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PELERINAGE CANTERBURY ROME JERUSALEM

• 25/6/2008 - La Syrie (2) Suite et fin.

 

.......

" Ce soir à Ebla, si vous ne savez pas où dormir, appelez-moi. Je viendrai vous chercher ".

Ce qui fut fait ! Et donna l'occasion d'une soirée délicieuse chez les parents où frères et sœurs se sont donné rendez-vous pour saluer la bénédiction de Allah. Photo de famille. Quand ils sont tous réunis, ils ne doivent pas être loin de la centaine.

Au matin, le monsieur me propose d'aller jusqu'à son école. Au Directeur et aux professeurs, il raconte, raconte…

La professeur de français a ceci de délicieux : " il faut nous excuser de toutes nos questions. Mais, nous avons rarement des touristes, ou plutôt des étrangers, dans notre ville ".

Je la rassure et la complimente sur son élocution. Toute frêle et délicate, la jeune femme me répond, confuse : "je ne suis jamais allée en France. J'ai étudié dans une école privée, pas à l'université. J'écoute Radio Monte Carlo international; la télévision, je n'ai pas le temps; j'ai une famille ".

" Bravo Madame, vous faites vraiment mon admiration ".

 

C/ VERS MA'ARET AL NOMAN.

La route serpente et se faufile entre quelques hameaux. Le paysage d'ocre est parfois cassé d'un log bâtiment écru. "Un élevage de poules", me précise t-on.

Lorsque je reprends la nationale, tout semble soigneusement dissimulé. Un rideau de cyprès fait barrage à l'horizon, mais surtout au vent. Quelques trouées et j'aperçois l'une ou l'autre des fermes. L'étape est courte car j'ai quitté l'école un peu tard.

La famille d'un Imam, en poste près de la frontière irakienne m'accueille vers 17h30. C'est un monsieur – en allemand – qui lui téléphone depuis le petit magasin où je faisais le ravitaillement. Il me  passe le combiné : "I wait for you. It's next door" (je vous attends, c'est juste à côté).

A peine assise près du poêle, à terre, comme toujours, on me sert un plantureux goûter. Deux heures plus tard, on recommence avec le dîner. Il y a là l'aïeule, une dame âgée qui contemple avec ravissement ses petits enfants, les dorlote tour à tour. C'est qu'ils sont nombreux, vivants, joyeux et petits. Ils filent entre les jambes des uns, les jupes des autres. Il y a des jumeaux de 3 ans qui semblent ne pouvoir partager leur mère (garçon et fille).

La jeune maman vit chez sa belle-mère 3 jours par semaine. Quand son époux revient de la frontière, elle regagne ses pénates. Ses sœurs, dans de grands voiles noirs, nous rendent visite avec les enfants. Puis comme une nuée s'échappe, chacun rentre chez soi. Le soir peut reprendre place et baigner de sa béatitude… sous le regard attendri de la grand-mère qui nous précèdera dans le sommeil. Calée dans ses nombreux coussins et sa fatigue, elle n'a pas eu le temps de sentir ses paupières tomber.

Le musée de la ville a pris place dans le plus grand caravansérail de Syrie, bâti au XVI ème; il propose les plus belles mosaïques du pays. J'irai les admirer.

Juste après avoir pris congé de mon hôtesse, les yeux chargés de douceur, elle a osé : " écris-moi pour me dire que tu es devenue musulmane, c'est la plus belle des religions ". " Inch Allah ", ai-je répondu et en anglais : " Dieu seul le sait ".

Quand elle a ajouté : " je prie pour cela ", je n'ai pu que sourire.

 

D/ AU MILIEU DE NULLE PART.

Parce que j'ai un peu, beaucoup même, traîné dans le musée, le soir je me fais piéger comme une novice. En haut d'une côte, des bâtiments horticoles : "Y a-t-il un hôtel dans le secteur ? " – " Non, bien sûr, seulement à Hama ( 40 km). Le pépiniériste n'hésite pas une seconde : " Tu peux dormir ici ". " Dans les serres ? " – " Non, à la maison, avec ma famille ".

