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La domination féminine ou l'hystérocratie (sociologie)

Description

La loi et le Père. Le phallus et l'autorité. La domination féminine et l'hystérocrate.


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Matérialisme et principe féminin

Repères entre les hommes et les femmes.

A qui profite la confusion des sexes?

Libération de la femme et consommation?

Autorité et phallus.

La loi et le père.

 

Le matérialisme et la féminisation

 

 

Des quatre éléments symboliques, la terre, l'eau, l'air et le feu, deux sont féminins et deux sont masculins. La terre et l'eau caractérisent la fécondité et la gestion naturelle de la nature. Si l'air et le feu participent aussi à cette nature c'est de façon moins visible. De même si l'idéalisme se rapproche de l'air et du feu, on ne peut nier que le matérialisme est plus proche de la terre et de l'eau. Mais voyons d'abord ce que l'on entend par matérialisme et idéalisme et quelles pourraient être les conséquences d'un bouleversement symbolique en regardant ce qui se passe dans les sociétés éthologiques, et particulièrement les insectes, les plus proches de la terre... 

 

Le matérialisme prend uniquement le matériel comme socle du savoir et de la connaissance, en ayant comme paysage de fond l’efficacité et la rentabilité. Cependant première remarque, le langage s’enracinant dans les symboles, le matérialisme dans son objectivité est dés le départ mal à l’aise avec  le support qu'il utilise, qui est la langue, à défaut de pouvoir utiliser un autre, disons plus objectif ...  Dans cette quête d'une réalité palpable qui lui échappe déjà dans les mots, le matérialisme part en déconfiture dans les théories physiques particulaires qui lui font, il faut le dire, de véritables pieds de nez et où il semble manquer un peu d'air! Mais voyons un peu sa généalogie et ses conséquences dans cette absence de visibilité qui caractérise la société de consommation et le capitalisme.

 

Le terme revient à Leibniz chez qui on le retrouve, en 1702. Avant lui, dans l'Antiquité, les premiers à se revendiquer, de cette approche, sont les  mécanistes avec Héraclite, Démocrite, Diogène, Epicure et Lucrèce. On a souvent réduit  le matérialisme des philosophes de l'Antiquité à  la continuité de la matière et  bien avant l’heure à l’hypothèse de l’atome. Cependant avec Diogène et  Laërce, on est tout de même étonné de voir que les philosophes  matérialistes de l'Antiquité sont surtout préoccupés d'éthique… Dés le départ ce courant de pensée utilise la seule matière et le seul réel, pour la connaissance et  le savoir. Il n’y a donc que la matière et tout doit être expliqué par elle, si ce n’est aujourd’hui, du moins dans le futur. Ici se trouve la base fondamentale du matérialisme. Pour Platon, les stoïciens et les pères de l'Église chrétienne, sans oublier Kant et Hegel,  la vérité se trouve, par elle-même, en dehors de la matière et de ce qui est visible, on l’atteint par la pensée et par l’esprit. On peut d’ailleurs rattacher Einstein à ce courant de pensée,  « l’Univers m’apparaît comme une pensée », écrivait-il, ou encore « Dieu ne joue pas aux dés », renvoyant élégamment le hasard, à une signification plus restreinte.  Cette approche est  spirituelle dans son sens le moins réducteur. Le monde matériel n’est qu’une représentation imparfaite de la vérité qui le soutient. Par opposition aux matérialistes, ce courant de pensé s’appelle l’idéalisme.  La différence est de taille. Cependant, il faut le noter,  plus on remonte dans la physique particulaire, et plus la « matière » se dématérialise et  prend des structures plus proche de la pensée. Jusqu’où se dématérialise-t-elle... Se pourrait-il que se soit jusqu'à la Pensée, elle même?

