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LE BLOG DE L'HISTOIRE CONTEMPORAINE

• 4/2/2006 - 1929 Le PCF tente une insurection


La journée du 1er Août 1929 :
LE PCF TENTE UNE INSURRECTION



La tactique “classe contre classe” permet au PCF de se distinguer des socialistes alliés au radicaux — donc pour lui à la bourgeoisie— dans le cadre du Cartel des gauches passé ou futur.

En septembre 1928, le VIè Congrès de l’I.C. réuni à Moscou décide de faire du 1er août 1929 une grande journée internationale contre la guerre. A cette occasion, il invite les PC du monde entier à « conquérir la rue ». En France, ceci est dénoncé comme un complot; la lutte est dirigée par le préfet de police Jean Chiappe dès juillet .



Affiche de 1928 dénonçant le Komintern


Alors que le PCF présente son affaire comme une manifestation contre la guerre, l’Humanité du 1er juin 29 dit «une telle journée renforcera considérablement les positions de la classe ouvrière à la veille de la guerre impérialiste. Elle fera un pas incontestable dans la transformation de la prochaine guerre impérialiste en guerre civile.»

Le numéro de  la “Journée rouge” de juillet 29 écrit : « … le prolétariat, chassé de la rue parce qu’il y est désarmé, y reviendra les armes à la main…, la reprise de la rue conduit à l’insurrection armée contre l’Etat capitaliste, à la lutte pour le pouvoir prolétarien ». Et de donner l’exemple du 1er mai 1929 à Berlin quand le prolétariat communiste a affronté la police (30 morts).
La “Vie ouvrière” de la CGTU soutient cet objectif.

Dans ce but de lutte ont été créés en mars 1925 les Groupes de Combat, chacun avec dix hommes et un chef, ayant pour mission :
(1) de protéger les militants, les meetings, les locaux;
(2) de soutenir la lutte contre les fascistes. En 1929 il y a 40 Groupes de Combat dans la région parisienne selon les archives de la préfecture de police. Ces Groupes de Combat ont connu un net essor en 1928, formés à partir de l’ARAC (association républicaine des anciens combattants); ils sont complétés par les Groupes de Défense (ex. groupes de défense antifasciste) qui portent l’uniforme (blouse, ceinturon, casquette kaki). Chiappe les qualifie de “Gardes rouges”. Une centaine sont arrêtés le 4 août 1928 : donc relatif échec de ces tentatives d’organisation.

A la suite de quoi des Groupes d’Auto-défense ont été organisés en vue des 1er Août 29. Toutes les organisations de la périphérie du PCF sont mis sur pied de guerre : ARAC, Secours rouge, Fédération sportive du travail, CGTU… Les services publics sont invités à faire grève (trains, poste…) Une active propagande est exercée sur les troupes et les gardiens de la paix.
Mais Chiappe réagit. Le 21 juillet 1929 à Villeneuve-Saint-Georges, la quasi-totalité du Comité central, réuni clandestinement, est arrêtée. De plus, Chiappe accuse l’Humanité de subversion et d’espionnage. (Un rédacteur est arrêté pour espionnage en juillet 29).

En fait les Correspondants ouvriers sont des communistes qui adressent à l’Humanité des renseignements sur les usines où ils travaillent (on les appelle les “rabcor”). En novembre 1928, une conférence des “rabcors” se tient à Moscou ; il y a trois délégués Français. A la date du 1er mars 29, il y en a 1200 en France, dont moitié à Paris et sa région (ex. 23 aux usines Renault). Le “Bureau des Correspondants ouvriers” centralise les renseignements au siège du journal l’Humanité. Il obtient aussi de nombteux renseignements d’ordre militaire : technique de fabrication, quantités en production… Une partie de cette information est publiée dans l’Humanité. Les renseignements les plus intéressants sont envoyés au “Bureau militaire” de l’Humanité qui en tire des arguments pour sa propagande antimilitariste. La “Rote Fahne” du 21 juillet 29 publie ainsi des renseignements d’ordre militaire venus de France via l’Humanité.

Les arrestations de Villeneuve-Saint-Georges portent sur 95 dirigeants, plus quelques autres les jours suivants. Nombreux membres du CC : Frachon, Courtade, Costes, Arrachard, Midol, Dudilleux… La répression est supervisée par André Tardieu (ministre de l’Intérieur presque sans interruption de juillet 1929 à décembre 1930 —L’anticommunisme de Tardieu est déterminé et persistant : le 6 février 34 à la Chambre des députés il lance à Maurice Thorez : « Je vous ai mis en prison, et je recommencerai quand je pourrai.»), Chiappe (préfet de police de Paris depuis 1927 — il a donc précédé Tardieu dans l’action anticommuniste.— jusqu’aux émeutes du 6 février 34), Perrier (directeur des renseignements généraux)… La répression est doublée d’une action judiciaire : Tardieu veut inculper pour complot « tout le Comité central, l’Humanité, et la BOP» (Banque ouvrière et paysanne liée au PCF et à l’Humanité).

Dès 1927 le gouvernement a accentué l’action anticommuniste quand, par exemple, à Constantine, Albert Sarraut (alors ministre de l’Intérieur) déclare : « Le Communisme, voilà l’ennemi ! »  
A la suite des arrestation de juillet 1929, lors de la Journée du 1er Août, les communistes ont bien peu bougé. C’est pour le PCF une époque de déception : il est tombé au minimum de 45 000 membres au lieu de 74 000 en 1924.

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