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1/11/2005
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Dire, écrire et maudire...
Non mais tsé. J'attendais... je me
disais qu'un moment donné, quelqu'un allait écrire un comentaire du
genre: "Yo Joël, kestu fait man? Tu nous écris pus?" Honnêtement, je
sais que ça peut rien que alimenter mon image de faux-cul humble mais
je vous l'avoue, ça m'aurait rendu un peu content. Je me serais dit:
"Tiens, y a pas rien que moi qui s'ennuie de mettre la main à la
pâte..." Mais bon, c'est pas à vous-autres de me botter le cul, c'est
pas votre job. Aux "Patates...", votre job c'est de me lire pis moi ma
job, c'est de vous écrire. Je commencerai pas à vous donner des
surcharges de travail quand même. C'est drôle mais de ces
temps-ci, je pense à plein d'affaires bizarres. Tsé, les fidèles
lecteurs et lectrices des "Patates.." doivent s'en douter, je suis
plutôt familier avec les pensées inappropriées sauf que là justement,
c'est comme des pensées appropriées. Pour être ben franc avec vous je
me sens un peu comme Franco Nuovo. Je pense à plein de choses qui
pouraient aisément rentrer dans un billet d'humeur. Plus j'y pense et
plus je me dis que si j'avais sa paye à Franco, je m'en crisserais ben
de donner dans le billet d'humeur. Pis de toute façon, moi je l'aime
ben Franco pis je serais pas gêné d'être lui. Même que, un jour, je
vous promets de faire un petit texte en hommage à Franco Nuovo. Il le
mérite. Mais pour en revenir à mes idées bizarres, il
faudrait que je vous explique. En fait, de ces temps-ci, j'arrête pas
de penser aux choses que ça fait des mois que je suis supposé dire à du
monde mais que j'oublie tout le temps de leur dire. Comme par
exemple, ça doit ben faire cinq mois que je veux dire à Anaë qu'à Noël
passé, j'avais rencontré une fille dans l'autobus qui venait visiter sa
grand-mère mourante à Roberval. Elle arrivait de Montréal pis elle en
profitait pour vois ses chums de fille qui restaient à Chicoutimi. La
fille m'avait demandé si je pouvais l'aider à trouver le dépanneur chez
madame Gagnon pis, étant donné que c'est à côté de chez moi, je l'avais
invité à me suivre et en cours de route, elle m'avait offerte une
cigarette. Cigarette que j'avais acceptée car j'en avais justement
besoin d'une pour me rouler des battes.
C'est quelques mois plus tard, alors que j'arrivais de la job avec
Anaë, qu'en voyant où ce qu'elle restait, j'ai catché que la fille de
Noël, c'était justement à Anaë pis ses chums qu'elle rendait visite.
Mais ça, je l'ai compris un peu plus tard en arrivant chez moi. Pis là,
je me suis dit: "La prochaine fois, je le dirai à Anaë" et pis
finalement, on est en novembre pis je lui ai toujours pas dit. Et
pourtant, je la vois au moins deux fois par semaine.
Ouais. Peut-être qu'un bon moment donné, elle va venir sur les
"Patates..." pis qu'en faisant sa job de lectrice, elle va enfin le
savoir. Mais je lui aurai quand même pas encore dit. Maudit.
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