Les conséquences du matérialisme sur le paradigme de la  civilisation actuelle sont considérables. En effet  la vérité se limite, en raison d’une certaine lenteur du progrès technique, aux  dernières innovations, mais surtout dans leurs derniers maquillages commerciaux. Cette quête a été accentuée, dans les générations montantes,  en raison des pédagogies qui ont été mises en place dans les années soixante dix et qui ont privilégiées les seules réalités observables, en minimisant ou en discréditant toute autre approche.

 

Mais le matérialisme fait aussi dans l'éthique, voyons un peu ce que l'on entend par  matérialisme éthique.

 Il  ramène la question de la  morale, elle-même, entièrement au matériel. Pour lui, rien n'est transcendant ou universel. Tout est culturel et lié à l'espèce. Là aussi, aucune piste n’est donnée sur la nature des archétypes.  A noter ici et ceci est un élément déterminant de mon hypothèse que le matérialisme pourrait revenir, en psychanalyse, à un retour in utero. Probablement par peur de s’égarer, ou par souci d’efficacité et de rentabilité…. L’éthique s’étudie alors comme la matière.

 Les valeurs éthiques sont ainsi ramenées uniquement aux contextes, des histoires individuelles et collectives. Effectivement si l'histoire est issue du discours du père, la réalité ramène à la mère qui accouche et qui allaite, élément beaucoup plus tangible. L’histoire n'a pas d'existence "en soi", à la manière de la paternité qui est récit, foi, interprétation et sens... Dans la culture occidentale, tout phénomène extérieur à la mère et au féminin, tend à être considéré, maintenant,  comme délire conjoncturel du père ou du masculin.  Conséquence pour le matérialisme, il n'y a donc pas d'universalisme en matière d’éthique,  puisqu'il peut y avoir plusieurs pères possibles par rapport à  une seule mère, la matière... Spinoza et Nietzsche essaieront d’échapper au relativisme en s’accrochant tant bien que mal à des valeurs plus ou moins sociales. Nous trouvons là un discours, cherchant à justifier inconsciemment le père, mais jamais dit comme tel. Dans le matérialisme, c’est l’homo sapiens qui est à l’origine de la morale et par conséquent en dessus. C’est un retour à la seule réalité palpable comme l’est  l'enfantement par la mère, le discours du père étant effectivement moins palpable que la réalité de la grossesse...Cette façon de penser est en contradiction avec la pensée idéaliste et la pensée religieuse chrétienne pour lesquelles le bien est indépendant de la matière et la précède, comme le père ne peut que précéder la grossesse. C’est ici que se trouve la différence essentielle entre l’idéalisme et le matérialisme. Cette différence est de taille puisque le matérialisme ramène l’homo sapiens à sa seule responsabilité personnelle, et bien sûr, va éviter la question du libre arbitre, le soumettant à un certain déterminisme qu’il aura soin de ne pas étendre à l’univers tout entier…

 

Dans le matérialisme  scientifique, la pensée est réduite aux  faits purement matériels. Le savoir  repose toujours sur l’expérience matérielle, avec un trio incontournable, expérience, observation et théorie. L’expérience valide ou non la  théorie, comme la réalité de l'enfantement, renvoi le discours du père au domaine du  vérifiable pour sa paternité… Je ne critique pas la méthode scientifique expérimentale, mais l’utilisation réductrice qui en est faite, souvent par extrapolation, dans des domaines qui lui échappent.

 

Vulgairement dans son application actuelle, le matérialisme est entendu dans le sens de  jouissance des biens matériels, des  valeurs monétaires et des plaisirs matériels, dans une attitude d'infantilisation généralisée, renvoyant et enfermant toute spéculation dans le domaine matériel. Possession et accumulation de biens à la mode sont la caractéristique des  personnes "matérialistes". Dans l’art, le matérialisme évite de donner aux choses, une représentation idéale...

