L’âme d’un groupe fait un groupe, c’est grâce à cela que l’histoire de Mahaleo s’est écrite de décennie en décennie. Nônô, désormais immortel, était l’un de ses plumes.

Le destin d’un citoyen, Nônô Mahaleo, à préciser. Ainsi le connaissaient plusieurs générations. Le destin d’un groupe. Le destin d’un humain vrai. Mais surtout le destin d’un des frères de scène du mythe Mahaleo. S’étonner de la mort d’Andrianabelina Rakotobe, serait un vain sentiment. Une dette de l’âge.
« Il est parti vers 16 h », fait savoir Nantenaina Rakotobe, son benjamin, hier vers 19 h 10.
La nouvelle a circulé depuis des heures, sur les réseaux sociaux et les « on-dit », mais il semble que personne ne voulait y croire. Maintenant que Bekoto est à Mahajanga, Dama à Fianarantsoa, Fafah, Charles et Dadah, son frère cadet probablement dans la capitale. La mort d’un mythe restera toujours, ici ou ailleurs, comme une partie de domino.
« Ça fait le deuxième appel que j’ai reçu », se lamente Jean Baptiste Razafimamonjy à 18 h 47. Ce huitième Mahaleo, comme on le surnomme, se souviendra toujours de ce médecin. Il ne faut pas oublier que Nônô a marqué de son empreinte le « recapage » des os. Il faisait partie des meilleurs chirurgiens de Madagascar dans ce domaine, les témoins peuvent le confirmer.
C’était dans les années ’50 ou ’60, il faut excuser le Malgache connaissant plus l’histoire que la mémoire. Quatre frères, un athlète des pistes, un fils à papa et un garçon discret ont commencé à construire une légende. Mahaleo est né des tumultes mais a rapproché la lumière dans les foyers. Mahaleo a fait des simples vies de ses membres une histoire à raconter de génération en génération. En passant, Nônô Mahaleo adorait Earl Klugh, entre autres, un guitar hero de l’hémisphère nord. Certains se souviendront de ses démonstrations, à Ampefiloha ou ailleurs.
« Des souvenirs, c’est encore difficile de les retrouver en ce moment de douleur. Mais ce que je peux dire, c’est que pour nous c’est l’amitié, et la fraternité qui venaient en premier. Mahaleo c’est après », tente de positiver Dama Razafimahaleo, ou Dama pour la scène. Avant d’ajouter « C’est notre amitié qui en était la racine ».
L’histoire a fait le reste. Son histoire, ce sont les faits et gestes d’un Madagascar contemporain, mal dans sa peau et souffreteux. Ses textes, c’est la guitare, en instrumentiste chevronné, et Dadah, Dama, Bekoto, feu Raoul dessinaient les contenus. Fafah et Charles distillaient le feeling.
Maminirina Rado