A ce moment là, une flopée d'enfants s'adjugent le trolley et m'ouvrent tout grand leur maison. Dix minutes à peine plus tard, on me met dans les bras la dernière née. 2 mois, l'enfant de l'une des filles mariée. L'un des aînés, une vingtaine d'années, travaille apparemment avec son père. Il va se disputer la traduction de nos échanges avec son plus jeune frère, 14 ans. Considérant le peu de temps passé à l'école, tous ces enfants font mon admiration et ma tristesse en même temps. Leur intelligence n'est pas "utilisée". Le jeune garçon qui a décidé de ne plus aller en classe une fois les 7 années obligatoires écoulées, a mis sa main dans la mienne : " Regarde, touche, elle est toute dure. Ma peau est dure. Quand on ne travaille pas comme mes frères et sœurs, on a la peau douce ". Il était triste. Ses mains ont grandi et forci plus vite que lui. Quand je vois des troupeaux, je l'imagine en train de traire et de porter des seaux de lait, en train de nettoyer les étables…. Son dos aussi est déjà fragilisé.

Au petit matin, c'est lui qui me prépare le café (jour de l'an musulman, jour chômé) et qui, tout seul traduira mes remerciements à sa maman. Si vous aviez pu voir ses yeux brillants de fierté lorsque j'assurai que son frère aîné que nous nous étions très bien compris. Le compliment valait tous les cadeaux du monde car – j'avais noté cela – il est considéré comme le moins intelligent de la famille. Certainement parce qu'il ne va plus –déjà – à l'école. Avant de partir, je lui ai suggéré de lire " car intelligent tu l'es. N'écoute pas tes frères. Et ne vous disputez pas. Tu te souviens, je marche pour la Paix ".

Avec sa maman, dont les mains ne voulaient pas lâcher les miennes, il sera là, au portail. Dans le froid qui disait neige… Jusqu'à ce que je disparaisse dans le demi brouillard givrant.

" Dis, est-ce que tu reviendras ? " Je n'ai pas su quoi répondre.

 

E/ HAMA

Les quarante kilomètres qui me mènent jusqu'à Hama sont d'un plat presque lamentable. Ma cadence est vive. Le froid me pousse. En milieu de matinée, la neige, d'abord légère, virevolte. Puis elle va s'épaissir, glissant sur ma cape. A la mi-journée, bien qu'elle tombe drue, une magnifique voiture ralentit, s'arrête, fait marche arrière. Un père et ses deux fils en sortent : " Vous permettez que je prenne une photo ? D'où venez-vous ? Pourquoi ? " – Au mot "Paix", ses yeux s'humidifient : "Inch Allah. Merci. Bonne chance Au revoir ".

Il y a des jours comme ça où c'est bizarre ! Il fait froid, il neige. Il a pris sa photo, il est reparti…C'est fête aujourd'hui…

A l'église orthodoxe, on m'indique que l'école des Sœurs pourrait bien m'héberger. Les trois petites sœurs sont en congé scolaire. Elles vont me faire une petite place dans leur soirée déjà bien engagée.

" Mangez, mangez, il faut reprendre des forces. On n'a pas vu un hiver aussi froid depuis des années…" Elles sont toutes trois syriennes et parlent un français impeccable. Elles me chouchoutent jusqu'à mon départ : " prenez, prenez, vous en avez besoin ". Elles ont reçu une autre pèlerine il y a un peu plus d'un an et…comme par hasard, son nom est dans mon calepin.

" Prenez soin de vous ", insistent mes trois petits anges. " On prie pour vous ". Et moi d'ajouter : " avec vous ".

Devant la petite mosquée presque contiguë au couvent, en basalte de Hama et ancienne église, je croise un Syrien. Il m'aborde en espagnol. Je lui réponds en italien. Du coup, il me fait visiter les bâtiments….sans droit d'entrée… C'est le fils de l'Imam. Il voudrait aller en Italie pour y travailler ou retourner en Espagne d'où il revient à peine. Tout à coup, il m'interroge : " et la France ? la vie est bon ? ". J'ai plutôt eu le sentiment qu'il cherche à échapper à une situation. Echange d'emails. Bonne chance.

Je ressors de la ville par les jardins où de gigantesques "noria"(roues dentées en bois comparables à celles des moulins) puisent l'eau de l'Oronte pour irriguer les cultures. Au nombre de 17, construites par les Ayyoubides, elles ne fonctionnent que l'été. Je n'entendrai donc pas le gémissement des mécanismes réputé étrange.

Après que ma route eut culbuté de l'autre côté d'un mamelon, vers Homs, je recroiserai l'un des méandres du fleuve. Le même que j'ai photographié deux jours avant de quitter la Turquie. Il coule "à contresens" d'où son nom (désobéissant). Il se décline selon le terrain : tantôt abondé par un lac (à mi-chemin de Homs et Hama), tantôt mélancolique et asséché au creux des vallées. Dans le Al Ghàb, au pied du Jabal an Nusayriyar, il se disperse, comme une classe disspée, offrant ses eaux pour de généreuses cultures.

