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3/10/2009 - Diderot Supplément au voyage de Bougainville

Diderot : Supplément au voyage de Bougainville

Le texte s’organise selon trois paragraphes qui correspondent chacun à une phase de l’argumentation :

1er§ : paragraphe narratif rappelant le contexte. Les colons sont sur le départ, les Tahitiens sont tristes de les voir partir. Toutes les caractéristiques de la situation initiale du texte narratif. Les imparfaits de durée et d’habitude( accouraient, serraient...).

L’arrivée du vieillard( premier P.S.) correspond à l’élément perturbateur :  «laissa tomber,  s’avança »

2e§ : Le vieux tahitien s’adresse à son peuple : Le discours est injonctif : « pleurez » et marque donc son autorité. Nous sommes dans une société où le vieillard est écouté. Il commence par faire le blâme de l’attitude des colons qui ont tout fait pour asservir les Tahitiens et leur imposer leur propre mode de vie. Les colons ne manqueront pas de revenir : l’arme à la main. Noter la métonymie « le fer » : pour parler de la guerre. Le vocabulaire du Vieillard est emprunté à la tragédie : « malheureux ». Le ton est solennel (les apostrophes «  O Tahitiens... » Le vieillard incarne le Destin des sociétés primitives au XVIIIe, des futures colonies européennes. La voix du vieillard se veut prophétique et le registre du texte est donc épique.

3°§ : Le vieillard s’adresse alors à Bougainville et à ses hommes : pour faire l’éloge du mode de

vie des Tahitiens (cf. Le mythe du bon sauvage).Termes péjoratifs pour parler des colons ( brigands...) et mélioratifs pour désigner les Tahitiens.

Définition du Bon Sauvage : Il « suit son instinct de la nature » Il est donc « innocent » aux deux sens du terme et « heureux ».

La civilisation n’apporte que le vice :

- l’idée de propriété : (Tout est à tous) est étrangère aux sociétés primitives. Voir à ce propos le Discours sur l’origine de l’inégalité de Rousseau. Le Vieillard prend l’exemple des femmes qui deviennent propriétés d’un homme. L’idée de couple encourage donc la jalousie, la violence et l’inégalité.

- L’homme qui suit son instinct est « libre » : il ne se crée pas de faux besoins et n’a aucune ambition particulière.

Il ne désire pas posséder, donc il n’est pas un conquérant : voilà pourquoi il a accueilli sans se battre les colons. Ce sont les colons qui corrompu par la civilisation, ont revendiqué la propriété de Tahiti.

- A la suite de cette prise de position «  rousseauiste », le vieillard va raisonner par l’Absurde en proposant une inversion des rôles à Bougainville ; que dirait-il si les Tahitiens envahissaient l’Europe et s’en proclamaient les propriétaires ?

-Il va ensuite montrer que l’attitude accueillante des Tahitiens est la preuve d’une véritable civilisation. Les civilisés ne sont donc pas ceux que l’on croit ;

-Enfin, le vieillard démontre, à partir de la ligne 45, que le vrai bonheur et le véritable épanouissement de l’homme se trouve dans l’adaptation à son milieu, dans la satisfaction des vrais besoins et non des besoins factices qui sont l’apanage de la société.

Le discours du vieillard se termine sur une injonction exprimant son désespoir : « Malheur à cette île !... » Le locuteur craint que son intervention soit inutile et qu’il soit déjà trop tard pour convaincre ses compatriotes de revenir à l’état de nature. Le réquisitoire se finit sur une note très sombre qui accentue encore le registre pathétique du texte.


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3/10/2009 - Maupassant Bel ami conq lectures analytiques

Maupassant Bel ami

Cinq Lectures analytiques pour une lecture intégrale de l’oeuvre

1 Premier passage : L’incipit du début jusqu’ à « notre dame de Lorette »

a/ Le cadre spatio-temporel :

Nous sommes à Paris : «  rue Notre-Dame de Lorette. »

- Le 28 juin : obsession de la fin du mois .... ancien sous-officier : nous sommes après les guerres napoléoniennes.

. Dès la première phrase, nous avons le nom du héros : Georges Duroy. Le nom connote la noblesse et le pouvoir et contraste avec la situation financière su personnage.

