements internationaux, les futures conférences et des liens vers les autres magazines de la famille "Nature".
2. Centre de recherche
URL : http://www.cens.cnrs.fr/revue
Résumé : En mettant en place le Centre d’Edition Numérique Scientifique (Cnes), le CNRS crée une nouvelle génération d’instrumentation scientifique fondée sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication. L’objectif du Cens est de produire et de diffuser les revues scientifiques sur l’Internet dans le domaine des Sciences de l’Homme et de la Société. Il s’adresse aux revues scientifiques existantes ou en projet de création. Les services de production ou de mise en ligne du Cens sont totalement gratuits mais l’accès aux articles dépend du modèle économique choisit par la revue.
Officiellement, des relectures d’épreuves sont prévues avant la mise en ligne : l’organisation de la chaîne de production éditoriale du Cens, basée sur la norme ISO 9001, intègre plusieurs contrôles qualité. Une procédure de Bon à tirer électronique visé par le responsable de la revue déclenche la mise en ligne du numéro ou d’éventuelles corrections.
3. Bases de données
URL : http://biology.plosjournals.org
Résumé : PloS BIOLOGY est un journal de biologie qui diffuse les articles publiés par la Public Library of Science (PloS), un groupement de scientifiques à but non lucratif. L’accès aux articles est gratuit pour les internautes.
Tous les travaux sont publiés sous la licence « Creative Commons Attribution Licence » (CCAL). Avec cette licence, les auteurs disposent des droits d’auteur sur leur article mais autorise les internautes à copier, modifier, utiliser ces travaux. Disposer de cette licence assure de pouvoir rendre ses travaux scientifiques publics et disponibles gratuitement.
URL : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/
Résumé : Ce site est développé par le NIH (National Institutes of Health) du ministère de la santé américain ; il a été établi en 1988 pour constituer une source d’informations en biologie moléculaire.
Il regroupe :
- toutes les publications de différents journaux de biologie : génétique, biologie moléculaire, microbiologie, biotechnologies, médecine…
- de nombreuses bases de données : génomes complets des différents organismes séquencés à ce jour, gènes identifiés, protéines identifiées (séquence, rôle, structure…), substances existantes…
- tous les outils nécessaires en biologie moléculaire et bioinformatique : comparaison de séquences génomique ou protéomique, prédiction de structure à partir de la séquence, modélisation des structures en trois dimensions, recherche de domaines particuliers dans l’ADN…
4. Moteur de recherche
Résumé : Google Scholar est un site spécialisé sur la recherche de documents scientifiques et universitaires : articles, thèses, livres, abstracts, rapports techniques, citations, etc. Tous ces documents sont issus de laboratoires de recherche, écoles et universités. La page de résultats affiche l’auteur du document proposé ainsi que le nombre de liens pointant vers le fichier, les différentes sources où il est disponible ainsi que les versions successives existant sur le Web.
5. Blog
URL : http://www.over-blog.com/blog-annuaire-37-Science.html
Résumé : Ces blogs sont des sites Internet personnels. Ils ajoutent aux fonctionnalités d’une site-web personnel la simplicité et l’interactivité : il permet la publication d’articles que les visiteurs peuvent commenter.
6. Colloque virtuel, symposium en ligne
URL : http://www.symposcience.org/liste.php
Résumé : Le site SympoScience est le support commun au Cemagref, au CIRAD, à l’Ifremer et à l’INRA pour la diffusion en ligne, dans le cadre de leur mission de diffusion de la connaissance scientifique et technique, des actes de leurs colloques, séminaires, congrès et symposiums. Il propose également des colloques organisés par d’autres partenaires et portant sur des thématiques communes ou proches.
EXPERTS
1. Critères d'évaluation d'un site
URL : http://users.skynet.be/ameurant/francinfo/validite/evaluer.html
Nom : Commission Français et Informatique
Fonction :
Citation : "L'auteur d'une information est le premier responsable de celle-ci. Il est donc important de pouvoir identifier et de déterminer les compétences de celui qui fournit l'information. Quelles sont les compétences de l'auteur ou des auteurs? Sont-elles clairement énoncées? Fournit-on des renseignements qui permettent d'entrer en contact avec le ou les auteurs? (email, adresse d'une page personnelle, ...) L’auteur fait-il référence à des publications antérieures, parues dans des périodiques imprimés faisant autorité ? Y a-t-il moyen de vérifier le sérieux d'une organisation si elle n'est pas connue ? "
URL : http://docinsa.insa-lyon.fr/sapristi/index.php?rub=1004
Nom : Laurent QUINSON, INSA Lyon
Fonction : Webmaster
Citation : "L'organisation :
- L'organisation est-elle clairement nommée ? Peut-on la contacter par téléphone ? Par voie postale ? Par courrier électronique ?
- Y a-t-il un moyen de vérifier le sérieux de l'organisation si elle n'est pas connue ?
- L'information est-elle clairement protégée par un copyright ? Qui détient les droits ?
