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9/5/2008
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Rousseau Discours sur l'origine de l'inégalité
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Rousseau Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes
Les notions-clés pour comprendre me texte
-Nature de l’Homme : La nature de l’homme est un problème essentiel de la problématique des Lumières. Pour Rousseau, l’Homme est bon à l’état de nature, mais se corrompt au contact de la société, source de conflits, de vices....En cela, il s’oppose farouchement à Voltaire qui pense que l’Homme s’améliore au contact de la culture, au sein d’une société.
-Mythe du bon sauvage : Le mythe du bon sauvage apparaît dans la littérature au XVIe siècle et est réactivé par les philosophes du XVIIIe sur des problématiques de modèles socio-politiques pour remplacer la monarchie absolue de droit divin ou de lutte contre l’esclavage ( cf. Montesquieu : De l’esclavage des Nègres et Diderot : Supplément au voyage de Bougainville)
- Tradition de l’Utopie : le projet de société s’établit souvent sur le mode apologétique. La vision de l’Histoire de l’Humanité de Rousseau est quelque peu idyllique et peu scientifique.
Dans le texte entier, (vous n’avez qu’un passage) Rousseau explique comment l’Homme est passé de l’état de nature où il était libre et heureux à la constitution en une société à laquelle il s’est peu à peu conformé, en abandonnant sa vertu naturelle et en se corrompant lentement, mais implacablement. Le dernier stade de cette dégradation fut marqué par l’apparition de la propriété, dernier stade et point de non retour du vice qui explique la société actuelle.
Le texte qui se présente sous la forme d’un récit parabolique comporte trois étapes :
-Du début à « indépendant » : Il s’agit de décrire une société primitive où Rousseau cède à l’exotisme convenu : « habit de peaux, se peindre le corps de diverses couleurs, se parer de plumes et de coquillages ». C’est l’exotisme des grands explorateurs du Nouveau Monde. Remarquons au passage que les populations de chasseurs et de pêcheurs que décrit Rousseau ont inventé la musique : «quelques grossiers instruments de musique ». On sait que Rousseau rejetait les arts (cf. Discours sur les sciences et les arts), en particulier les arts vivants comme le théâtre qu’il trouvait à la limite obscènes. On est donc étonné que la musique trouve grâce à ses yeux, mais cela s’explique sûrement par sa biographie, les années de sa jeunesse à copier des partitions musicales. L’homme primitif est libre parce qu’il ne dépend de personne, il est autonome. Le vocabulaire de la longue première période du texte, reprise par « en un mot » est mélioratif : voir l’accumulation : « libres, sains, bons, et heureux....douceur » ; la récurrence de « quelques » évoque la modestie et la sobriété, ainsi que le rapport direct avec la nature : « peaux, épines, arêtes, plumes, coquillages, pierres ». L’Homme primitif vit dans un environnement généreux, avec lequel il est en communion parfaite.
- De « mais....à moissons » : Le « mais » montre nettement le contraste avec la première partie : L’homme invente la société et la propriété et de là tous les malheurs s’enchaînent logiquement, en propositions juxtaposées : « l’égalité disparut, la propriété s’introduisit, le travail devint nécessaire ». L’avènement de la société est montré comme une déchéance. On pense à l’épisode de la chute dans la Bible (notamment avec la « condamnation au travail). Le vocabulaire devient négatif : « secours, sueur, esclavage, misère ». Remarquez la gradation croissante des termes négatifs. L’environnement perd de sa prodigalité et l’empreinte de l’homme transforme les paysages au grand dam de Rousseau, préromantique, amoureux d’une nature intacte. La nature, elle aussi semble avoir aliéné sa liberté originelle : « vastes forêts vs campagnes riantes, germer vs moissons ». Rousseau joue ici sur les réseaux d’oppositions lexicales et métaphoriques. : « la misère germer et croître avec les moissons »
- Le second paragraphe :
Le progrès est rendu par l’avènement de la « métallurgie et de l’agriculture ». Ces deux termes d’abord présentés positivement dans la première phrase (« grande révolution ») sont repris par Rousseau par deux métonymies « le fer et le blé », peut-être pour les minimiser. Puis c’est le parallélisme : « civilisé les hommes/ perdu le genre humain ». La thèse est claire : la civilisation est la mort de l’Humanité innocente et heureuse. Les exemples argumentatifs qui suivent cette thèse : les « sauvages d’Amérique » « les autres peuples ( les peuples non européens) » tentent de conforter ce que Rousseau sent bien être un paradoxe, qu’il cultive cependant, en donnant raison aux hommes qui ont su rester « sauvages et barbares ».