La représentation de l’espace et du temps : les lieux évoqués peuvent se distribuer selon un double axe symbolique ; les lieux de consommation et de plaisir : «  restaurant , gargote »

- des lieux populaires : gargote, boni, bourgeois

- l’évocation de la fin de la journée ; plaisir des nuits

b/ Le personnage

- il est omniprésent : dans tous les paragraphes du passage

- il est un personnage fier et arrogant : cambra ;frisa ; jeta un regard

Il est comparé par une métaphore à un oiseau de proie : des coups d’éperviers

Nous comprenons que ce prédateur aux abois, va fondre sur ses proies : les femmes ;

Les femmes sont présentes dans tout le passage, elles sont toutes séduites, quel que soit leur statut, par G.Duroy

«  la caissière, Les femmes, trois petites ouvrières, une maîtresse de musique , deux bourgeoises »

c/ L’obsession de l’argent

- des données chiffrées : pièce de cent sous, un franc, vingt centimes, vingt-deux sous, trente

- les personnages calculent ; rendu la monnaie, juste en poche, il lui resterait

- obsession de la conversion de l’argent en plaisir : ‘ ce qui représenterait encore...plus deux bocks

Nous avons un début in medias res, nous sommes plongés dans l’action sans explication préalable des raisons pour lesquelles le personnage se retrouve sans le sou à Paris.

D’emblée , notre horizon d’attente se dessine clairement

- George Duroy = Bel ami = un coureur de jupons qui va profiter de l’argent des femmes puisqu’il n’en a pas

- nous voyons l’ambition qui dévore le personnage : il sera prêt à tout pour sortir de sa condition

Nous sommes à la fois dans le Réalisme et le Naturalisme : Le décor parisien est planté avec justesse. Les campagnes napoléoniennes sont évoquées comme explication de la pauvreté du soldat de retour dans le civil.

 

 

Deuxième extrait : Excipit du roman ; De Georges Duroy reprit le bras de Suzanne...à la fin du texte ;

Confrontation des deux passages pour mettre en évidence la forme en arche du Roman. et sa conclusion ouverte.

Evolution des comportements du personnage

Evolution du public

Evolution du cadre spatio-temporel

1/ Le texte se structure en trois épisodes

a/ La sortie de l’église traitée comme une processions royale, la métaphore filée qui sous-tend tout le passage : Georges reprit...contemplait et l’enviait.

b/ La projection à travers les lieux convoités du pouvoir politique, l’avenir de Duroy : Palais Bourbon

c/ La projection dans l’imaginaire d’une avenir privé plein de plaisir

2/ Le Roi Duroy :

Duroy est le sujet des neuf phrases du passage, c’est lui qui commande ; voir aussi l’onomastique Duroy

Les constructions de phrases le mettent en valeur par répétition du pronom, ou patronyme en fin de phrase : pour lui, pour lui Georges Duroy.

Les verbes évoquent la majesté du personnage : Il allait lentement, Il descendit avec lenteur ;

Les mots qui désignent le public soutiennent ce sens du héros Roi : la foule, le peuple de Paris

3/L’ascension du personnage

Tel un roi Georges ne voit pas ce qui l’entoure : il ne voyait personne, il ne les voyait point.

Le héros ne voit que les lieux prestigieux : La Madeleine, La Concorde, le Palais-Bourbon

Il se prend pour le Roi-Soleil : grande baie ensoleillée, éclatant soleil

Le roman se conclut sur une allusion aux compétences utilisées par le protagoniste pour atteindre de tels sommets : « au sortir du lit ». Maupassant est ironique et rappelle ici la morale du plaisir qui anime tous les personnages du roman.

4/ Une conclusion ouverte

Le roman finit sur :

Une perspective politique

Une perspective amoureuse

Extrait 3 : Une héros médiocre journaliste

De «  Tout à coup, il pense...à cette existence besogneuse. Première partie Chapitre 3

Les débuts de Duroy dans la presse sont peu brillants. Nous le voyons ici dans toute sa médiocrité. De toute évidence ce n’est pas par son talent qu’il réussira.

Maupassant connaît bie , comme beaucoup des écrivains du XIXe siècle, le milieu de la presse qu’il critique. Dimension réaliste du Roman.

1/ Structure du texte :

Deux épisodes ;

le premier évoque la difficulté puis l’incapacité d’écrire ; Les tournures négatives lui servent d’unité et de ressort pour signifier l’échec : «  tout à coup...se leva »

Le second épisode rend visible cet échec : le décor dans lequel le personnage évolue est misérable et fait l’objet d’une description symbolique ; «  sur son petit lit de fer, avec cette existence besogneuse. »

2/ L’incompétence du Héros

a/ Le texte insiste sur le caractère impulsif du personnage, Duroy est incapable de se concentrer sur un travail intellectuel : « tout à coup, il pensa. Et il écrivit ... il s’arrêta net, il ajouta, Puis il jeta, et se leva. »

Les passés simples rendent la soudaineté et l’imprévisibilité du comportement de Duroy.

Les phrases négatives renforcent cette idée d’échec : ne sachant, sans parvenir, il ne trouva plus un mot ;

L’indigence du propos de Duroy est révélée malicieusement par le narrateur : La France épuisée, Alger est une ville toute blanche, Elle est habitée en partie par des Arabes.

