BlogHotel.orgAccueil | Créer un blog | Imprimer la page Imprimer | Blog hasard Au hasard | Chercher des blogs Rechercher | Entrer dans le chat du blog Chat | | Jeux Jeux | Adminitration et édition du Blog Manager

LE BLOG DE L'HISTOIRE CONTEMPORAINE

• 6/2/2006 - 1917 La crise sur le front Ouest


1917
     LA CRISE SUR LE FRONT OCCIDENTAL
vue par Jean Monnet


En 1917, la situation des Alliés s'aggrave. Sur le plan militaire, l'offensive Nivelle, déclenchée en avril, se termine tragiquement: du 16 au 30, l’armée française perd 147 000 hommes pour de maigres succès tactiques ; les troupes sont fatiguées, découragées, et certaines d’entre elles se mutineront en mai. Dans les milieux ouvriers, des grèves, à Paris et à St-Etienne, témoigne de l’affaiblissement moral de l'intérieur. Sur ce sujet, sur les efforts de Pétain pour remettre de l'ordre dans l'armée, sur la stratégie de Foch en 1918, les récits et les études ne manquent pas. Mais ces récits se limitent à une optique nationale et ils ne voient de l'immense conflit mondial que les aspects militaires alors que s’y engloutissent les forces économiques des plus grandes puissances du monde. C'est là que l'ennemi cherche la décision.

Les Allemands déclarent que leurs sous-marins attaqueront sans avertissement tout navire, de guerre ou de commerce, neutre ou allié. Certes,ils savent que la guerre sous-marine à outrance entraînera les Etats-Unis dans le conflit, mais cette perspective ne les inquiète pas : la neutralité américaine ne leur procurait aucun avantage du fait de la suprématie britannique sur les mers ; et ils comptent abattre les forces de l’Entente avant que les Américains ne puissent envoyer un, corps expéditionnaire de l'autre côté de l'Atlantique. Leurs experts navals estiment que si les sous-marins du Reich coulent 600 000 tonneaux par mois, pendant six mois, l'Angleterre devra reconnaître sa défaite, la guerre sera gagnée.

Ils ont presque réussi. En février, puis en mars, 550 000 tonneaux environ sont torpillés ; en avril, les pertes alliées et neutres atteignent 900 000 tonneaux et la GB perd en un seul jour 34 000 tonneaux ; en mai le total des pertes est plus bas : 574 000 tonneaux ; il remonte en juin : 665 000 tonneaux, fléchit en juillet d'une manière sensible, beaucoup plus nettement en août. Dans la seule année 1917, 6 millions de tonneaux ont été coulés. Les conséquences sur les approvisionnements sont dramatiques, elles tendent à devenir insupportables.

A mesure que la guerre se poursuit, la France occupée en partie par l'ennemi, privée d'une partie importante de sa main-d'oeuvre qui est mobilisée, dépend de plus en plus de l'étranger pour son ravitaillement. Sa production de blé a diminué    60 %. Certes, l'Amérique du Nord, l’Argentine, la très lointaine Australie pourraient lui venir en aide, mais où trouver les bateaux nécessaires ? Alors, le gouvernement réduit la consommation. La carte de pain est mise en circulation ; elle alloue 300 grammes par jour à chaque Français. Biscuits et pâtisseries sont interdits. La production de pâtes alimentaires est réduite de 90 %; le maïs est introuvable; toutes les céréales sont réquisitionnées. Les besoins de la France e sont immenses. Il lui faut de la fonte de l'acier pour les canons, les obus, les navires ; des minerais, du bois, du charbon. Il lui faut aussi du sucre.

En décembre 1917, elle réclame d'urgence aux É.U. plusieurs dizaines de milliers de tonnes d'essence, qui donneront à l’armée le combustible nécessaire pour les contre-offensives de l'année suivante. Dès 1917, mais encore plus après l'attaque allemande qui commence le 11 mars 1918, les chefs militaires comptent sur l'arrivée massive des troupes américaines pour raffermir le moral de leurs hommes affecté par la défaite italienne de Caporetto, la révolution bolchevique et le piétinement sur le front occidental. En mars 1918, Foch fit demander “Quand pourrez-vous  transporter les troupes américaines ? Faites le maximum, mais il est essentiel que je puisse dire dès maintenant qu'elles viendront.”  Le nerf de la guerre c'est désormais le tonnage.

source : Jean MONNET , Mémoires, tome I. Paris, 1976.


:: Envoyer à un Ami!

A Propos

Histoire des révolutions du XXè siècle. Révolutions. Totalitarismes. Décolonisation. Transformations sociales et culturelles

Liens

Accueil
Voir mon profil
Archives
Email Moi


Historic
Mapero
Baroque et Rococo
Wodka
Des Cartes
La route des fresques
Michelet
Sfumato
Article 35 sur 59
Précédent | Suivant