 Le "matérialisme culturel" aboutit à une déstructuration de la société et à la suppression de toute transcendance pour déboucher sur la seule production et consommation et à son seul système de communication, comme "élément de culture" ou plutôt " d'économie culturelle". Pour des raisons d’efficacité et de rentabilité, il s'attaque alors aux différences  du masculin et du féminin, en niant ou en  minimisant toutes  leurs caractéristiques  physiques,  psychiques et sexuelles , pour finalement détruire le patriarcat en le traitant comme un autre élément culturel. D’une façon générale, en s'attachant à la seule réalité palpable, il renvoie effectivement de façon irréductible à la mère, rendant suspect et à vérifier tout discours du père. En s'attachant à la seule réalité matérielle, il porte une emphase sur le désir et sa satisfaction, dans une mère non dépassée, un désir non sublimé au nom d'une réalité matérielle non dé passable, engendrant une  infantilisant de  toute la société et ainsi une consécration de la  consommation dans sa matérialité, retour et renvoi non visible à la fusion avec la mère. C’est la fin de l’histoire, de la littérature, de la culture, de l’art, au profit de l’organisation matérielle, dans une société qui se rapproche de la ruche et où les seuls enjeux seront l’organisation et la production du  « miel » et le renouvellement des ouvrières, avec dans ce modèle éthologique, une domination évidente et totale du principe féminin dans la reine, et où le rôle de l’homme  est réduit, à celui de géniteur, mais aussi, en quelque sorte, de parasite inutile! A noter que l’essaim autour de la reine est un magnifique exemple éthologique de tentative de fusion avec la mère.

La constatation, c’est qu’il n’est laissé actuellement, aucune alternative ou porte de sortie, en raison de l’absence totale de visibilité, la panne d’idéologie, et une descente vertgineuse dans le miroir de la matière. Effectivement, à ce stade de la consommation,  de la production mais surtout du capitalisme, l’éducation n’est plus  possible, rendant la transmission culturelle elle-aussi impossible ! Education étymologiquement voulant dire » conduire hors de »… La formation et le formatage sont de mises comme dans la ruche ! Il ne s’agit plus d’orienter le savoir et de le guider, ce qui fut un puissant moteur de civilisation, mais de produire, de gérer et de contrôler. Avec le matérialisme comme idéologie par définition non dé passable, le principe féminin s’imposera et dominera, comme élément déterminant de l’organisation sociale, comme chez les abeilles !

 

 

Annexe 1 : Une société bien organisée…

 

Les faux bourdons appelés abeillauds sont des abeilles mâles. Plusieurs centaines de mâles sont présents dans le nid d’avril à septembre, condamnés à rester inactifs. Ils passent pour paresseux car ils sont incapables de se nourrir eux-mêmes. Ils sont gavés par les ouvrières. De plus ils ne protègent même pas la colonie puisqu’ils ne savent pas piquer, leur seul rôle est de féconder la reine. Une dizaine seulement y parviendront et en mourront comme c’est souvent le cas chez les insectes, bien organisés... Tous les faux bourdons qui n’ont pu s’accoupler sont expulsés du nid et mourront de faim ou de froid…

 

Annexe 2 : Nés de spermatozoïdes inconnus!

 

Un millier de femmes françaises ont conçu  en se passant d’homme par insémination artificielle avec donneur anonyme (IAD). Pour cela elles sont allées en Belgique, en  Espagne, parce qu’en France "l’assistance médicale à la procréation est destinée à répondre à la demande parentale d’un couple", selon la loi.

Ces femmes ont payé entre 300 et 600€ à chaque insémination – et parfois un supplément de 1 000€ pour une stimulation à base d’hormones. Il faut savoir qu’en l’espace de trois ans, elles sont trois fois plus nombreuses à faire ce choix.