Dernier point de l’argumentaire, l’Europe se serait « perdue » dans la civilisation plus aisément parce qu’elle possédait des ressources minières et agricoles. Nous ne sommes pas loin de la Théorie des climats, souvent en filigrane dans les textes des Lumières.
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9/5/2008
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Diderot Fiche de lecture Autorité politique
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Diderot Autorité politique
Denis Diderot est peut-être le philosophe qui incarne le mieux le siècle des Lumières : il est le « rédacteur en chef » avec d’Alembert de l’immense projet de l’Encyclopédie qui avait pour objectif de faire la somme de toutes les connaissances humaines. Il est matérialiste (tout est matière y compris ce que les croyants appellent âme) et en ce sens s’interrogera sur les perceptions et la cognition (Lettres sur les Aveugles), ce qui en fait un psychologue avant la lettre. Il dénonce la condition féminine et les abus de la religion dans La Religieuse. Il s’interroge sur l’Art (Le Neveu de Rameau) et propose une esthétique théâtrale nouvelle ainsi qu’une interrogation sur la construction du personnage chez le comédien.
Il sera de tous les combats en matière de politique et luttera comme ses collègues contre l’esclavage, l’idée de culture supérieure justifiant la colonisation.
Le texte Autorité politique est un article de sa main figurant dans l’Encyclopédie.
La première remarque que nous pouvons faire est que l’article que nous avons sous les yeux n’est pas explicatif ou informatif comme le sont les articles des Encyclopédies modernes, mais qu’il est argumentatif.
Chaque paragraphe correspond nettement à un palier de l’argumentation
Premier paragraphe :
L’hypothèse de départ, que l’on retrouvera pratiquement telle quelle dans les premiers articles de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen, est celle de la liberté fondamentale et inaliénable de l’Homme
« Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La liberté est un présent du ciel. »
L’autorité est donc sociale et la liberté est la loi naturelle qui régit toute espèce.
Immédiatement après avoir posé ce postulat initial, Diderot, émet une seule restriction à ce principe : un homme n’est libre que lorsqu’il a la raison. Donc, un enfant jusqu’à 7 ans peut être placé sous la tutelle paternelle. Nous savons que les philosophes des Lumières étaient très préoccupés par les questions d’éducation des enfants, qu’ils prônent la toute puissance de la Raison ; c’est ainsi que Diderot reconnaît pour un temps et dans un but d’apprentissage, de protection et de conquête de l’autonomie l’autorité paternelle. Il ne parle pas d’autorité maternelle (je vous laisse juge de cette omission). La « puissance paternelle » est à la fois « naturelle » (cf. La loi du plus fort) et nous pouvons la considérer comme sociale dans la mesure où elle fait partie intégrante du projet de société bourgeoise chez Diderot ( cf. Le père de famille (théâtre) et le cours d’histoire sur les fondements de la société bourgeoise du XIXe)
Mis à part cette autorité « provisoire » : « mais la puissance paternelle a ses bornes, et dans l’état de nature, elle finirait aussitôt que les enfants seraient en état de se conduire. », il n’est pas d’autre autorité que :
- celle issue de la force
- celle issue du consentement des assujettis.
L’appel à la responsabilité de chacun dans un régime tyrannique est donc claire ; l’enjeu du texte se dessine à partir de cette idée que, pour qu’il y ait aliénation, il faut non seulement une autorité aliénante mais aussi l’acceptation de cette autorité par les opprimés. Il n’est pas difficile de transposer à l’Ancien Régime, à la monarchie absolue de droit divin.
