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16/12/2009 - Prêteur ou acheteur en dernier ressort ?
Les difficultés des banques commerciales auraient disparu si les prix de
marché des actifs qu’elles détiennent étaient revenus à la normale. Elles
sont donc normalement tentées d’utiliser les actifs sous-valorisés par les
marchés pour se refinancer auprès de la banque centrale, mais cette dernière
n’accepte normalement que des actifs de bonne qualité ou pratique
une remise sur la valeur de l’actif (haircut) dépendant de sa qualité et de sa
valorisation par le marché. Si cette remise correspond à sa sous-évaluation,
le marché et les banques n’ont aucune incitation à utiliser ce type de
refinancement, et le risque de liquidité bancaire subsiste. Les banques centrales
sont alors confrontées à une difficulté sérieuse :
• soit elles acceptent les actifs sous-valorisés par les marchés (en collatéral,
en achats fermes) à des prix supérieurs aux prix de marché et, d’une
part, elles mettent à leur bilan des actifs sous-valorisés, d’autre part, elles
offrent davantage de liquidité alors que la liquidité globale est suffisante ;
• soit elles les refusent, et elles risquent de provoquer une crise de liquidité
(ou au moins de financement à terme avec distorsion des taux d’intérêt)
des banques.
Il vaudrait mieux, en réalité, qu’une institution assure le maintien de
prix décents et d’une liquidité suffisante sur les marchés financiers.
Si, depuis le début de la crise, les marchés financiers étaient restés liquides
et avaient continué à fournir des prix raisonnables pour les actifs financiers,
il n’y aurait pas eu de pertes comptables supérieures aux pertes économiques,
ni de crise de financement des banques (ni de défiance grave
vis-à-vis des banques). Les banques centrales n’auraient pas eu, alors, à
jouer le rôle de prêteurs en dernier ressort.
Mais pour cela, il faudrait qu’une institution joue le rôle de détenteurs
d’actifs en dernier ressort. Étant suffisamment capitalisée, ou bénéficiant
d’une garantie publique, elle se financerait sans difficulté et son rôle serait
d’être acheteuse des actifs dont les prix sont manifestement sous-valorisés,
ce qui revient à assurer la liquidité du marché de ces actifs, et vendeuse des
actifs dont les prix sont manifestement surévalués.
Les difficultés et les critiques sont connues :
• risque d’aléa de moralité : des actifs financiers de mauvaise qualité
sont fabriqués et achetés, puisqu’il y a garantie qu’ils seront repris par l’institution
décrite ci-dessus. Pour éviter que le risque ou la qualité des actifs
ne soit plus surveillée, il faut bien que les interventions du détenteur d’actifs
en dernier ressort aient lieu uniquement quand les prix de marché différent
nettement des prix justifiés par les fondamentaux des actifs ;
• risque de biais sur les prix de marché de manière liée, l’argument
usuel est que les intervenants extérieurs n’ont pas une capacité meilleure
que les marchés pour juger du prix légitime d’un actif. Cet argument est
douteux quand on voit la multiplication des bulles sur les prix des actifs


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