- Dans l'URL du document, l'hôte (la partie située avant le troisième "/" dans l'adresse) permet-il d'accéder à la page d'accueil de l'organisation ?
Exemple : la page index.php a pour hôte le serveur http://docinsa.insa-lyon.fr/ qui est la page d'accueil du portail documentaire de Doc'INSA
- Cette organisation est-elle connue pour être compétente dans ce domaine ?"
URL : http://www.webrankinfo.com/google/pagerank/index.php
Certains se basent sur le PageRank pour estimer si une publication est authentique ou non.
2. Problèmes rencontrés, crédibilité
URL : http://urfistreseau.wordpress.com/2006/11/23/autorites-enonciatives-et-espaces-de-publication-et-de-referencement-evelyne-broudoux/
Nom : Evelyne Broudoux
Fonction : Maitre de Conférences en Sciences de l’Information et de la Communication à l’IUT de Vélizy
Citation : « Un espace libre de publication peut favoriser une recherche dégagée des tutelles, forcer la sortie d’un cadre institutionnel qui ne sert quelquefois qu’à nourrir la pensée labellisée d’une autorité et favoriser recherche d’indépendance et autonomie, préalables à des choix librement assumés. Mais cet espace qui sert avant tout à une énonciation personnelle risque de pousser l’étudiant blogueur sur une autre pente, au mieux celle de la dispersion, au pire celle de l’auto-suffisance […] Aussi, on pourrait se demander quel système de référencement mettre en place qui échapperait aux lois du marché de l’immatériel et qui aurait pour but de contourner les biais de la notoriété. »
URL : http://urfistreseau.wordpress.com/2007/01/29/intervention-de-marin-dacos-resume/
Nom : Marin Dacos
Fonction : Agrégé d'histoire et allocataire moniteur en histoire comptemporaine (Lyon 2) Fondateur de Revues.org, fédération de revues scientifiques en SHS sur Internet
Citation : « Les instruments de repérage, de classement et d’identification sont rares et incomplets. Seuls semblent émerger les portails de contenus eux-mêmes, alors que les répertoires et les moteurs de recherche scientifiques restent marginaux. La domination de Google sur les usages est telle que le PageRank semble avoir remplacé toute autre autorité. Les moteurs de recherche scientifiques peinent à percer dans les usages des chercheurs et des étudiants. Eux-mêmes s’appuient sur des méthodes et des corpus qui ne sont, à l’heure actuelle, pas totalement satisfaisants. »
URL : http://www2.cnrs.fr/band/302.htm
Nom : CNRS
Fonction : centre de recherche scientifique
Citation : « En France, l'utilisation du réseau des réseaux à des fins de communication scientifique doit s'accomplir dans le respect de la loi et notamment du Code de la propriété intellectuelle (droit d'auteur et droits dérivés). La publication sur l'Internet d'œuvres littéraires, graphiques, sonores, photographiques, audiovisuelles, etc., ne déroge donc pas aux dispositions du Code de la propriété intellectuelle. »
URL :http://209.85.129.104/searchq=cache:D1UU4qq6O4QJ:memsic.ccsd.cnrs.fr/documents/archives0/00/00/02/29/mem_00000229_00/mem_00000229.pdf+cyberculture+publication+scientifique&hl=fr&gl=fr&ct=clnk&cd=1
Nom : Nathalie Pignard
Fonction : Thèse (DEA de Sciences de l'Information et de la Communication Option Communication et Médias)
Citation : « Nous avons souligné les dangers auxquels s'exposaient les nouvelles publications : le manque de qualité et de rigueur dans la sélection des articles, la minimisation des fonctions de l'éditeur, le risque de cloisonnement des disciplines scientifiques et, à l'inverse, le risque de perversion de la science lorsqu'elle est diffusée librement et gratuitement sur Internet, etc. »
« Les revues imprimées reconnues garantissent une validation très sérieuse des articles publiés grâce à l'action des comités de rédaction. Certaines revues électroniques, dont le but est souvent de publier les informations le plus rapidement possible, ont tendance à ignorer ce contrôle du contenu ou à le remplacer par des procédures différentes de validation (la mise en place de débats autour des articles publiés ou prêts à l'être). Dès lors, la difficulté est de distinguer, parmi les revues électroniques, celles qui pratiquent le contrôle par les pairs et celles qui s'en passent. »
ZOOM
1. Description
L'information scientifique se diffuse sur Internet sous de nombreuses formes : revues scientifiques, centres de recherche, bases de données, moteurs de recherche, blogs, colloques et séminaires en ligne, etc. Dans certains de ces cas, nous avons pu identifier des moyens de contrôle de validité de l'information. Concernant les articles publiés par les revues type Nature ou Science, il s'agit de la transcription électronique de la version papier. De ce fait, la sélection des articles ayant lieu en amont de sa diffusion en ligne, le problème de crédibilité ne s'accentue pas avec l'utilisation d'Internet. Les banques de données mettent en place pour une partie d'entre elles un système de tri des publications scientifiques basé soit sur le principe de validation par les pairs ou peer-review, soit sur des normes qualité ou charte propres à chaque éditeur. Les moteurs de recherche, le plus connu étant Scholar Google, renvoie un indice de citation représentant le nombre de références faites à cet article par d'autres auteurs. L'utilisateur peut le considérer comme une côte de popularité. Dans la même idée, PageRank associe une note à une page Internet en fonction de sa fréquence de visite. D'un point de vue de journaliste, nous allons discuter des différents critères d'évaluation à disposition pour établir la pertinence de l'information scientifique et de la méthodologie à adopter pour une bonne utilisation de ces critères.
