|
|
![]() |
MALROUVE de Ludovic Careau |
![]() |
![]() | |||
Malrouve I, chapitre 10Posté à 20:15 le 3/7/2009
Le fait que Gustave et les deux journaliers qu'il avait engagés utilisaient de drôles de substances pour augmenter les performances naturelles du sol fit naître des suspicions, des jalousies voire des ragots dans tout le voisinage et jusqu'à Angers même. On commençait à parler de diablerie, de pacte avec des forces plus ou moins occultes. L'évêque en eut vent et s'en inquiéta. Il dépêcha ses émissaires pour en savoir davantage sur ces étranges pratiques. Mais le Clergé fut pris de court. Gustave, talentueux communicant, vint à leur rencontre et leur expliqua patiemment ce qu'il entreprenait et ce qu'il utilisait précisément pour y parvenir. Il leur soumit la technique du "chaulage" et l'utilisation d'engrais naturels mais aussi industriels. Il leur exposa sa détermination à diversifier ses cultures et à procéder à des rendements plus réguliers et plus intensifs. Il leur affirma que tout cela ne pouvait apporter à la terre que des bénéfices et des bienfaits, qu'il n'y avait là rien de bien sorcier et que le "maléfique" n'avait pas sa place dans cette histoire. Que ces techniques, pour la plupart étaient déjà appliquées Outre-Manche depuis bien des années et qu'elles avaient su faire leurs preuves en terme de chiffre. Les émissaires le crurent aisément et s'en retournèrent, rassurés, faire leur rapport à leur hiérarchie. Après cela, les cancans cessèrent, du moins la plupart d'entre eux. En effet, quelques maraîchers du cru ne pouvaient s'empêcher de voir le mal partout et estimaient encore, plus par intérêt financier que par foi, que ce Malrouve avait le mauvais oeil et qu'il ne pouvaient attirer que le malheur et la catastrophe. <- Précédent | Suivant -> |
|||
![]() |