Cette incompétence est accentuée par les effets de style qui accompagnent avec ironie les phrases énoncées par le narrateur : jolie cité claire, dégringolant, cascades de maisons.

3/La description symbolique qui conforte l’idée d’échec

-Les objets évoqués sont accompagnés de termes négatifs : petits ; de fer ; de paille, gris

- les adjectifs qualificatifs constituent un champ lexical de la laideur : vides, fatigués, flasques, vilains, suspectes.

- L’impression d’un quotidien sordide : graissés ; bêtes ; gouttes ; bouts de doigts ;écume.

- Trois expressions abstraites qui généralisent le regard négatif du personnage sur sa vie : la misère honteuse ; la pauvreté de sa vie : cette existence besogneuse.

 

 

Quatrième Extrait : Le portrait de Mme Walter

Deuxième partie Chapitre 5 de «  Elle se montrait tout autre....à de pensionnaire dépravée »

Mme Walter incarne dans le roman la figure satirique de la passion amoureuse. Le thème romantique par excellence est tourné en dérisions et complètement dévalorisé.

Tout est ici péjoratif : l’image de la femme, la représentation de l’amour. Le passage se construit autour d’un vocabulaire dépréciatif et d’images péjoratives ;

Structure du passage : Deux parties

- le portrait d’une maîtresse maladroite

- une représentation dégradée de l’amour

1/ Une image négative de la femme

Le choix d’une métaphore filée associant la femme aux saisons : automne pâle, printemps fané ; petites fleurs mal sorties ; bourgeons avortés.

Une insistance réaliste sur l’âge de Mme Walter ; ridicules à son âge, quarantaine,, amour tardif, grâces vieillies...

Un réseau lexical du grotesque et du clownesque : ridicules, niaisement folles, risibles ; grotesques

Une représentation du corps peu appétissante : grosse gamine ; poitrine trop pesante.

Une opposition très nette entre un passé de privation et un présent baroque et puéril : strictement, vierge, fermée, ignorantes, puériles, fillette, pensionnaire, enfantine.

Maupassant dénonce la condition féminine au XIXe siècle.

2/ Une représentation de l’amour dégradée :

- la mièvrerie remplace la passion amoureuse : cajoleries, grâces, sauteries, petite comédie de pudeur

- une sexualité non aboutie et sans effet : gentillesses lourdes, sauteries, moues de lèvres, jeux de pensionnaires.

- un vocabulaire amoureux ridicule : Mon rat, mon chien, mon chat, mon oiseau bleu, mon bijou, mon trésor ;

3/ Un décalage entre les deux amants :

A : Une femme éperdue d’amour : elle écrivait des lettres, elle l’embrassait

B : Un homme fatigué : tout autre qu’il ne l’avait rêvée, il était surtout écoeuré.. 

Les pronoms Elle et Il sont très distincts et reflète la séparation des deux personnages.

L’hypocrisie et l’arrivisme de Duroy apparaît dans ce passage dans toute sa cruauté.

 

 

Cinquième extrait :Le duel , un Duroy très peureux Première Partie chapitre 7

De : La voiture fut bientôt ....à d’un liseré de glace »

Dans ce passage, Duroy se trouve encore en difficulté, il a peur... C’est un anti-héros, peu romantique.

Trois épisodes :

- une description explicative de la nature, sorte d’anticipation de la mort

- un dialogue, où Duroy apparaît comme un poltron

- une évocation du chemin parcouru, avec le thème du labyrinthe.

A/ La représentation de la nature

a/ Une nature réprésentée comme intemporelle et indifférente par l’emploi du présent : est, semblent, sonne, porte, paraît, passe échauffent, par opposition à fut, était, répondit...

La nature fait l’objet d’une personnification ;

Le thème du froid qui appelle celui de la mort : cristal, givre, glace, miroirs, gelée ;

L’hostilité du décor dans lequel Duroy se sent perdu : Soleil...froid ; des rayons qui ne chauffent rien ; rudes matinées ; nature cassante

B/ L’annulation de la figure héroïque :

Le temps est suspendu : il est neuf heures environ, alors...

La parole est inégalement distribuée :

Rival, le bien nommé, ne tarit pas : j’ai pris les pistolets, cachetée, recommandations minutieuses.

Duroy lui parle mécaniquement : il insistait, plusieurs fois, répondit machinalement

Tout un paragraphe sur la répétition qui montre la peur de Duroy : se répétait machinalement

C/ Le labyrinthe final :

L’espace est menaçant : sous un bois, route à ornières...*

Le thème du froid et de la mort : feuilles mortes, liseré de glace

Le déplacement de la voiture correspond à celui qu’elle ferait dans un labyrinthe : tourna à droite, puis encore à droite, par ce petit chemin. Entre deux taillis.

 

 

 

 


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