Leurs profiles : Elles ont 35 ans en moyenne, elles ont fait des études supérieures, font carrière et jouissent d’un bon niveau de revenu. Ceux sont généralement des femmes qui se revendiquent comme libres et s’offrent un enfant comme elles l’ont fait pour d'autres éléments matériels. L’enfant est perçu comme une plus value à leur féminité. Ainsi est né un droit à l'enfant qui rentre en contradiction avec le droit de l'enfant. Beaucoup d’enfants nés d’une insémination artificielle, essaient de retrouver leur père anonyme. En ce qui concerne la France, ceux qui sont nés ainsi ont aujourd’hui 40 ans. Des associations existent pour tenter de lever l’anonymat des donneurs.

"Je savais que j’étais le résultat d’une programmation savamment orchestrée, d’une expérience scientifique qui s’est peu souciée des conséquences sur nous, les enfants. Nous avons été des co­bayes… " citation de Arthur Kermalvezen de son ouvrage «  nés de spermatozoïdes inconnus »

 

Eric de Trévarez

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Posted: 17:36, 6/9/2008 sur symbolisme
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Hystérocratie, symbolisme et construction sociale

Repères entre les hommes et les femmes.

A qui profite la confusion des sexes?

Libération de la femme et consommation?

Autorité et phallus.

La loi et le père.

 

La Domination féminine: l'hystérocratie

 

Fichier:William Blake 003.jpg
Le Dragon rouge et la femme enveloppée de soleil (Ap. 12) William Blake

 

La Chose, le symbolisme et la destruction du sens

Le concept de réalité commence avec la prise de conscience de la différence des sexes...

 

Le Féminin comme état transitoire vers le neutre : l’hystérocratie 
 
Nous avons abandonné un rapport orphique, pour un rapport prométhéen "féministe" qui ne manque pas de nous interroger dans le contexte consumériste globalisé et généralisé dans lequel nous baignons... Certains qui comparent le vivant à une équation paramétrique, oublient qu’il est impossible de manier de pareilles équations lorsque les paramètres sont trop nombreux et qu’il en est de même des variables. Sommes-nous sûrs que les mathématiques suffisent pour aborder le vivant ? Le monde du vivant est le domaine du fractal plus connu sous le nom de chao. Comme le climat, il est imprévisible dans le temps. Le bon sens qui pourrait nous sauver, est mis, trop souvent en déroute, même où il est nécessaire et vital. Le discussionisme, comme un bavardage incessant, se généralise et se déploie à l’infini à la façon des équations chaotiques, tandis que les rapports individuels, de plus en plus terre à terre, manquent cruellement de loyauté et d’éthique. La société manque totalement d’altérité, et la liberté de la volonté a eu raison de son autonomie. Le contrat social est une coquille vide, il lui manque une parole solide. Les normes européennes ont remplacé les normes culturelles nationales qui avaient au moins le mérite de s’être construites dans une dialectique symbolique, avec du sens et du signifiant. Globalement on a jeté le bébé avec l’eau du bain. Tout doit être cartésien, du moins dans l’apparence, et répondre aux lois des économies d’échelle, à celles des marchés et en particulier aux lois redoutables de la finance. L’idéal nous fait défaut, et tout se doit d’être politiquement correct, même si la politique n’est pas correcte, comme nous le découvrons parfois avec effarement. On ne nous dit pas tout ! 
 
Avons-nous complètement changé de société ? Si oui, quelles sont les caractéristiques de la société dans laquelle nous baignons ? Certaines formes de pensées traditionnelles répugnent, et quelques penseurs plus théoriciens et politiques que philosophes ou psychanalystes, ont entrepris de déboulonner Freud, pour mieux verrouiller le tout, et empêcher des analyses qui auraient au moins le mérite d’ouvrir des voies de recherche. 
Je vais braver les répugnances… 
 
