Cours sur la cyberculture
• 14/11/2008 - La campagne des présidentielles aux Etats-Unis dominé par Barack Obama sur internet.
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L’élection de la présidence américaine à réservé bien des surprises cette année, tant par la conjoncture économique dans laquelle elle s’inscrit que par la personnalité des deux candidats. Les campagnes des deux prétendants au poste de président ont eu lieu sur plusieurs fronts : sur le « terrain » avec des meetings, des congrès, des discours, etc. et aussi dans l’ensemble des médias parmi lesquels la télévision, la radio, la presse écrite et bien sur l’internet. Lors de l’élection précédente, ce dernier média n’avait pas encore montré tout son potentiel. Cette année en revanche, l’internet a joué un rôle beaucoup plus important. Par exemple, lors de la primaire démocrate au printemps 2008, deux électeurs sur cinq ont utilisé internet pour s’informer (en progression de presque 10% par rapport à la précédente élection) [1]. Le sénateur Obama et son équipe de campagne ont perçu bien plus rapidement que les autres (c’est à dire les équipes d’Hillary Clinton et de John Mac Cain) la portée et les effets concrets de ce moyen de communication. L’internet s’est considérablement développé depuis le début de la précédente élection à la présidence américaine (c.à.d. l’été 2003). Parmi les 10 sites internet les plus fréquentés dans le monde, trois ont été créés après cette période. Ces trois sites, que sont Youtube (3ème place, créé en Février 2005), Facebook (5ème place, accessible à tous depuis Septembre 2006), et Myspace (7ème place, créé en Août 2003) ont considérablement bouleversés l’espace de liberté que constituait l’internet et que l’on connaissait jusqu’à lors. De plus, le nombre de foyers connectés à internet à explosé, sans parler de l’augmentation du débit de téléchargement qui a rendu beaucoup plus facile la consultation de vidéos, l’écoute de la radio, etc. D’après un sondage datant du printemps 2008, quatre internautes Américains sur dix utilisent quotidiennement internet pour s’informer [1]. Lors de la campagne électorale, ils se sont informés principalement dans des sites d’actualités tels que MSNBC (26 %), CNN (23 %) et Yahoo News (22 %) [2]. Cependant, le « journalisme citoyen » s’est considérablement développé, il ne faut donc pas négliger l’influence des blogs. Ces évolutions de l’internet ont été le mieux perçues par l’équipe de campagne d’Obama, lui permettant de s’imposer sur la toile comme personne ne l’avait encore fait auparavant.
Obama a réellement investi sur internet pendant ces mois de campagne. Il a dépensé plus de 3,35 millions de dollars en bannières et liens sponsorisés (Juillet 2008), soit au total dix fois plus qu’Hillary Clinton et surtout vingt fois plus que John McCain [3]. Toutes ces publicités redirigeaient vers des sites contrôlés par le camp Obama (tel que www.barackobama.com) où des informations sur les programmes électoraux sont mis en ligne, ainsi que des vidéos, les actualités du candidat… Mais ces publicités ont aussi servi à récolter des fonds, nécessaires à la campagne effectuée sur le terrain par le candidat pour organiser des meetings, passer des publicités à la télévision et à la radio, etc. En effet, en Janvier dernier, le candidat avait réussi le tour de force de récolter 32 millions de dollars versés à 90 % par des dons de moins de 100 dollars sur Internet [4]. En mars, il obtient encore 40 millions de dollars par le même procédé. C’est ainsi que le 21 avril à 13 heures des milliers d’américains se sont vus proposer une initiative jamais tentée auparavant : réunir « 1 million de dollars en 1 minute » (rendu possible grâce au logiciel québécois Cakemail). Ces petits dons « populaires » et spontanés ont permis au candidat de s’affranchir du soutient financier du parti démocrate (acquis à la cause d’Hillary Clinton dans les débuts) et de celui de l’état fédéral. Et tout cela sans même faire de réunions entre donateurs (appelées « fund-raising ») et sans non plus que les électeurs pensent que le candidat pour qui ils votent doive quelque chose à un lobby riche et puissant. En fin de campagne, il aura finalement réunit la bagatelle de 605 millions de dollars, sans toucher à la réserve de l’état fédéral. Son adversaire John Mac Cain n’aura quand à lui pu disposer que de 150 millions de dollars, soit quatre fois moins. Les grands moteurs de recherche peuvent aussi témoigner de la supériorité d’Obama sur le net : Yahoo et Google affirment, chiffres à l’appui, que le nombre de lien entrant dans les sites web respectifs de Mac Cain et d’Obama et leur nombre de visiteurs respectifs est au moins deux fois supérieur en faveur d’Obama. Les articles et les blogs présents sur la toile citant Obama sont aussi plus nombreux que ceux qui citent Mac Cain. Il existe un autre endroit où l’hégémonie de Barack Obama s’est particulièrement fait ressentir : les réseaux sociaux. Si on prend l’exemple des quatre réseaux sociaux les plus importants à ce jour sur le web américain, c’est-à-dire : Facebook, Myspace, Youtube et Twitter, on peut dire sans se tromper qu’il les a largement mieux utilisés que ses adversaires. Les chiffres parlent d’eux mêmes, le 13 Novembre 2008 Barack Obama possédait sur Facebook 3 118 484 supporters lorsque John Mac Cain en comptait 613 313 (soit presque quatre fois plus). L’écart devient même abyssal si l’on regarde les statistiques issues de Twitter… Ces données sont téléchargeables en [5]. Les vidéos issues de Youtube sont aussi plus nombreuses en faveur d’Obama qu’en faveur de Mac Cain. Ces vidéos une fois postées et regardées par les fidèles sont ensuite envoyées