"Déformer les propos de quelqu'un n'a jamais réussit à donner de la
crédibilité à l'auteur qui le fait. Tes citations exagérées,
distorsionnées, catapultées sont bien amusantes, mais ceux qui liront
ton blog devraient savoir que ton amour pour la fiction déteint sur ton
désir de raconter des événements réels.
Le gars qui se moque du cuisinier
(ce que je n'ai d'ailleurs pas fait)"
Voilà le commentaire qui m'a été adressé à propos de l'article précédent. Donc, si je me fie à "Le gars qui se moque du
cuisinier", il semblerait que j'aie cette fâcheuse tendance à déformer la
réalité, voire même créer de la fiction à partir de la réalité. C’est vrai. Tu
as raison. Oui. Tu as raison. Et pour la crédibilité, j’avoue. Déjà que, tu en
conviendras, quand on a un blogue, et qu’en plus ça s’appelle « Les
patates impossibles », pas super super hein... Si on était dans un
« Donjons et dragons », je partirais avec un gros -4 en crédibilité.
Mais là, après ce que je viens de faire là, -30 au moins.
J’avoue que quand je raconte que selon toi, « c'était
des gens pas de vie et pathétiques qui écrivaient des blogs », je merde
totalement car si ma mémoire est bonne, tout ce que tu as dit à propos de ça,
c’est… rien. Qu’un vague sous-entendu que j’ai, que Dieu me pardonne, très
librement interprété. Mais dis-moi au moins que j’ai pas rêvé que Manu a quand
même senti le besoin de te préciser ma position par rapport aux blogues. Juste
pour être certain tsé. D’un coup que je m’en viens déjà crackpot.
Mais bon, allons à l’essentiel et attaquons-nous au
cuisinier. Vois-tu, comme je disais : « j'ai un petit côté socialiste
ou je sais pas trop quoi, mais le monde qui rit du monde qui ont des jobs pas
"glamour", j'ai rien que envie de les envoyer se faire foutre. »
Tsé quand je dis ça, faut pas mal le prendre. Dans ma vie, je pense que j’ai eu
envie d’envoyer se faire foutre environ 4 personnes sur 5 que j’ai connues. Et
pour dire vrai, c’est assez normal comme moyenne je pense. Ce ne sont que des
élans du cœur épisodiques en somme. Dans mon cas, je te dirais que ça ne se
concrétise jamais. Ça ne dure souvent que 4 secondes et après on a qu’à essayer
d’en tirer, ne serait-ce, qu’une banale leçon de sagesse. Souvent, en passant
par-dessus tout ça.
Avec la personnalité colorée qui me caractérise, les chances
que tu aies déjà eu l’envie de m’envoyer me faire foutre en sont augmentées
mais c’est la vie. Ce sont des points d’EXP. Et si ça peut t’encourager, les
points d’EXP, je suis pas super bon avec ça. Non. Imagine, quand je finissais
mon secondaire, ma mère a eu le cancer pis mon père était
dieu-sait-à-quelle-place en train de boire de la bière avec des espèces de
voyous.
Ma mère a guéri après un long moment pis moi entre-temps, je
me suis mis à prendre plein de drogues. En fait, pour être franc, y a un très
long boutte qui est presque totalement effacée. Pis si je t’en parle, c’est pas
pour m’en vanter. Ça reste que pendant ces années-là, j’ai crissement fait le
con pis j’ai découragé ben du monde pis j’ai perdu ben des amis. Pis dans
toutes les sens. J’vas t’éviter le mélodrame mais je me pensais crissement bon.
Mais j’étais tellement un trou-du-cul.