Nous sommes passés au post humanisme ou au trans humanisme, avec le quasi monopole qui est accordé à la technique et aux machines. L’homme, lui-même, est traité comme une machine et se doit d’être amélioré et perfectionné. Le corps est devenu l’unique centre d’intérêt. Et l’on peut ironiser en disant que tout se résume trop souvent à de la « cosmétique ». Nous ne sommes plus dans le bonheur de l’Etre mais dans le « bonheurisme » de l’avoir. Le genre est obsolète, c’est vrai que la sexualité et le genre sont liés à la mort, que tout le monde essaie d’oublier. Eros se balade tout seul, en ayant étouffé Thanatos, du moins le croit-il ! Le sexe est devenu un point d’acuponcture. Les maîtres mots sont « être bien dans sa peau » et la philosophie se résume à « profiter », mot terrible étymologiquement puisqu’il est aussi la source de toutes les injustices. Profiter, est dans toutes les bouches, et il dégouline des comportements de masses où tout le monde profite, sauf quand l’envie devient plus forte que le pouvoir d’achat et qu’il grippe la machine. Les affamés de toutes les famines présentes, passées et à venir, se régaleraient dans nos poubelles. Le but est « l’épanouissement », dont la meilleure représentation symbolique est celui de la fleur et singulièrement de la maturité, étape généralement finale. Nous avons quitté une société régie par des valeurs rigides et exigeantes, basées principalement sur la vertu, pour une société dont les valeurs plus commerciales sont molles et floues, et servent toujours le marché ou vont du moins toujours dans son sens. Nous avons glissé doucement vers une société transitoire, dont la tendance est au neutre de la chose. A ce stade un bref brossage ironique de la phallocratie est nécessaire. 
 
La phallocratie, dans sa logique unique et non contradictoire, a proposé plus qu’imposé aux femmes d’être dominées sur le modèle sexuel, dans une comédie qui n’a jamais trompé que les plus sots et qui avait au moins le mérite d’exister. La parade amoureuse du Dindon est à classer de la sorte, bien qu’elle cache des lois, toutes nécessaires à cette espèce. Comme le théâtre classique et la parade du dindon, la phallocratie avait ses règles d’action, d’unité et de temps.
 
Cette domination apparente du genre masculin, calquée d’ailleurs sur l’éthologie, fut adoucie dans l’espèce humaine par la galanterie, qui donna à la femme une supériorité de fait, garantie par la symbolique de la galanterie. Cette supériorité féminine de fait, bien réelle, se vérifie dans l’histoire et dans les vieux couples où la femme finit toujours par dominer à l’heure du bilan.
 
L’Hystérocratie, car c’est bien là mon hypothèse (…), comme organisation sociale transitoire vers le neutre de l’objet, porte en elle une contradiction, dans la mesure où les hommes, sexuellement dominants en tant que pénétrants, sont en réalité dominés et discrédités, sans ménagement, ni échappatoire possible. Ils sont à leur tour pénétrés de la marchandise jusqu’à devenir, en caricaturant un peu, impuissants. Aucun passage à l’état d’adulte n’est possible, encore moins à l’état de père. C’est le règne de l’Avoir dans une tragédie, sans règle du jeu, dont l’avenir se dessine à l’infini comme un point de fuite au raz de l’horizon. En effet l’homme, en l’absence de repères symboliques, ne peut plus s’affirmer sur le modèle sexuel et reste l’enfant de sa mère, puis de sa femme ; il en résulte une infantilisation de la société, avec un consommateur infantilisé toujours en quête de nouveautés. Cette situation est optimale pour la consommation, qui se structure effectivement sur la gestion et la rentabilité, c’est à dire dans la fonction "nourricière". La femme, depuis la nuit des temps, comme beaucoup de femelles des autres espèces, nourrit avec le lait et gère l’enfant et le foyer. Elle a une aptitude naturelle à produire, à nourrir et à gérer. Derrière le mot « épanouissement »se cache la satisfaction des besoins, la satiété et l’absence de frustration, apparente ou savamment entretenue. Le masculin devient alors synonyme d’antisocial, de violent, de négatif, de brouillon, de rêveur et parfois même de couillon (le couillon de service, thème qui revient maintenant souvent dans la publicité). La critique de la violence se limite à la violence physique et on ignore la violence verbale qui est tout aussi redoutable et plus typée dans le genre. Les résultats scolaires des garçons, de plus en plus mauvais par rapport aux filles, sont en train de confirmer le diagnostic ! Une mécanique d’engrenages aux dents d’acier est en train de broyer le masculin et cela commence dès le plus jeune âge à l’école... Aucun questionnement digne de ce nom ne se met en place. Aucune critique n’est possible. Il semble qu’il n’y ait aucune alternative.
 