aux quatres coins de l’Amérique par mail ou bien dans les réseaux d’amis en amis, ce qui fait de ces vidéos des outils très puissants de propagandes. Certaines ont même une popularité telle sur internet qu’elles finissent par se retrouver à la télévision, et ce sans dépenser le moindre sous. Par exemple, le clip « Yes we can » sur Youtube réunissant de nombreuses personnalités américaines, totalise plus de 14 million de vues (sur Youtube seulement). Sûrement apogée de la compréhension de l’outil internet par l’équipe d’Obama, la création du site « www.mybarackobama.com ». Chris Hughes, l’un des quatre fondateurs de Facebook rejoint l’équipe de campagne d’Obama et aide à la création de ce réseau spécialement dédié aux personnes qui veulent s’engager activement en faveur d’Obama. Ces personnes se rencontrent donc sur ce site pour organiser des actions militantes, non seulement sur la toile mais aussi sur le terrain. Par exemple, des actions d’inscriptions massives sur les listes électorales ont étés organisées. Des réunions de soutient en faveur de Barack Obama (« Unite for change ») ont étés organisées chez les gens eux mêmes grâce à ce site [6]. Cet espace de dialogue entre les militants a donc eu pour effet de réunir des gens de divers horizons pour mener des actions communes. Mais il a aussi permis à l’équipe d’Obama de mieux savoir comment les « simples » gens, non engagés politiquement, voulaient participer à cette campagne. "MyBarackObama.com a permis de décentraliser la campagne en donnant la capacité aux supporters de s’organiser et en mettant a leur disposition des moyens pour élargir leur organisation. Obama a compris que les gens veulent s’impliquer mais veulent aussi pouvoir choisir quelle type d’action leur convient", a déclaré Tracy Russo, directrice de campagne sur internet de John Edwards (candidat démocrate en 2008) [6]. Cette aide a été cruciale dans la campagne de Barack Obama, et de l’aveu même de différents directeurs de campagnes sur internet ce site a permis de réaliser de prouesses sur le terrain.
Avis personnel :
« Barack Obama a les trois choses que vous attendez d’une marque : il est nouveau, attractif et différent », a dit Keith Reinhard, président de DDB Worldwide [4]. On ne peut pas nier ce fait, mais Barack Obama ne peut être réduit à un simple produit de consommation. Il a utilisés les moyens qui s’offraient à lui pour créer une dynamique. Beaucoup de produits sont « nouveaux, attractifs et différents », mais parce qu’Obama a donné un sens à ses actions, a donné du fond à ses projets et surtout à considéré les masses populaires comme une entité capable de se mettre en mouvement pour certaines causes, il a réussit à passer outre cet effet de nouveauté que certains ont pu lui reprocher au début de sa candidature aux primaires démocrates. Le passage du « mass media » vers le « my media » a été l’une des clés de sa présence écrasante de Barack Obama sur internet et il l’a compris beaucoup plus tôt que tous ses adversaires, en s’entourant notamment de Chris Hughes. "Depuis que j’ai commencé à m’impliquer dans l’action civique, j’ai réalisé que le vrai changement vient d’en bas, et il n’y a pas d’outil plus puissant pour l’organisation grass-root que l’Internet", a-t-il déclaré dans un communiqué [6]. Une fois les outils à disposition et leurs possibilités bien connues, la dynamique lancée, la machine internet ne l’a plus jamais lâchée, au grand dam de ses adversaires qui ont été dès le début en retard dans l’utilisation d’internet pour leurs campagnes. Cerise sur le gâteau, Obama a créé un site internet où les internautes viennent rapporter les rumeurs trouvées sur lui et son équipe de campagne s’occupe de publier les preuves désavouant ces rumeurs… La maîtrise d’internet a donc été totale pour Barack Obama et la dynamique créée sur internet s’est ressentie bien au-delà du cyber espace pour rentrer dans les foyers américains (via les minutes de publicité achetées à la télévision avec l’argent des dons spontanés par exemple), mais aussi par des actions concrètes menées par les militants et coordonnées sur internet…
Hugo Churin.
Références :
[1] http://www.journaldunet.com/cc/01_internautes/inter_usage_us.shtml , 27 Octobre 2008. [2] http://www.cefrio.qc.ca/fr/documents/veille/Internet-revolutionne-la-campagne-des-primaires-2008-aux-Etats-Unis27.html , 25 Avril 2008. [3] http://www.lefigaro.fr/medias/2008/07/04/04002-20080704ARTFIG00247-etats-unis-les-candidats-s-affrontent-sur-le-net.php , 4 Juillet 2008. [4] http://blog.mondediplo.net/2008-04-21-Barack-Obama-candidat-des-reseaux-sociaux-sur , 21 Avril 2008. [5] http://www.virtua.ch/cms_data/File/2008-10-etude-barack-obama-elu-du-web-par-ko.pdf , 27 Octobre 2008. [6] http://www.vnunet.fr/news/election_usa_un_fondateur_de_facebook_derriere_la_strategie_internet_d_obama-2028055 , 9 Septembre 2008.
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• 16/11/2008 - Internet et l'aspect "ludique" de passer du temps devant son écran de pc.
Ma remarque repose l'aspect intéractif de ce média qui le rendrait plus efficace et attrayant vis-à-vis des utilisateurs : surfer sur des sites, regarder des vidéos ou des animations, etc... d'où sa puissance qui croît considérablement.
Cette forme de publicité reste bien différente des autres ; par exemple lorsqu'on nous distribue des tractes dans la rue dont on se sait pas quoi faire avec et on finit par jeter dans la première poubelle que l'on trouve. En digérant du contenu sur internet on est -ou au moins on peut avoir l'impression- d'être maître des nos 'clicks' diverses et variés. Ce qui ferait donc que les individus seraient plus réceptifs à cette nouvelle forme de publicité.