Tsé quand tu disais que les gars qui fument trop de pot
finissent souvent par manquer d’ambition, moi je disais que : « J'ai
même pas essayé de me situer par rapport à ça. » ben c’était parce que tu
avais raison. Pis ça me tentait justement pas de tomber dans le pathos pis de
te raconter à quel point j’ai déjà été une estie de couille qui se contentait
de travailler dans un club vidéo poche pis qui se faisait exploiter comme une
merde par son gérant parce que dans le fond mon seul but c’était de finir ma
journée pour rentrer chez-moi fumer un batte en regardant un film poche pis en mangeant
un repas de marde pis à refumer des battes avec du pot que je m’achetais trop
souvent avec du cash que j’empruntais à mon coloc Héro pis que j’y remboursais
jamais pis j’fumais des toppes pis ma vie c’était de chiâler contre le système
parce que moi crisse que j’avais du talent mais c’était toujours les mêmes
maudits qui avaient toute pis ça servait à rien de faire de quoi parce que
justement, toute m’apparaissait plus gros parce que ma seule ambition, c’était
mon petit trip qui menait nulle part. Je te le dis mon gars, une vraie couille
que j’étais.
J’écris à l’imparfait parce que maintenant, même si je suis
peut-être encore une couille, il reste que je suis une couille plus évoluée. Un
peu comme un pokémon. Je suis quand même encore à l’université à 26 ans. Et je
te cacherai pas que je suis pas en train de faire un doctorat. Loin de là. Pas
très impressionnant.
Si maintenant, j’ai un bon boulot, je vais t’avouer que
toutes les semaines, j’ai la chienne de le perdre. Pour plein de raisons. Je
suis surtout très chanceux. Et même si maintenant j’ai de bonnes études, je
suis pas certain de pouvoir me trouver de quoi d’intéressant, au plan salaire
mais surtout au plan de la réalisation personnelle. Disons que si ma blonde
tombait enceinte le mois prochain pis que je perdais ma job pis que je trouvais
crissement rien, je suis pas certain que je tripperais d’être pogné pour aller
travailler au Wal-Mart au salaire minimum. Non mais tsé, je mets ça au pire.
Dans le fond, tu dois bien le constater, si j’ai un petit
côté socialiste, c’est avant tout parce que j’ai peur. C’est freak mais c’est
ça. J’ai peur que le gars entende pis que ce gars-là soit un gars comme moi.
Pas peur qu’il se fâche mais peur que ça lui fasse de la peine. Je suis comme
ça. Un peu quétaine. Et coincé.
Moi, je t’ai bien aimé. C’est pour ça que j’ai parlé de toi.
Je t’ai pas trouvé méchant pis mon but était pas de te montrer comme ça. C’est
juste que tu m’as inspiré comme ben du monde l’ont fait avant toi pis dans ces
moments-là, étant donné que je sais très bien que j’ai un super don pour
« mettre en scène » la réalité, ben j’évite de trop préciser des
trucs comme le nom du monde par exemple.
Dernière chose, c’est plate parce que si y avait eu une
vitre au complet pis pas cette maudite moitié de vitre-là qui séparait la
cuisine, j’aurais crissement ri de ta réplique. C’était vraiment drôle pis le
cuisinier était vraiment pas beau. Pis en plus, je veux pas être plate mais
j’ai beau avoir essayé du mieux que je pouvais, je n’ai pas pu réussir à
recréer tout le merveilleux sarcasme qui avait si bien caractérisé ton élan à
propos du cuisinier pas beau. C’était vraiment plus drôle que ma version. Et
c’est pour ça que j’espère que tout ça se terminera par quelques points d’EXP
et qu’on pourra se reprendre.
Sincèrement,
Joël
17 novembre 02h32 am
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Sans rancune
Dominic
P.S. Dans cette histoire, il ya aussi ma fâcheuse habitude de me mettre les pieds dans les plats en abordant des sujets délicats sans avoir calculé que mes propos pourraient avoir un impact plus grand que je ne le crois. Je suis le spécialiste du ''Eille ta mère est conne!!''...''Eeehhh,,,,ma mère est morte''....tu vois le genre...
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