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Hé!Hé!Hé! Vous vous rappelez de la lettre que j'avais adressée à Franco Nuovo? Cette fameuse lettre restée jusqu'ici, sans réponse. Non. J'ai bien dit "jusqu'ici" pis c'est pas pour rien. Si je vous reparle ce cette vieille lettre-là c'est pas pour vous raconter que Franco m'a enfin répondu pis qu'il m'a même offert une petite chronique dans le Journal de Montréal parce qu'il avait trouvé que je ferais très bien la job. Voyons donc, j'irais jamais jusqu'à faire ça!
Non non non. Si je vous reparle de ça, c'est qu'aujourd'hui, j'étais ben relax à ma job pis là, Bing! Bang! J'ouvre le VOIR juste pour je-le-sais-même-pas pis je tombe sur l'espèce d'éditorial. Tsé, je sais pus c'est qui qui fait ça à Montréal mais ici, à Chicout', c'est un gars qui s'appelle J-F Caron. Tout c'que j'sais de lui, c'est que sur sa photo, y a l'air presque moins fiable que moi sur ma photo des "Patates...", c'est dire...
Ah! ouais! Ça vient de me revenir, il m'a aussi appelé un matin pour une entrevue avec les Bédènes pis y arrêtait pas de me répondre "... ok... ... ..." pis un moment donné, il répétait le dernier boutte de phrase -généralement, les moments les plus insignifiants de mon monologue du matin- que je venais de dire pis je le savais pas encore mais ce sont ces bouts là qui se sont ramassés dans le journal faque le jeudi matin, dans tous les commerces ou établissements dans lesquels on pouvait trouver le VOIR, on pouvait aussi y lire cette fabuleuse citation de mon cru : "Le band que je rêvais d'avoir" sous la photo du groupe. Wow! Un rêveur câlisse! J'ai passé pour un rêveur! Non mais tsé, le cauchemar esti!
Bon ok! Comme vous êtes tous morts de rire pis que dans ma vie, l'humilité ça fait longtemps qu'elle est chambranlante, ne lésinons donc pas sur les détails. Voilà, en version plus élaborée, ma déjà très célèbre citation: "C'est le band que je rêvais d'avoir quand j'étais ado. Des joyeux lurons..." et je tiens à préciser, que les 3 petits points sont une courtoisie du VOIR et non pas, comme vous auriez pu être tentés de le croire, de ma part.
Soyons clairs! Ici, c'est pas du tout monsieur Caron -même que je le remercie grandement pour la couverture et aussi, pour cet article que j'ai un grand plaisir à rédiger- qui est à remettre en question mais bien mes propos et mon attitude. Je me suis endetté de 25000$ dans la vie pour n'en retirer qu'une crisse de leçon pis c'est "You can't change a shit". En plus, c'est en anglais tabarnac. Si je dis ça, c'est que je me rappelle qu'en raccrochant, je me suis vraiment trouvé platte dans mes propos pis je pense même que ma blonde me l'a dit et ce, sans aucune méchanceté. Mais relativisons: c'est ta première entrevue à un média pis y a peut-être des chances que ça fait un esti de boutte que t'attends que ça arrive. Disons que ça peut arriver aussi que ça te stresse.
En résumé, j'ai beaucoup appris de cette histoire. 1- Les interviews, tu n'en donneras aucune le matin. 2- Les interviews, tu ne les donneras qu'en personne. 3 - Les interviews, tu t'ammencheras dans la limite du possible à les donner ben stone. 4- Les interviews, si ton interlocuteur en répète une bribe, elle se retrouvera instantanément dans l'article si tu ne fais rien.
Mais revenons à nos amourettes, donc à cette espèce d'éditorial culturel de monsieur Caron. La semaine passée, je lisais ça en fumant un batte pis je me disais que c'était pas fort comme texte. Ma blonde l'a lu pis elle a opiné - je sais pas pourquoi mais cette expression-là me fait penser à Johnny- du chef. Je l'ai relu dans une période de ma vie plus sobre pis même résultat. Soit que je suis crissement toasté, soit que mon sens critique est, dans une certaine limite, à l'épreuve des substances cannabinoïdes.
