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16/12/2009
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Bear Stearns
En 2007, Bear Stearns est la cinquième plus grande banque d’investissement américaine. Jusqu’à ce que la crise n’éclate, elle figurait également parmi les plus prestigieuses (en 2005 et 2006, elle avait notamment été classée par le magazine Fortune parmi les entreprises américaines les plus 118 CONSEIL D’ANALYSE ÉCONOMIQUE admirées). Son nom est toutefois désormais immanquablement associé à la crise des subprimes. Rappelons que c’est par la faillite de deux de ces fonds (voir encadré 2.1) que la crise a débuté. Mais surtout, Bear Stearns ne doit sa survie qu’à une intervention tout à fait inhabituelle de la Fed qui annonce le 14 mars 2008 un plan de sauvetage d’urgence. Ce plan consiste dans un premier temps à un prêt à un mois. Deux jours plus tard, la Fed annonce que la banque JP Morgan est prête à racheter Bear Stearns(12). La Réserve fédérale de New York s’était, dans un premier temps, engagée à reprendre les actifs les moins liquides de Bear Stearns à hauteur de 30 milliards de dollars (logés au sein d’une structure spécifique, gérée par BlackRock Financial Management). Cette solution risquait toutefois de créer un précédent et de nourrir l’aléa moral. Fin mars 2008, il a donc été décidé que JP Morgan supporte le premier milliard de dollars de pertes ; les 29 milliards de pertes potentielles suivantes – ce qui ne représente rien moins que le total des gains nets de la Fed en 2007 ! – étant financés par un prêt spécial de la Fed à un taux de 2,5 %. Malgré tout, les autorités publiques ont montré qu’elles étaient prêtes à intervenir directement, bien au-delà des interventions de sauvetage conventionnelles et, ce faisant, quel est le niveau du too big to fail. En effet, c’est la première fois que les autorités monétaires américaines volent au secours d’une banque d’affaire (là encore, d’une certaine manière, l’intervention de la Fed marque la fin du Glass Steagall Act). L’objectif est bien sûr d’éviter une crise systémique ; la Fed n’avait semble-t-il pas d’autre choix. Pour le gouverneur de la Fed, Ben Bernanke : « une faillite n’aurait pas été confinée au système financier mais aurait été ressentie plus largement dans l’économie réelle de par son impact sur la valeur des actifs et la disponibilité du crédit ». Notons que la logique qui consiste à créer une structure de défaisance pour éviter une propagation de la crise financière n’est pas nouvelle. De telles structures ont en effet été mises en oeuvre dans le cadre du sauvetage des caisses d’épargne américaines et, en France, pour éviter la faillite du Crédit lyonnais. • en 1989, le Congrès américain adopte une loi (Financial Institutions Reform, Recovery and Enforcement Act) créant la Resolution Trust Corporation dont l’échéance est fixée au 31 décembre 1996. Au total, le coût pour les contribuables américains est estimé à 124 milliards de dollars (auxquels s’ajoutent 29 milliards pour le secteur privé) ; • en 1995, le Consortium de réalisation (CDR) a racheté pour 18,8 milliards d’euros un portefeuille d’actifs du Crédit lyonnais valorisé à 28,3 milliards d’euros, ce rachat étant financé par emprunt. Le CDR est contrôlé depuis 1998 par l’Établissement public de financement et de restructuration (EPFR) qui est chargé de liquider ce portefeuille.
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