Deuxième paragraphe :
L’argumentation déductive se poursuit. Toute tyrannie, autorité acquise par la violence est illégitime, selon les principes énoncés ci-dessus La tyrannie ne dure donc que le temps qu’elle peut faire régner la violence. Mais dès que les opprimés redeviennent les plus forts, le tyran est renversé par le même principe qu’il a régné : « la loi du plus fort ». Nous sommes face à une loi animale, excluant les lois sociales.
Troisième paragraphe :
L’argumentation déductive se poursuit et cible davantage la société d’Ancien Régime. Reprenant l’idée qu’un tyran ne peut régner longtemps que du fait de l’acceptation de leur aliénation par le peuple, Diderot, en bon logicien, applique son raisonnement au prince ( le Roi) qui n’est autre qu’un tyran que ses sujets, par habitude, par lâcheté ou encore par ignorance laissent régner, laissent exercer sur eux une autorité illégitime. Si le Roi règne au XVIIIe siècle, c’est « du consentement exprès » de ses sujets qui ont oublié qu’il était un tyran auquel ils ont aliéné leur liberté naturelle.
Quatrième paragraphe
Dans la mesure où pour un être humain il ne peut y avoir aliénation de sa liberté, tous ses rapports avec les autres hommes sont le fait de contrats. Pour lier le pouvoir et les sujets, il doit y avoir contrat : des lois ( « usage légitime »), des progrès sociaux pour chacun des contractants ( « utile à la société, avantageux à la république »)
Quand le contrat est désavantageux et qu’il exige le sacrifice total des sujets, alors il est illégitime. Seul Dieu (rappelez-vous que le monarque à l’époque de Diderot est « de droit divin »)peut disposer de la vie d’un Homme, pas un Prince.
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6/5/2008
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descriptif oral Première 2008
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Lycée Philippe Lamour
Nîmes Année 2007-08
Nom de l’élève :
Première ES 1 Descriptif en vue de l’oral du Bac 2008
Séquence 1 Le Roman, La narratologie : Faire naître des émotions
Groupement de textes
Ce premier groupement de textes est destiné à revoir les notions de narratologie et les registres du texte narratif avant d’aborder en lecture intégrale la thématique du Roman et ses Personnages.
A/ Faire pleurer
a/ Fusion fatale
Excipit Les Noces barbares Y. Queffelec
b/Vide de l’absence
Excipit Voyage de Noces P. Modiano
c/Emotion esthétique et musicale
Les Russkoffs . F. Cavanna
B/ Faire rire
L’épopée du buveur d’eau .J. Irving
C/ Faire réfléchir
Les Bienveillantes J. Littell : L’extrait apologétique de la Mort su Juif savant en préparation à la deuxième séquence.
Textes complémentaires
Pour le texte de Cavanna les élèves ont écouté Lili Marleen et Katioucha ; pour le texte de John Irving un travail sur la traduction, ses conséquences sémantiques, syntaxiques et sociologiques a été mené avec le collègue d’Anglais.
N.B.Tous les textes sont sur polycopiés et les fiches de lecture sur le site intranet du Lycée.
Séquence 2 L’argumentation : Les Fables de La Fontaine
Travail sur les différents procédés argumentatifs et révision des notions de prosodie et de métrique. Notions d’explicite et implicite, de discours et de récit, de récit enchâssé. Les notions d’Histoire littéraire : La Querelle des Anciens et des Modernes, la Classicisme, le Baroque.
a/ Le chêne et le Roseau
b/ Le Pouvoir des Fables
c/ L’huître et les Plaideurs
d/ La Mort et le Bûcheron
N.B. Tous les textes sont dans le Manuel, les fiches de lecture sont sur le site du lycée.
Texte complémentaire :
Commentaire littéraire d’un apologue : extrait de Zadig d e Voltaire
Séquence 3 Le Roman et ses personnages, mouvements littéraires et culturels : le Romantisme et le Réalisme .Le Rouge et le Noir Stendhal Entre Romantisme (théâtralité des personnages, solitude et incompréhension) et le Réalisme,(le « miroir » qu’on promène sur le réel), l’œuvre de Stendhal propose une vision de l’homme et du monde à celle des adolescents d’aujourd’hui.
a/ Chapitre IV p.25/27 : entrée en scène du personnage principal, la théâtralité
b/ Chapitre XI p. 72/73 : premiers émois, une exaltation de la passion amoureuse
c/ Chapitre XXX p.223/226 : clôture de la première partie, un départ romanesque
d/ Deuxième Partie Chapitre XIII p.328/329 : l’ambition de Julien Sorel, une vision sombre de l’homme
e/ Deuxième Partie Chapitre XLI p. 482/ 483 : le procès, un texte engagé
N.B.Les références correspondent à l’édition Livre de Poche, les fiches de lecture sont sur le site du Lycée.