2. Analyse
Les nouvelles options de diffusion scientifique soulèvent de nombreuses objections. Par exemple elles ne tiendraient pas assez compte du besoin inhérent à la recherche scientifique d'une certification sérieuse. Dès lors, il convient de s'attarder à la recherche de nouveaux mécanismes de certification, car celle-ci est fondamentale mais délicate. Le débat est difficile, mais voici quelques éléments de réflexion.
L’archivage institutionnel ayant passé le mécanisme traditionnel du peer-review, ne pose pas de problème particulier de certification. Cela concerne les articles déjà publiés dans les revues papier aussi bien que les résumés de colloques et séminaires disponibles en ligne. Ces pratiques assurent une retranscription fidèle des informations scientifiques. En revanche, l’archivage et la diffusion institutionnelle de « pré-prints » et autres matériels non publiés soulèvent de manière aiguë la problématique de la certification. De toute façon, il est clair que l’accélération de la production scientifique exige des mécanismes d’enregistrement et de certification nouveaux, capables d’absorber ce volume croissant. Dans une base de données institutionnelle, l’accès et donc l’enregistrement, constitue une première sorte de certification, dont la rigueur -et la qualité- sera variable. Une plus grande rigueur participera cependant à l’établissement du prestige de la base de données, tout comme un peer-review rigoureux participe au prestige des journaux actuels. Évidemment, une telle base de données institutionnelle doit impérativement posséder un statut formel et officiel sous peine de n’avoir aucun rôle.
Selon nous il faudrait découpler les mécanismes de certification et de publication. Et ce afin d’obtenir une plus grande objectivité.
Evaluation d’un site scientifique.
De très nombreuses grilles d'évaluation de sites web sont diffusées en ligne ; celles ci s’appliquent également aux sites diffusant des informations scientifiques (exception faite des blogs). Nous pouvons citer notamment l’outil SAPRISTI développé par l’INSA de Lyon ou bien encore la grille proposée online par Hervé Basset de l’Université Catholique de l’Ouest. Les principaux critères d'évaluation de l'information mis en avant relèvent de la crédibilité de la source, de la qualité du contenu, de l'organisation intellectuelle de l'information et enfin de la présentation de celle-ci. Il faut toujours coupler les indices et les recouper : qui/quoi/pourquoi/comment etc. La qualité de l’évaluation réside dans l’utilisation de ces critères. Par exemple PageRank donne un indice de popularité qui peut conforter l’opinion que l’on a du site mais ne peut être considéré comme une garantie à lui seul. Dans le domaine scientifique il est plus significatif de s’attacher à la reconnaissance auprès de la communauté scientifique. C’est le cas du moteur de recherche Scholar Google qui lui prend en compte le nombre de citations d’un article par d’autres publications.
Blogs et forums
Internet étant un espace de libre expression sur des sites non « officiels » tout et n’importe quoi peut être mis en ligne. Dans le cadre d’une utilisation scientifique d’Internet il convient donc de se méfier des sites de libre échange. Les blogs et autres forums ne peuvent convenir que pour des sujets de niveau scientifique basique. Nous affirmons cela pour différentes raisons. Dans un souci de crédibilité les scientifiques réels n’ont aucun intérêt à diffuser leurs résultats hors du circuit scientifique traditionnel, source de reconnaissance et de financement. Par ailleurs si comme nous l’avons mentionné précédemment l’évaluation des publications est difficile cela est pire pour les articles de blogs pour ces derniers aucun contrôle n’existe. L’anonymat y est total et la mise en ligne ne passe par aucun cadre posé.
Résumé
La diffusion des publications scientifiques reste pour les chercheurs leur principale source de valorisation de leur travail. Les répercutions sont nombreuses : reconnaissance dans le domaine scientifique et aussi et surtout, financement pour leur laboratoire. C’est pourquoi, cette course à la publication, en parallèle du développement de nouveaux canaux de diffusion comme Internet, a entraîné une accumulation de données de plus ou moins bonne qualité.
Nous avons pu voir durant cet exposé des méthodes de contrôle visant à sélectionner les publications diffusées. Mais celles-ci concernent une maigre part des multiples formes d’information scientifique : bases de données, revues et colloques en ligne. Et de plus ces méthodes sont perfectibles.
La question reste donc de savoir si l’augmentation des méthodes de contrôle est compatible avec la gratuité de l’information caractéristique d’Internet. Selon nous cette démocratisation de l’information scientifique reste néanmoins indispensable au partage des connaissances.
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