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16/12/2009
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Premières leçons de la crise pour le dispositif Bâle II
Bâle II est devenu obligatoire pour les établissements de crédit dans l’Union européenne depuis janvier 2008. Les États-Unis doivent en principe le mettre en vigueur pour leurs grandes banques internationales à compter de janvier 2009. Il ne faudrait donc pas chambouler un dispositif réglementaire à peine entré en application, et qui a demandé depuis quatre ou cinq ans beaucoup d’efforts (et de coûts) pour adapter les systèmes d’information et de contrôle, recruter le personnel adéquat, construire des modèles internes, réaliser des simulations et des « stress tests », etc. Le passage de Bâle I à Bâle II a constitué un progrès sur de nombreux terrains. Le risque de crédit est mieux évalué et mieux traité, et pour revenir à un sujet au coeur de la crise des subprimes, les risques liés aux procédures de titrisation sont mieux prix en compte que dans Bâle I. Par exemple, Bâle II définit avec précision les critères qui, dans une opération de titrisation, permettent de juger du caractère effectif du transfert du risque de crédit d’une banque vers un autre opérateur. Même s’il ne faut pas rajouter une instabilité réglementaire à l’instabilité financière actuelle, plusieurs pistes d’amélioration sont déjà explorées. Celles relatives à la liquidité ont été traitées plus haut. Nous en évoquons quatre autres : • le traitement prudentiel des « lignes de liquidité » (« contingency lines ») par lesquelles les banques s’engagent à racheter des crédits qu’elles auraient titrisés n’est pas adapté. Avant la réforme Bâle II ces engagements étaient pondérés à 0 %. Aujourd’hui, ils sont pondérés à 20 %. Peut être que l’expérience de la disparition rapide de la liquidité sur certains marchés ces derniers mois devrait conduire à une pondération supérieure encore ; • il faudra, sans se précipiter, tirer les implications de la crise des subprimes pour revoir si nécessaire le paramétrage des modèles standards de Bâle II (pour les risques de crédit pour lesquels les notations externes des agences de notation et des organismes d’assurance-crédit jouent un rôle essentiel, mais aussi pour les risques opérationnels), ainsi que le calibrage des modèles internes (tant pour les modèles de base que pour les modèles internes avancés). Pour l’éventuel aggiornamento des modèles, le dialogue est déjà amorcé entre les superviseurs bancaires (en France, la Commission Bancaire) et les banques ; • avant la crise des subprimes, le contenu des piliers 2 et 3 de Bâle II paraissait un peu général et imprécis. Avec la crise, l’ambition du pilier 2 (améliorer la supervision bancaire) et l’exigence du pilier 3 (renforcer, de la part des banques, la « discipline de marché » et la transparence de l’in-
130 CONSEIL D’ANALYSE ÉCONOMIQUE formation) sont renforcées. Le pilier 2 permet en particulier aux régulateurs et superviseurs nationaux d’exiger de la part d’une banque, au vu de son profil de risque, d’être systématiquement au dessus des minima réglementaires de 4 % (tier 1) et de 8 % (ratio de solvabilité global). Un meilleur calibrage et paramétrage des modèles internes ne videra pas de son contenu cette marge discrétionnaire conférée aux superviseurs, bien au contraire. Quant au pilier 3, on peut prétendre que la crise actuelle lui donne tout son sens, accroissant les exigences de transparence de l’information pour les banques (mais pas seulement pour elles) ; • l’intégration des systèmes bancaires et financiers ainsi que le jeu croissant des effets de contagion poussent à améliorer la supervision et le contrôle bancaires sur base consolidée. Des progrès ont été faits dans ce sens en Europe depuis deux ou trois ans ; ils doivent être prolongés. Ces différents thèmes n’ont pas qu’une dimension technique. Ils visent, avec d’autres axes, à renforcer la résilience des systèmes financiers. La France a raison de mettre au menu de sa présidence européenne à compter du 1er juillet 2008 un « toilettage » de la directive sur l’adéquation des fonds propres (CRD), pour ce qui concerne la pondération des « lignes de liquidité » et la supervision des groupes bancaires européens sur base consolidée.
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