Textes complémentaires
- Etude d’un extrait de Bel Ami, le portrait de Madame Walter,
- Dissertation : comparaison entre Julien Sorel et Georges Duroy.
- Commentaire comparé : Lettre de Mme de Rênal et Lettre de rupture de Rodolphe dans Madame Bovary.
- Commentaire littéraire de l’incipit du roman : Le Rouge et le Noir
En rapport avec cette étude :
Visionnage du Téléfilm : Bel Ami de Maupassant
Séquence 4 Théâtre et représentation, Mouvement littéraire et culturel : Classicisme et idées nouvelles, le Libertin matérialiste et rationaliste
Lecture intégrale de Dom Juan Molière
a/ I,1 : la scène d’exposition : Une émancipation du valet annonciatrice des Lumières ou un Valet de Comédie classique ?
b/ I,2 : tirade de l’inconstance : Une réflexion sur la Nature de l’Homme annonçant les Lumières ou une condamnation des passions classique ?
c/ III,2 : la scène du pauvre : Une démonstration d’impiété ou une condamnation de la Noblesse ?
d/ IV,4 : tirade de Dom Louis : La dénonciation de la corruption de l’Ancien Régime ?
e/ V,2 : tirade de l’hypocrisie : Comédie de mœurs ou crise sociale ?
f/ V, 5 et 6 : le dénouement tragique : Une fin tragique ou une victoire de Sganarelle qui a le dernier mot ?
Groupement de textes : Les revendications des Lumières
Voltaire : Traité sur la Tolérance Manuel p.222
Diderot : Autorité politique Manuel p.237
Rousseau : Discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes Manuel p. 245
Textes complémentaires
Voltaire, Candide, » le nègre de Surinam », p.219
Monstesquieu, De l’Esprit des Lois, « De l’esclavages des Nègres ».p.201
En rapport avec cette étude :
Visionnage du film Dom Juan de Bluwal.
Séquence 5 La poésie, Mouvement littéraire et culturel : La Poésie de la Modernité
Lecture intégrale des Fleurs du Mal de Baudelaire
- Spleen, « Quand le ciel bas et lourd... »
-Correspondances
- L’albatros
- L’invitation au voyage
Lectures complémentaires :
La chevelure, La Mort des amants, une Charogne, Dom Juan aux Enfers, La Mort des Amants, A une passante
- Commentaire littéraire : Verlaine,« Ariettes oubliées,V » in Romances sans Paroles.
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6/5/2008
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Molière Dom juan Acte V deux fiches
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Lecture Analytique 5 la tirade de l’hypocrisie.V.1
Cette tirade marque le dernier degré de la déchéance de Don Juan comme nous lefera remarquer Sganarelle : « il ne vous manquait plus que d’être hypocrite ». On sait que Molière détestait l’hypocrisie de son temps et qu’il l’a dénoncée à maintes reprises : voir Tartuffe et les faux dévôts, voir Le Misanthrope.
1/ Un jeu sur les paradoxes : Don Juan critique son époque faites de faux semblants, où les « vices « passent pour vertus , ou vrai et faux s’inversent : » l’hypocrisie est un vice à la mode et tous les vices à la mode passent pour vertus ». Quand on sait qu’étymologiquement l’hypocritès : c’est l’acteur on comprend mieux ces paradoxes et l’enchevêtrement des deux champs lexicaux. - la comédie : « personnage, art, grimaces, grimaciers, manteau.... »
- le monde des courtisans : » imposture, censure, dupes des autres, stratagèmes.... »
Les accessoires de théâtre n’ont pas suffi à mettre à l’abri de la censure Molière, le comédien et le chef de troupe. Mais les accessoires de l’hypocrite lui permettent, eux, d’agir en toute impunité. Il joue la comédie, comme un acteur de théâtre, mais n’a rien à craindre tant le milieu des courtisans est corrompu.