Alors on peut penser pour se consoler qu’il n’y a plus de problème. Les options féminines ont toujours fini par avoir le dessus : maintenant c’est officiel !
L’absence supposée de problème n’est pas si simple.
 
Pour passer au neutre et à la victoire définitive de la chose, il faut dans un premier temps, rejeter le genre. L’absence de genre débouche effectivement sur le neutre de l’objet et du Robot. Ce dernier qui est appelé à avoir une place centrale, ne se reproduit pas de façon sexuée et peut donc ignorer le genre…Cependant première objection, en ce qui concerne l’espèce humaine, le mâle et la femelle, même si égaux en tant que personne, ne se mesurent pas à l’aune de la similitude, mais à celle de la complémentarité. C’est une subtilité profonde du genre. Il s’est produit un glissement de l’égalité, idéal de justice, vers une pseudo similitude à la façon du neutre qui sera difficilement symbolisable, en dehors des caractéristiques du neutre, porteuses de significations dangereuses parce qu’elles abandonnent l’Etre pour l’Avoir et se résume finalement à posséder. Comment posséder la chose ? Cette question ramènerait à l’Etre mais ce n’est pas la préoccupation du marché, puisque la réponse est simple : elle se résume à l’argent ! De cette absence de fondement, résulte une "culture" de gestion, de finance et de consommation uniquement, basée effectivement sur l’Avoir et qui manque complètement d’idéal et d’altérité, c’est-à-dire d’Etre. Ce manque d’idéal et d’Etre, est plus préjudiciable à la gent masculine, à qui ils sont singulièrement plus nécessaires. Alors on pourrait penser que l’on puisse avoir, en retour, des philosophes, des poètes, des écrivains et des musiciens. Ce n’est pas le cas, car le "fil de l’Etre" est cassé. L’altérité se situe dans le développement de l’Etre, au stade de la sublimation qui marque le passage à l’altérité. La question est de savoir pourquoi, nous nous enfonçons dans l’Avoir, comme un aller sans retour dans la Matrice (cocoon) dans un contexte d’infantilisation généralisée.
 
On pourrait penser qu’il n’y a plus besoin d’idéal... Produire et gérer suffisent ! Les gens veulent consommer, un point c’est tout !
Une vision se limitant à la Chose, ne peut plus solutionner les problèmes que la suprématie de la Chose provoque dans l’Etre. Un déficit de l’Etre ne se compense pas véritablement par l’Avoir…à moins effectivement d’élever en totem le marché au centre de la société, comme médicament avec addiction, pour tous les handicapés de l’Etre.
 
La contingence du vivant, qui prend d’ailleurs dans l’immense majorité des cas, la forme du Mâle et de la Femelle, ne relève pas de la logique cartésienne des choses. C’est probablement là que les mouvements rationalistes les plus durs font erreur. Que vaut une raison nue, au sens et au signifiant lisse, trop ancrée dans l’actuel et la contingence, face au besoin de sens et de signifiants comme la richesse de l’histoire de l’humanité nous en a donné à travers ses mythes et ses récits fondateurs ? Pour beaucoup, peu importe, il faut jeter le bébé avec l’eau du bain et la bassine. Peut-on encore parler de rationalisme, lorsque l’on fait table rase et que l’on coupe les racines du sens ? Un égalitarisme trop rationnel et cartésien, appliqué au genre aboutit sur un androgyne, comme machine ou chose qui pourrait se repiquer ou se répliquer. Comment se fait-il que la nature ait choisi cette forme de voie pour les escargots et les limaces, et pas pour les êtres humains ? Peut-on bousculer ces ancrages pour des libertés consuméristes, dans une suprématie absolue de l’égo et du corps, totalement investis par le marché ? Le fond du problème est là. Le social qui reste un souci apparent de notre société sera tôt ou tard mis à mal !
 
