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16/12/2009
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Où trouver le capital supplémentaire nécessaire ?
Le besoin en capital des économies occidentales (États-Unis, Europe, Japon) va être durablement accru. D’une part, le levier d’endettement va être moins utilisé par les fonds d’investissement puisque, on l’a vu plus haut, le coût de l’endettement va être plus élevé et l’offre de crédit restreinte ; d’autre part, on vient de l’analyser, les banques auront besoin de davantage de capital réglementaire puisqu’elles devront garder une plus grande proportion des crédits dans leurs bilans. La difficulté est qu’on voit difficilement apparaître une hausse de la demande d’actions dans les pays occidentaux. Les émissions nettes d’actions, dans la période récente, ont été très faibles en Europe (sauf au Royaume-Uni) et au Japon, fortement négatives aux États-Unis avec l’ampleur des rachats d’actions. Les investisseurs individuels perçoivent une hausse du risque actions, ce qui décourage des investissements supplémentaires en actions ; les investisseurs institutionnels vont plutôt avoir tendance à réduire la taille de leurs portefeuilles d’actions, avec les normes comptables qui imposent la valorisation de marché (IAS-IFRS) et les nouvelles règles prudentielles (Solvency II) qui associent une forte consommation de fonds propres réglementaires à la détention d’actions.
Il y a donc contradiction entre la hausse du besoin de capital et l’indisponibilité d’un supplément de demande d’actions dans les grands pays de l’OCDE. La situation est encore plus critique dans les grands pays de la zone euro (Allemagne, Espagne, Italie, France) en raison de l’absence de fonds de pension(6) et de la faible part du portefeuille des sociétés d’assurance qui est investie en actions, et au Japon où le vieillissement démographique conduit les investisseurs institutionnels à vendre leurs portefeuilles d’actions. La seule solution est d’aller chercher l’épargne en actions là où elle se trouve potentiellement, c’est-à-dire dans les pays émergents et exportateurs de matières premières. Ces pays disposent d’une épargne cumulée considérable, investie de manière peu efficace, par exemple en liquidités et dépôts bancaires. Le recyclage des surplus des pays émergents et exportateurs de matières premières excédentaires s’était jusqu’à présent réalisé essentiellement au travers de l’accumulation de réserves de change par les banques centrales de ces pays, qui investissaient presque exclusivement en actifs sans risque. Le potentiel pour qu’une part plus importante de ces surplus recyclés soit investie en actions est donc considérable. Cette évolution a débuté de manière spectaculaire avec les prises de participation ou les apports en fonds propres (Tier 1, dette subordonnée) des fonds de réserves publics, ou fonds souverains (sovereign wealth funds), dans le capital des grandes banques (tableaux 2.3 et 2.4)(7). Au-delà d’une réaction à court terme à la perte de fonds propres due aux provisions passées après la crise, il faut voir dans cet appel à l’épargne en capital des pays émergents et exportateurs de matières premières une tendance de long terme due à ce que le besoin supplémentaire de capital dans les grands pays de l’OCDE ne peut pas être satisfait par l’épargne locale. On doit cependant porter un jugement positif sur cette situation : les banques seront davantage capitalisées ; les pays émergents à surplus extérieur réalisent une forme d’intégration verticale, puisqu’ils utilisent nécessairement les services de banques d’investissement pour placer leurs excédents ; les fonds souverains (ou les autres fournisseurs de capital des pays émergents) seront des actionnaires stables et ayant des visions stratégiques des entreprises dans lesquels ils investissent. Des problèmes de gouvernance ne sont toutefois pas à exclure.
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