2/ L’hypocrite
Premier avantage : agir à couvert : « on n’ose rien dire contre elle ». L’hypocrisie est personnifiée : « qui, de sa main, ferme le bouche à tout le monde » ;
Deuxième avantage : se faire des amis parmi les « grimaciers » qui, le terme est plus fort et plus péjoratif encore « les singes »,pour mieux « duper » son monde.
Troisième avantage : « rhabiller adroitement les désordres de leur jeunesse ». En filant la métaphore de l’accessoire, Molière montre l’efficacité de l’hypocrisie. : » manteau, bouclier, habit ». Ici Molière fait clairement allusion à tous les courtisans qui ont mené grand train pendant la première partie du règne de Louis XIV et qui maintenant jouent les dévots tout comme leur souverain.
Quatrième avantage : être à « l’abri », et pouvoir en cachette continuer à mener la même vie qu’auparavant. Don Juan n’a pas l’intention de se racheter, mais plus calmement sans subie le moindre reproche.
Cinquième avantage : Critiquer les autres avant qu’ils n’aient le loisir de vous critiquer. : « Je m’érigerai en censeur des actions d’autrui... » Don Juan utilise désormais le futur, se projetant dans un avenir glorieux de juge. Le vocabulaire de la justice et de la Justice divine ( autre effet d’annonce ?) occupe les dernières lignes de la tirade : « jugerai mal, censeur, opinion, pardonnerai, vengeur des intérêts du Ciel, accuserai d’impiété, damneront...Injures, autorité. » Les grimaces de Don Juan parviendront peut-être à dissimuler ses vices auprès des hommes, mais pourra-t-il se faire le « vengeur des intérêts du Ciel » en toute impunité ? L’orgueil et l’art de la rhétorique emportent Don Juan bien trop loin dans cette dernière tirade.
Lecture Analytique 6 du dénouement V, 5 et 6
A/ Un dénouement précipité
Les deux dernières scènes sont très courtes, le dénouement est précipité et baroque. Un Spectre (fantôme de Done Elvire ? ultime chance de grâce divine pour le libertin ?) Une statue qui entraîne Don Juan dans les Enfers : la présence du merveilleux n’est pas classique, elle mobilise une machinerie lourde et peu orthodoxe au XVIIe siècle. Peut-être cette débauche de prodiges et d’invraisemblances montre-t-elle une dernière fois la témérité de Don Juan et son hybris : »Qui ose tenir ces paroles ? Je crois connaître cette voix ». Rationaliste, Don Juan croit encore à une supercherie. »Non, non rien est capable de m’imprimer de la terreur... » Don Juan est un personnage de tragédie, entre terreur et pitié.
« Non, non, il ne sera pas dit, quoiqu’il arrive que je sois capable de me repentir ». Don Juan nie l’évidence ( Quatre occurrences de Non sur trois répliques) et délibérément, il refuse de se repentir. Ce n’est plus le personnage qui doute et qui aime la vie, mais l’audacieux suicidaire qui sort de sa condition de mortel. Les « non » de début du dénouement sont bientôt relayés par le « oui » qu’il donne calmement en même temps que sa main à la statue du commandeur en signe d’acceptation de la mort.
B/ LA STATUE
La statue du Commandeur est l’intercesseur de Dieu. Dans la version de Tirso de Molina, son rôle est plus important, le dîner chez Don Juan a lieu et n’est pas écourté comme il l’est chez Molière, qui, par souci de vraisemblance, ne l’a pas traitée ce qui accélère encore ce dénouement.