Peut-on s’éloigner indéfiniment des lois choisies par la nature qui sont naturellement porteuses de sens et de symbole, au nom d’une raison plus cartésienne que la nature elle-même. Raisonner dans l’abstrait et l’universalisme suppose un bon niveau intellectuel. Quid de ceux qui ne l’ont pas, c’est-à-dire la grande majorité ?
 
C’est pourtant la voie choisie par la société post moderne. Mais ce qui est grave, c’est que ces choix nous sont imposés par le marché, comme lieu privilégié de la rationalité humaine. La société de consommation a débarrassé la table jetant nappe, couverts et gastronomie pour son menu fast food du Marché qui gère la marchandise et le consommateur. Les modes de vie, produits eux-mêmes par la consommation, sont ainsi imposés par l’économie, les marchés et la rentabilité ; son modèle de consommateur optimal est effectivement un androgyne chosifié. Les équilibres entre l’Animus" et "l’Anima" sont rompus par nécessité marchande, et les re-pères symboliques « mâle femelle », " Homme Femme" " Père Mère", qui s’étaient construits difficilement durant la longue histoire de l’humanité, ont disparu. Les hommes et les femmes sont amputés de leurs appendices spécifiques, devenus un handicap à la consommation. On nous prépare une prothèse valable pour tous, en vente dans tous les hyper- marchés. Ce qui par le sens pourrait éloigner de la consommation est amputé. Le marché ne tolère que ce qui lui sert. Le déterminisme social engendré par le marché, semble échapper à certains, qui veulent ignorer que le marché sonde sans arrêt nos désirs pour mieux les canaliser et les exploiter. Sur le moyen terme, le marché nous entraine toujours là où il veut aller, c’est-à-dire son profit maximum !
 
On oublie que l’hominisation est né du symbole et que le langage est né de la capacité spécifiquement humaine à symboliser et à donner du sens et de l’Etre à la vie. C’est le symbole qui crée le signe, la signification, le sens et l’Etre. La dualité du Mâle et de la Femelle, est à la base comme socle de l’édifice symbolique du sens. Ceci n’est pas très cartésien, ni rationnel, c’est pourtant bien réel. Aucune civilisation n’a pu s’en dispenser.
 
Le passage du Mâle et de la Femelle, au Père et à la Mère, repose sur une dialectique symbolique délicate. C’est de cette valeur symbolique et de son équilibre fragile dans le rapport des sexes que nait le sens Social. Quelle peut- être la portée du passage à la « chose » et au neutre, dans l’abstrait d’un idéologisme marchand et sans symbolisation possible autre que celles offertes et triées par le marché…On constate effectivement que le sens social de l’Etre s’érode pour un sens économique totalitaire des choses. C’est une défaite et une déroute pour les rationalistes et les cartésiens dont le pouvoir réel et vrai règne surtout sur les équations et les calculs de l’économie et de la production. On est loin de la mystification qu’ils représentent généralement !
 
Il n’y a pas de civilisation sans Père, c’est du moins ce que nous a révélé l’histoire. Il n’y a pas de Père sans homme ni femme. Cette constatation, peu originale, a le mérite d’être stable et d’avoir été un choix universel ou un sens universellement admis. Le nier revient à renverser toute la symbolique sociale, pour s’aventurer dans des chemins nouveaux dont la destination est inconnue des promoteurs eux-mêmes. 
 