Tout ça reste à voir mais pour l'instant, je vous offre le sympathique petit texte que j'ai envoyé par l'entremise des commentaires des lecteurs au journal le VOIR ainsi qu'à monsieur Caron à son adresse de courriel. C'est une espèce de lettre ouverte. Je sais pas trop. En fait, je m'en crisse:
JEUX DE MOTS INTERDITS
"Voilà. Alors, de vous retrouver devant une oeuvre merveilleuse vous laisse sans mots monsieur Caron. Eh! bien! que de surprises! Enfin, peut-être est-ce ainsi plus bénéfique pour votre lectorat. Et encore, heureusement que vous ayez laissé tomber ce lexique de guerre qui commençait à peser sérieusement. Donc on vous laisse un éditorial et sans plus tarder, vous lâchez votre fou. La semaine passée, vous faisiez notamment mention de ces jeunes artistes - d'ailleurs, si l'on se fiait uniquement à votre journal, on serait tenté de croire qu'ici au Saguenay, la seule relève vient de Montréal- que personne ne connaît et qui n'ont que leur amour de l'art et ce qui s'en dégage comme argument de vente. Et là, cette semaine, après un discutable topos de modestie où vous nous faîtes part de votre côté littérateur - était-ce réellement nécessaire, juste à lire le titre de votre article, un doute s'était déjà installé- délire total, vous appelez à je-ne-sais-trop-quoi finalement. J'ai bien dû lire 40 fois vos deux derniers "éditoriaux" et ma foi, je n'arrive pas du tout à en cerner le message ou même, une quelconque ligne directrice. Dans de tels cas, on a soit affaire à une véritable oeuvre d'art ou soit à un simple dégoulinement de propos semblant cohérents mais tout à fait obsolètes. Et comme vous faites partie de cette élite des "littérateurs", nul besoin de mentionner dans quelle catégorie j'ai bien pu placer votre prose. J'ai eu droit à un semblant de ce "feeling" que doivent avoir les enseignants du CÉGEP lorsqu'ils se retrouvent devant la rédaction d'un étudiant, pourtant bien articulé, mais qui n'a absolument rien saisi de son sujet principal. Dommage. Et c'est sans compter qu'ils sont nombreux, ceux qui aimeraient bien se retrouver avec votre boulot. Tout ce que je vous souhaite, c'est de lire un truc comme Hunter S. Thompson mais surtout, de conserver votre boulot. Car si un jour, je me retrouve avec votre CV entre les mains, je serai sans pitié. Poubelle."
Disons que ce texte-là aussi, j'ai eu ben du fun à l'écrire. Je vous mentirai pas, je l'ai fait sur la job. Dans ces beaux moments de quiétude, je me dis tout le temps que c'est ben une des rares fois que je vais être payé à écrire quelque chose. Mais dans ce fabuleux exercice de style qu'est le "blastage" de rédacteur du VOIR-Saguenay, je ne vaux pas grand chose si l'on me met face à mon beau-frère Janick. Ici, je me permets de reproduire un merveilleux texte de son cru qui, anyway, était déjà disponible dans les archives du VOIR. J'espère ne pas créer de chicanes de famille avec ça. Je pense pas.
Il faut savoir qu'à l'époque, c'était une dénommée Éléonore Côté qui était rédactrice du fameux hebdomadaire VOIR et non, monsieur Caron. Maintenant, je vous laisse savourer ce petit bijou de fiel qui, je ne le cache point, m'a grandement servi de modèle dans ma correspondance avec Caron.
ÇA Y EST! LE CONVOYEUR EST EN TEMPS RÉEL! "Mlle Côté, Qu'à priori votre article commence par un sophisme, voilà qui ne me surprend pas outre mesure, on parle quand même du Voir. En temps normal, je ne m'y serais pas attardé outre mesure. Mais voilà, vous parlez politique, et je me sens concerné. Votre vision naïve de la chose politique est touchante, mais qui malheureusement n'a jamais eu d'assise concrète. Lorsque vous parlez « d'idée de demain », d'espoir et je ne sais trop quelle autre chose fleurant bon la pâquerette, j'y vois des propos de dame patronnesse, vous qui êtes pourtant si jeune. C'est surtout symptômatique de la gauche d'aujourd'hui et celle d'il n'y a pas si longtemps, dont le seul héritage est la rectitude politique et une propension agaçante à crier au loup mais de ne rien foutre; une gauche dont on a soif d'actions mais qui "rêve" d'un monde meilleur. Construis-le, chose, et tu remarqueras qu'il restera pas beaucoup pour ta famille. C'est comme ça. Mais je m'égare, puisque ce qu'il y a de vraiment outrageux dans votre papier, c'est cette nouvelle que vous relayez (ou est-ce un signal de Montréal?) concernant le blog de M. Martineau. Un être inoffensif, je le sais bien, mais dont la propension à s'approprier la pensée d'auteurs douteux et à piller tout ce qui se trouve de journaliste "in" m'horripile. Est-ce moi, ou son étrange admiration pour Chris Hitchens tient à autre chose que la simple émulation journalistique. Putain, y'a même un lien pour le Drudge Report! Le pire, c'est que cet histrion funeste trouve son chemin jusque dans les travaux de mes étudiants, où ses savantes critiques du Télé Hebdo pullulent dans les écrits de dernière minute. Je suis toujours stupéfait quand il se réclame de Fassbinder; à le lire, je ne suis pas sur qu'il en ait compris quelque chose..."
Quand même! On s'entend-tu que ça fesse en esti ça. Moi, je voudrais pas me faire blaster de même. Dans le sens que si tu réussis à répondre de quoi à ça, cours vite te trouver une job comme répliqueur professionnel. Bon. C'est ben le fun, mais comme je pars en week-end amoureux demain, je dois entretenir mes points d' EXP. pour ce qui est des sections CONNERIES et BIÈRE. Je vais donc aller voir des amis.
En tous cas, si un jour, je suis pogné pour être pogné(sic) sur une île déserte et qu'on me laisse le choix d'emmener juste deux trucs mais personne, j'emporterai avec moi une bière pis le soir que j'vas vraiment m'ennuyer de mes chums, j'en boirai une en lisant un des articles de Caron.
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