C/ SGANARELLE
Sganarelle, qui incarne la conscience de Don Juan essaie encore une fois de raisonner son maître : « Ah ! Monsieur, rendez-vous à tant de preuves, et jetez-vous vite dans le repentir ». En vain. Sganarelle est encore une fois le contrepoint comique de cette scène tragique. Un comique de mots, à propos du Spectre : « ah ! Monsieur c’est un spectre, je le reconnais au marcher. » et dans la réplique finale « ah ! mes gages ! mes gages » rappelant son statut de valet. Sganarelle conclut sans aucune émotion sur le registre de la comédie, comme pour mieux encore brouiller les pistes et se rire du dispositif scénique baroque mis en place...Tout cela n’était que du théâtre : « tout le monde est content. Il n’y a que moi seul de malheureux. »
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6/5/2008
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Voltaire Intolérance fiche lecture
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Fiches de lecture Première ES1 Les Revendications des Lumières Séquence 4 deuxième partie
Voltaire Traité sur la Tolérance
La principale lutte de Voltaire dans le cadre des Lumières ( cf.votre cours d’Histoire) fut un combat incessant contre l’Intolérance : « Ecrasons l’Infâme »était l’adage du philosophe. Pensez à certains chapitres des contes philosophiques où ce sujet ne manque pas d’être abordé, à la harangue de Youssouf Chéribi, dans le « De l’horrible danger de la lecture », ou à la lutte de Voltaire pour la réhabilitation du Calas de l’Affaire du même nom.
La Rhétorique :
Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas l’ironie voltairienne qui domine ici, mais un jeu sur l’énonciation et sur l’opposition des champs lexicaux.
a/ : L’énonciation : Il s’agit d’une Prière, donc d’un discours où c’est l’auteur qui s’exprime et qui s’adresse à un Dieu qu’il tutoie (« c’est à toi...Tu ne nous as point... devant toi »).C’est l’apostrophe à Dieu qui ouvre le texte et c’est le subjonctif qui domine comme il se doit : « que + subjonctif présent, » formule qui scande tout le premier paragraphe, avant d’être reprise au deuxième paragraphe par un « Puisse », forme à la fois plus soutenue, plus solennelle et plus épique du point de vue du registre.
Remarquez aussi les modaux pour montrer l’humilité de l’orant : « s’il est permis...d’oser... »
Les idées philosophiques que traduit cette forme discursive sont simples :
Dieu existe : en effet Voltaire est déiste ou théiste, mais désavoue toutes les religions révélées qui sont sources de combats fratricides (Le XVIIIe est marqué par les luttes entre protestants et catholiques, par l’Inquisition encore vivace dans certains pays européens, par la montée de l’antisémitisme). La formule de Voltaire pour expliquer son déisme est claire : « je ne puis penser que cette horloge [le monde] existe et n’ait point d’horloger [un être suprême]
Dieu est le même pour tous, comme l’indique clairement la gradation ternaire de la première ligne : « Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps ».
Le monde dans lequel nous évoluons n’est ni bon ni mauvais, il nous appartient de le rendre meilleur.
b/ :D’où le jeu des champs lexicaux opposés :
Si Dieu est évoqué avec un vocabulaire mélioratif( « immuable, tout ...»), les hommes sont, tout au long du texte, « rapetissés » progressivement jusqu’à n’être que « poussière » ; au même titre que leur vanité et les valeurs sur lesquelles ils fondent leur vie : « faibles, débiles corps, fardeau d’une vie pénible et passagère... »
L’argumentaire :
C’est à partir de cette énonciation et de ces réseaux d’opposition que l’argumentaire se construit, domaine par domaine, selon le schéma itératif : que + subjonctif... ; (8 occurrences) de la grande période du premier paragraphe
1/que ses erreurs...opposition à faute : (erreur volontaire) l’homme n’est ni bon ni mauvais, il peut faire des fautes mais ne doit pas les refaire.
2/que nous nous aidions....évocation de la faiblesse de l’homme par rapport à l’omnipotence de Dieu
3/que les petites différences... thématique de l’Humanisme vs l’Intolérance
4/que toutes ces petites... : l’Homme n’est rien (atome) par rapport à l’Eternel
5/que ceux...que ceux... qu’il... que ceux...: évocation des rites religieux. Argument (4 occurrences) le plus largement développé dans le texte. Voltaire dénonce surtout ici l’intolérance religieuse et la vanité des richesses matérielles.
C’est encore, au sein de cette organisation lexico-rhétorique, les périphrases et les métonymies, seules traces peut-être ici de la fameuse ironie voltairienne. Citons par exemple : « l’habit rouge ou violet » pour évoquer les cardinaux et les évêques catholiques, « les atomes appelés hommes ».
