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Y a des jours comme ça. En fait, généralement, il y en a deux comme ça par semaine. Le fameux jour où tu finis ton 3.5 de pot. Je dis "tu" mais probablement que toi lecteur ou lectrice, ne fume pas ou pus pantoute de pot depuis ta tendre adolescence et c'est probablement mieux ainsi mais sans vouloir être taxé de narcissisme, ce n'est pas toi le sujet de cet article donc on va faire comme si tu me comprenais totalement et si jamais ça te dérange, tu n'as qu'à aller visiter ce site et peut-être que ça pourrait te réconforter.
Bon. Donc, comme je vous (maintenant que "tu" est parti, je peux vous revouvoyer à nouveau) écrivais, y a des journées qu'on se dit: "Bon, ben là, il va falloir que je me trouve de quoi à fumer". À la différence d'un héroïnomane ou d'un fumeur de crack, on sait très bien que si on en trouve pas, on deviendra pas fou jusqu'à se crisser dans un poste de police avec notre char mais on a tous ce petit panneau dans notre tête qui nous dit: "Ouais mais ça serait moins plate..."
Comme je racontais à Dominic, mon 31ième amie, les choses ont beaucoup changé depuis cinq ans. Avant, ma vie entière gravitait autour de l'action de fumer des battes mais aujourd'hui, il n'y a que ma fameuse vie nocturne qui en est affectée. Disons que je suis junkie à temps partiel. Mais bon, ce sont les jours où je me trouve pas de pot que je me sens le plus de même. En fait, je ne suis pas capable de me sentir poche ou coupable de fumer des battes mais quand vient le temps d'en trouver, là je me sens nul.
Tsé, dans le temps où ce que je restais à Téléville, les choses étaient plutôt simples. Comme je racontais l'autre soir au voisin de mon cousin Renaud, alors que nous étions justement en train de fumer un batte sur la terrasse de la Tour à Bières, mes années à Téléville comptent sans aucun doute parmi les années les plus merdiques de mon existence mais pour ce qui était de trouver du pot, ça au moins, ça valait le coup. J'me souviens que Héro pis moi, on devait avoir 15 numéros de padget pour autant de livreurs de pot. Oui oui, pas des vendeurs mais bien des livreurs.
Ouais, parce qu'à Chicoutimi, déjà que si tu te trouves quelqu'un qui pourrait te vendre du pot t'es hot, vous devinerez qu'espérer s'en faire livrer relève de l'utopie. Hein, les choses ont ben changé. Jusqu'à l'été 2005, y avait au moins le terminus. T'allais là-bas, pis y avait ben des chances que le p'tit gars qui se donnait des airs de bum ait de quoi à te vendre. Mais on s'entend que c'était plus souvent que d'autres choses de la marde. Tsé du pot qui goûte je-sais-pas-quoi pis qui gèle que dalle, non merci. En plus que pour 10 piastres, quand t'avais 0.8 gramme, c'était un bon deal, vous devinerez que le fumeur de battes alpha comprenait assez rapidement que c'était là, une solution de dernier choix.
Mais nos forces policières, toujours prêtes à assurer notre plus grande sécurité, au lieu d'arrêter les "vendeux" minables de coke qui sont installés dans les mêmes bars depuis le temps des dinosaures, ont cru bon attaquer le problème à la source et ainsi, arrêter une gang de jeunes qui voulaient jouer aux toffes. En tout cas, pour ce qui est de faire chier les acheteurs de pot qui en sont au derniers recours, c'est une vraie victoire pour nos forces constabulaires mais vous irez voir pour le fun les mamans qui n'ont pas eu besoin d'envoyer leurs enfants en Irak pour qu'ils crèvent mais d'une track ou deux de trop, pis vous leur demanderez ce qu'elles pensent de la loi.
Mais bon, je file pas pour devenir le Michael Moore des mères d'enfants cokés faque on va s'arrêter là. En fait, la situation est assez facile à résumer en une seule question: "Comment se fait-il que les fumeurs de battes sont tout le temps en train de chercher où ils pourraient trouver du weed tandis que même ma mère saurait où trouver du smack pis de la coke?" Non mais avouez, c'est bizarre en esti ça. Parce que si ma mère qui a jamais pris de drogue de sa vie sait où trouver de la coke, j'imagine qu'un gars qui travaille comme enquêteur doit finir par avoir des doutes lui-aussi.
Mais bon, je file pas pour devenir le Normand Lester des policiers qui ont la chienne d'arrêter les vrais criminels de ce monde faque je vais arrêter ça là pis je vais essayer d'appeler un des gars qui me vend du pot des fois. Au cas où il pourrait me dépanner. Parce que finalement, c'est pas d'un dealer que j'ai besoin mais peut-être d'un dépanneur qui pourrait me vendre de quoi à fumer. Et ce jour-là, nous serons dans le futur car je pourrai enfin tout payer avec ma carte de guichet.
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