L’appareil productif, Chose par excellence, est devenu la Mère nourricière et la Femme pourvoyeuse de tous les désirs. Il y a donc la perspective d’une nouvelle fusion avec le monde des choses comme la fusion originelle avec la mère. Le marché est créateur de tous les fantasmes à condition que ces fantasmes soient marchands. Le marché se pare et se maquille comme une péripatéticienne dans son offre. Il adore par-dessus tout le discussionisme qui lui assure la promotion en lui épargnant toute réflexion approfondie. Il n’y a plus rien pour contrebalancer la domination absolue du marché. Cette nouvelle domination va-telle remplacer le Père ? Quel progrès et quelle avancée ! Quelle perte aussi au niveau du sens ! La publicité et sa symbolique de pacotille vont-telles devenir le langage sociale et le support des représentations symboliques, imposant les comportements de masse utiles au marché et l’abandon des conduites individuelles ? 
Cette construction est probablement illusoire et instable. L’éco système dont on sait ce qu’il advient lorsque le subtil équilibre est rompu, n’est pas seulement physique et matériel... Au niveau de l’écologie le bateau prend l’eau déjà de toute part.
 
On peut craindre le pire à court terme. Ce qui se passe, actuellement, en Occident, a été redouté de tous les temps. Peut-on ignorer tous les récits et tous les mythes fondateurs de l’humanité ? Agir de la sorte ne révèle-t-il pas une prétention inquiétante de la pensée économique dominante, érigée en pouvoir absolu, et pernicieusement normative de tous les comportements, et qui impose le cartésianisme et le rationalisme de la chose, même au vivant qui lui échappe ! Certains pourfendeurs impitoyables de Dieu, après l’avoir tué, se comportent maintenant comme des Dieux, mais contrairement à son silence légendaire, on entend qu’eux, portes parole inconscients du marché qui commence à révéler toutes ses bassesses. La globalisation économique, financière et culturelle commence à montrer ses dents sales. Nous sommes enfermés dans un économisme qui balance entre le mercantilisme et l’utopie. Les envolées utopiques ont souvent, comme péché originel, une logique cartésienne qui les fait voler trop haut. C’est ainsi que la science alimente un imaginaire de science fiction. Bien des choix modernes flirtent avec ces utopies. Elles sont secrétées par le marché et sont entièrement à son service. Leurs pouvoirs destructeur est complètement sous estimé !
 
La publicité imposera-t-elle un symbolisme marchand de pacotille, dans la sécularisation et la spectacularisation générale d’une société, ravalée aux pulsions compulsives de l’envie et de l’émotion de l’instant ?
 Il faudrait, maintenant, conceptualiser notre société, dans des analyses plus fines. Le concept transitoire et significatif d’Hystérocratie, même s’il n’est pas complètement exact, pas plus que ne l’était d’ailleurs celui de Phallocratie, est une hypothèse intéressante, dont on peut, au moins dire sans se tromper, qu’elle va embarrasser plus d’un, en dehors de ceux qui hurleront avec les loups. Les éléments de l’analyse se trouvent, effectivement, chez Freud et Lacan ! Les libertés dont nous « profitons » ne sont pas imputables à la pensée cartésienne et rationaliste, ce qui leurs donnerait une légitimité valorisante dont certains se gaussent. Les libertés dont nous profitons sont étroitement liées à une certaine prospérité économique, mais aussi aux lois cartésiennes du marché, par ailleurs impitoyables, et dont tout le monde s’accorde à reconnaître les dysfonctionnements et le caractère délétère. Le paradis peut très vite se transformer en enfer. Voilà qui commence à effrayer les plus avertis tandis que d’autres tentent, subitement et précipitamment dans la hâte, de déboulonner Freud et de jeter, à leur tour, le bébé avec l’eau du bain... Pourquoi selon vous ? Qu’est ce qui lave plus blanc que l’homo sapiens ? L’homo économicus… Attention que tous ces lavages ne fassent disparaître les couleurs ! 
 
Eric de Trévarez   

 

 

 

 


Posted: 02:49, 4/4/2008 sur symbolisme
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