Le dessin en creux de la société du XVIII et un certain optimisme :
Nous sommes imparfaits (remarquez au passage l’alternance des personnes, troisième et première du pluriel pour renvoyer à l’humanité dans le texte, d’abord « les hommes » puis un « nous » dans lequel Voltaire s’implique en tant que philosophe pratique), nous sommes imparfaits, mais nous nous améliorons depuis que nous nous sommes constitués en société (cf. la querelle sur la nature humaine avec Rousseau)
Nos « langages sont insuffisants » mais ils peuvent permettre de nous comprendre, nos «lois sont imparfaites », et s’opposent aux lois « immuables » de Dieu, mais elles peuvent s’améliorer avec la connaissance. Nous avons « cœurs » et « mains » :l’essentiel est que nous les possédions, et non que nous en fassions mauvais usage quelquefois, car, bientôt, dans la société que Voltaire appelle de tous ses vœux, nous les utiliserons pour nous aimer, nous aider, construire ensemble. : « le fruit du travail, l’industrie paisible et la paix » du deuxième paragraphe.
Dans ce second paragraphe, changement de forme tout en conservant le subjonctif, mode du souhait, et c’est le credo de Voltaire. Horreur de la tyrannie : liberté ; idéal de travail, de commerce et d’industrie, dénonciation de la guerre, c’est en quelques lignes le résumé des combats de Lumières pour l’avènement d’une société où le bonheur sur terre sera enfin possible.
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1/3/2008
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L'huître et les plaideurs La Fontaine
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L’huître et les Plaideurs J. de La Fontaine
Avertissement : Comme tous les apologues, l’étude de cette fable peut aisément suivre la grille de lecture suivante :
1/ Une récit court et plaisant : a. cadre spatio-temporel flou pour donner une valeur universelle au récit.
b. des personnages conceptuels ou iconiques, sans profondeur, qui eux aussi ont une portée générale. Pas d’identification, pas de psychologie, mais une simple caractéristique. D’où l’utilisation fréquente chez La Fontaine de la fable animalière.
c. Un élément perturbateur qui intervient le plus tôt possible dans le récit.
d. Des procédés rhétoriques permettant d’accélérer le récit : ellipse, figures d’atténuation, dialogue, minimum de description.
e. Beaucoup de style direct pour rendre l’apologue plus attractif, plus « oral », puisque les fables sont souvent lues à haute voix (plaisir du conteur et de l’auditeur) et des procédés poétiques rendant le récit accessible au plus grand nombre ( plaire à tous, telle est la volonté des Classiques)
f ; un schéma narratif très élémentaire.
2/ une portée morale :
a. Une morale explicite : un distique ou un quatrain d’alexandrins à la fin ou au début de récit, détaché de celui-ci, et sur le mode discursif, injonctif. Discours moraliste ou du philosophe selon les cas, présenté sous la forme d’aphorismes, faciles à retenir et proches du « bon sens populaire »
b. Ou bien, une morale implicite incluse dans le récit, ou prise en charge par le discours d’une des personnages.
c. L’intérêt de la morale réside dans son caractère polémique et s’attache à dénoncer soit les mœurs du temps, soit la nature de l’Homme, soit des faits historiques.
Suivons donc pas à pas cette grille de lecture pour l’adapter à notre fable :
1/ Un récit court et plaisant : a. un cadre spatio-temporel flou : Le cadre temporel est réduit à sa plus simple expression dans cette fable : « Un jour », tout comme le cadre spatial : « sur le sable ». Nous sommes n’importe où à n’importe quelle époque, pour que la fable, d’emblée, ait cette portée générale qui la caractérise.
b. Les personnages : - Deux pèlerins : désignation ici encore très floue et un tantinet péjorative ( le sens de « pèlerin » quand il n’a pas un sens religieux a déjà ce sens péjoratif de « type, quidam » attesté dans le Furetière, le Dictionnaire de la langue du XVIIe siècle et, rappelez-vous dans la réplique (I,1) de Sganarelle faisant le portrait de son Maître Dom Juan : « si tu connaissais le pèlerin ».
