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9/5/2008 - Rousseau Discours sur l'origine de l'inégalité

Rousseau Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes

 

 Les notions-clés pour comprendre me texte

-Nature de l’Homme : La nature de l’homme est un problème essentiel de la problématique des Lumières. Pour Rousseau, l’Homme est bon à l’état de nature, mais se corrompt au contact de la société, source de conflits, de vices....En cela, il s’oppose farouchement à Voltaire qui pense que l’Homme s’améliore au contact de la culture, au sein d’une société.

 

-Mythe du bon sauvage : Le mythe du bon sauvage apparaît dans la littérature au XVIe siècle et est réactivé par les philosophes du XVIIIe sur des problématiques de modèles socio-politiques pour remplacer la monarchie absolue de droit divin ou de lutte contre l’esclavage ( cf. Montesquieu : De l’esclavage des Nègres et Diderot : Supplément au voyage de Bougainville)

 

- Tradition de l’Utopie : le projet de société s’établit souvent sur le mode apologétique. La vision de l’Histoire de l’Humanité de Rousseau est quelque peu idyllique et peu scientifique.

 

Dans le texte entier, (vous n’avez qu’un passage) Rousseau explique comment l’Homme est passé de l’état de nature où il était libre et heureux à la constitution en une société à laquelle il s’est peu à peu conformé, en abandonnant sa vertu naturelle et en se corrompant lentement,  mais implacablement. Le dernier stade de cette dégradation fut marqué par l’apparition de la propriété, dernier stade et point de non retour du vice qui explique la société actuelle.

 

Le texte qui se présente sous la forme d’un récit parabolique comporte trois étapes :

 

-Du début à « indépendant » : Il s’agit de décrire une société primitive où Rousseau cède à l’exotisme convenu : «  habit de peaux, se peindre le corps de diverses couleurs, se parer de plumes et de coquillages ». C’est l’exotisme des grands explorateurs du Nouveau Monde. Remarquons au passage que les populations de chasseurs et de pêcheurs que décrit Rousseau ont inventé la musique : «quelques grossiers instruments de musique ». On sait que Rousseau rejetait les arts (cf. Discours sur les sciences et les arts), en particulier les arts vivants comme le théâtre qu’il trouvait à la limite obscènes. On est donc étonné que la musique trouve grâce à ses yeux, mais cela s’explique sûrement par sa biographie, les années de sa jeunesse à copier des partitions musicales. L’homme primitif est libre parce qu’il ne dépend de personne, il est autonome. Le vocabulaire de la longue première période du texte, reprise par «  en un mot » est mélioratif : voir l’accumulation : « libres, sains, bons, et heureux....douceur » ; la récurrence de « quelques » évoque la modestie et la sobriété, ainsi que le rapport direct avec la nature : « peaux, épines, arêtes, plumes, coquillages, pierres ». L’Homme primitif vit dans un environnement généreux, avec lequel il est en communion parfaite.

 

- De « mais....à moissons » : Le « mais » montre nettement le contraste avec la première partie : L’homme invente la société et la propriété et de là tous les malheurs s’enchaînent logiquement, en propositions juxtaposées : «  l’égalité disparut, la propriété s’introduisit, le travail devint nécessaire ». L’avènement de la société est montré comme une déchéance. On pense à l’épisode de la chute dans la Bible (notamment avec la « condamnation au travail). Le vocabulaire devient négatif : « secours, sueur, esclavage, misère ». Remarquez la gradation croissante des termes négatifs. L’environnement perd de sa prodigalité et l’empreinte de l’homme transforme les paysages au grand dam de Rousseau, préromantique, amoureux d’une nature intacte. La nature, elle aussi semble avoir aliéné sa liberté originelle : « vastes forêts vs campagnes riantes, germer vs moissons ». Rousseau joue ici sur les réseaux d’oppositions lexicales et métaphoriques. : «  la misère germer et croître avec les moissons »

 

- Le second paragraphe :

Le progrès est rendu par l’avènement de la « métallurgie et de l’agriculture ». Ces deux termes d’abord présentés positivement dans la première phrase («  grande révolution ») sont repris par Rousseau par deux métonymies «  le fer et le blé », peut-être pour les minimiser. Puis c’est le parallélisme : « civilisé les hommes/ perdu le genre humain ». La thèse est claire : la civilisation est la mort de l’Humanité innocente et heureuse. Les exemples argumentatifs qui suivent cette thèse : les « sauvages d’Amérique » «  les autres peuples ( les peuples non européens) » tentent de conforter ce que Rousseau sent bien être un paradoxe, qu’il cultive cependant, en donnant raison aux hommes qui ont su rester «  sauvages et barbares ».

 Dernier point de l’argumentaire, l’Europe se serait « perdue » dans la civilisation plus aisément parce qu’elle possédait des ressources minières et agricoles. Nous ne sommes pas loin de la Théorie des climats, souvent en filigrane dans les textes des Lumières.

 

 

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