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Bon bon
bon… Donc, notre Garou national, sir Robert Charlebois, vient de faire une
sortie à propos de la relève. Pis? C’est que Joël, il ne pourrait pas vous le
cacher, il s’en fout un peu de Charlebois. En fait, je m’en fous dans le sens où
je n’ai jamais aimé ce qu’il faisait mais pas parce que je déteste ça, juste
parce que je vois pas pourquoi on s’attarderait plus que deux minutes sur ses
chansons. J’avoue que « Lindberg » et « Québec » sont pas
pires mais « Je t'aime comme un fou », disons que c’est pas un
gros char. Pas encore prêt pour la scrap mais quand même…
Oui, je
sais, Charlebois est supposément une icône nationale de la musique et un des
grands révolutionnaires de la culture québécoise mais pour l’amour du ciel,
gardez donc ce discours pour les baby-boomers et l’âge d’or. Par respect pour
eux, et comme leurs plus belles années sont derrière, laissons-leur le plaisir
d’y croire.
Pour ce qui
nous (les non-baby-boomers) concerne, voyons la vérité en pleine face. Depuis
que je suis tout petit, combien de fois ai-je entendu des parents ou des
vedettes à la télé nous parler de Charlebois comme le pionnier du rock au
Québec pis toute le kit? Je me rappelle que tout au long de ma jeunesse – mes
26 ans me rendant désormais inadmissible à la catégorie jeunesse – à chaque
fois qu’une chanson ou un vieux vidéoclip de Robert passait à la télé, j’étais
fasciné mais je ne savais pas par quoi.
Et puis un
certain matin, j’ai compris l’essentiel : ce gars-là ne vient tellement
pas me chercher que c’en est fascinant. Ici, je sais que je vais me faire des
ennemis mais je dirais que Charlebois est notre Johnny Hallyday national:
un rockeur de pacotille. Je veux pas être plate, mais c’est pas juste en
mettant une guitare avec une petite distortion poche que ta chanson va devenir
rock. En fait, même une chanson dans laquelle on ne trouverait qu’un simple
piano pour instrument peut contenir l’essence du rock.
Le magazine
français Rock n’ Folk recueille depuis 2000, l’avis des lecteurs à propos de la
question suivante : « Être rock en 2006 (selon l’année), c’est
quoi? » Ce qui en ressort, c’est qu’on a tous une conception différente du
rock mais mes analyses m’ont amené à déduire que le facteur revenant le plus
couramment gravite autour de cet art mieux connu sous le nom d’irrévérence.
Déjà, j’en
vois se dépêcher à me remettre sur la table ces fameuses archives télés où l’on
peut prendre compte des scandaleuses affirmations de Robert mais ici, je vous
le rappelle, ce ne sont que de banales archives de télé. Elle est où
l’irrévérence dans ses chansons?
Je me relis
et je constate que je m’égare. Si aujourd’hui, je consacre un petit bout de ma
vie à Charlebois, c’est que dimanche, quand je l’ai vu dans son gilet lette des
Canadiens (parce que j’haïs le hockey comme ça ne se peut pas) interpréter sa
chanson, je l’ai trouvé pathétique. Tout d’abord, j’y croyais pas à son
attitude. Pour moi, c’était rien que du « fake ». Il donnait juste un
show. En fait, ce que j’ai vu dimanche soir, c’est un frimeur à touffe frisée
avec un gros nez qui chante comme un Elvis tout droit sorti d’un Dollarama pis
qui roule ses « r » en plus. Une scène digne des karaokés de l’Est de
Montréal.
Mais à ce
moment-là, j’ai rien dit. Même pas une petite allusion à ma blonde. J’ai tout
gardé ça pour moi. Même quand notre « Johnny Farago édition gros
pif » a pitché – correction -
laissé tomber une cymbale par terre, j’ai rien dit. Disons qu’on était
ben loin du MTV Awards de 1991 quand Krist Novoselic de Nirvana avait pitché
–littéralement dans son cas- sa basse dans les airs pour enfin la recevoir en
pleine face.
Mais là,
comme tout le monde, j’ai appris hier que monsieur n’était pas trop
impressionné par ce qui se faisait actuellement chez la relève. Y a le droit.
En fait, ça nous fait ça en commun, moi-aussi je trouve la plupart des textes
de la relève poches et insipides. Non mais tsé, avez-vous déjà entendu un texte
des Pistolets Roses par exemple? À mourir de honte.
Mais quand
notre altesse des B-B nous dit : « J'aimerais écouter
quelque chose en me disant: Merde! il me semble que je ne suis jamais passé par
là. », je sais pas pourquoi,
mais ça va comme me chercher à quelque part. Parce que quand j’entends
Charlebois, je me dis souvent : « Merde, je comprends pas qu’on ait
eu à passer par là. »
Parce qu’au bout du
compte, quel artiste de la relève se réclame de Charlebois comme influence
majeure ? C’est ça qui est important. Peut-être que Plume Latraverse a pas
vendu une tonne d’albums mais juste pour le fun, combien de fois son nom
ressort ? Même chose pour Fred Fortin.
En tous cas, notre
Elvis frisé peut se contenter d’au-moins
une chose : lui, il pense qu’il est bon.
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