- Perrin Dandin : Emprunt à un personnage de Rabelais, donc d’emblée caricatural. Pensez peut-être aussi à George Dandin de Molière.
- N.B. L’huître ne peut pas être considérée, me semble-t-il, comme un personnage de la fable animalière, elle ne comporte pas de majuscule à l’initiale dans les éditions savantes ; elle ne prend pas la parole, et elle est plutôt l’élément perturbateur du récit.
Aucun portrait physique ou moral n’est fait de ces personnages qui sont avant tout des caractères (au sens des Caractères de La Bruyère, des types humains : deux « pèlerins » stupides et frustes, un Perrin Dandin, qui fait mauvais usage de son charisme (il agit « gravement » pour mieux tromper les pèlerins).
c. L’élément perturbateur apparaît dès le deuxième vers, mis en valeur par le rejet.
d. Tous les procédés rhétoriques de cette fable ont pour but d’accélérer le rythme du récit qui n’a qu’une fonction illustrative de la Morale explicite qui fera l’objet à la suite d’un quatrain d’alexandrins binaires.
- Les présents de narration, qui rendent l’action immédiate, la mettent directement sous les yeux du lecteur : « Rencontrent, l’avalent, la montrent, le pousse.... arrive, prennent, ouvre...»
-les métonymies : « Le flot, le dent, l’œil bon... »
- Les rejets mettant les verbes en début de vers : « Reprit, Dit,.. «
-Les propos des personnages sont transcrits au style direct. v.6 à v.14 puis v.20 à v.22.
- Les ellipses sont nombreuses.Les événements :découverte de l’huître, arrivée de Perrin Dandin, jugement expéditif de Perrin Dandin, se succèdent à un rythme très rapide, sans délais, alors que les débats des deux pèlerins, en comparaison s’éternisent.
- L’utilisation de l’hétérométrie (vers de longueurs différentes) des octosyllabes pour rompre avec les alexandrins et accélérer le rythme narratif.
e. Beaucoup de style direct pour rendre compte des raisonnements fallacieux des deux compères : qui a vu le premier l’huître ? Au « j’ai l’œil bon » (métonymie) répond la litote « je ne l’ai pas mauvais aussi ».Un chiasme interne pour montrer leur confusion au v.6 « En sera[A] le gobeur[B] ; l’autre[B] le verra faire[A] »L’opposition au v.14 entre « voir » et « sentir » : quel le sens, de la vue ou de l’odorat, qui l’emporte sur l’autre ?
Cette diatribe contraste avec l’aspect structuré et solennel de la sentence de Perrin Dandin aux v. 20/21 : deux beaux alexandrins, 2/4// 6 et 3/3//6, rythmes croissants.
- des allitérations servent de support à l’évocation des sentiments des personnages : v.3 Allitération en –L pour rendre l’envie de gober l’huître ;v.5 Allitération en –S pour rendre le crissement du sable ; v.13 Allitération en V pour illustrer le « voir » ; v.17 Allitération en –R : pour faire entendre l’ouverture de l’huître, etc...
- le champ lexical de la gloutonnerie, qui anime les trois personnages et les rend ridicules : « l’avalent, la dent, la proie, le gobeur,la joie, la gruge... » et celui de l’agressivité et de l’égoïsme : « contester, amasser, le pousse, la proie, incident ( au sein de l’oxymore « bel incident » qui montre le contraste entre le problème et les réactions excessives à ce problème).
- contraste encore entre certains termes : « pèlerins/ Messieurs ; Perrin Dandin/ président, Huître / proie. » Ces contrastes mettent en évidence un jugement de valeur sur l’Etre et le Paraître, nous avons affaire à trois individus médiocres qui jouent respectivement aux « Messieurs » et au « président ». Le registre utilisé par La Fontaine est ironique et polémique : il annonce dans le récit où il ridiculise ses personnages la moralité.
f. Un schéma narratif
Situation initiale : deux pèlerins sur un plage (aucun souci de vraisemblance, comme dans l’apologue en général)
Elément perturbateur : Ils trouvent une huître ;
Péripétie et paroxysme : Ils se la disputent sans trouver de solution.
Elément de | |