 

F/ HOMS

La ville industrielle – l'une des principales de Syrie – s'annonce largement avant : une vingtaine de kilomètres chargés d'entreprises. C'est un "nœud" routier d'où s'enfonce vers les vallées de longs rubans d'asphalte. Au loin, je surprends bien quelques dérapages d'altitude et quelques villages logés dans ses replis, mais rien de bien inquiétant pour mes rotules !

A la tombée de la nuit, c'est le branle-bas de combat. Autobus, microbus, taxis s'enverraient bien quelques pichenettes. Les piétons, confiants, traversent sous leur nez. Je me demande encore si les freins sont bons, si les chauffeurs sont très expérimentés ou si c'est Allah le parfait qui leur évite les accidents. Il faut être d'ici pour ne pas avoir peur.

Seule note de douceur dans ce brouhaha : la mosquée Al Nuri illuminée de vert. Si les prêtres du temple antique, sur lequel elle a été bâtie au XIIème siècle revenaient….

Dans le quartier chrétien, je déniche deux jeunes gens qui, de l'église syriaque qu'ils font ouvrir, vont m'emmener faire un petit tour dans la vieille ville. A commencer par l'église Al Zunnar qui conserve en relique une partie de la ceinture de la Vierge Marie.

"Flash back". St Thomas se trouve à prêcher en Inde au moment où Marie est montée au ciel. Il lui demande alors un signe pour montrer à ses disciples qu'il en est bien ainsi. La vierge lui confie sa ceinture qui sera conservée avec les reliques du saint après la mort de celui-ci. Ramenés ensemble à Urfa au IVème siècle. Au siècle suivant, la ceinture est déposée à l'église Ste Marie de Homs. Depuis, on l'appelle : Al Zenar ou Om Alzenar. En des temps obscurs, elle est mise à l'abri à l'intérieur de l'autel, protégée par un pot en métal. En 1852, la rénovation de l'église est entreprise et la ceinture retrouvée. Remise en place, elle est de nouveau oubliée pendant un siècle.

En 1953, le patriarche effectue une recherche de sermons anciens écrits en, Gershuni (arabe écrit en alphabet syriaque). Il découvre alors une lettre mentionnant ces faits, vérifiés exacts après l'examen de l'autel.

De nouveau, depuis, la ceinture est exposée à la dévotion des fidèles.

 

G/ QUELQUE PART (EN ARRIÈRE).

De l'autre côté de Homs, un gardien d'entreprise m'emmène sur sa moto, par un froid de canard; durant 10 km, on va rouler à contresens de la chaussée (à double voie tout de même).

" Il n'y a que cette solution. Homs à 25 km, Damas à 140 km. Pas d'hôtel ailleurs. Je vous emmène chez moi, si vous voulez ".

J'abandonne donc mon trolley à la surveillance de ses collègues.

Un kilomètre devant nous, quelques lumières paraissent s'être échappées d'une grande ville.

" On est arrivé. Vous voyez là bas, c'est la croix de mon église; ici il n'y a que des chrétiens ".

Je suis complètement congelée. Je n'avais pas pris le temps de rajouter un pull. Je suis partie avec ma seule cape Kway.

Il m'explique : " on est tout contre la frontière libanaise ". J'avais hésité à prendre cette route la veille. Et c'est souvent comme ça.

Le fils aîné rêve d'aller en France ou aux Etats-Unis où il s'imagine qu'il n'est pas indispensable de parler la langue pour travailler. Le papa porte le sulouk (le foulard des hommes) surmonté de l'agul (rond noir en soie) et le Galabie (tunique noire). Il parle français et se remémore le temps où la France lui aviat proposé un passeport. Syrien il était, syrien, il restait.

Après une collation, nous allons nous adonner à une " ma'até party " tandis que les messieurs fumeront le narguilé.

Le ma'até consiste à boire une préparation sucrée faite d'herbe et d'eau très chaude, à travers une toute petite cuillère filtre. Quand le verre tasse est vidé de son eau, on en rajoute et on passe au suivant.

Le narguilé, tout le monde connaît. Ces sortes de pipes, au bout d'un long serpentin, rattachées à un très joli vase. Des senteurs incomparables en émanent. Je me suis contentée de photographier la fumée qui sort en rondelle de la bouche des fumeurs.

Le lendemain, je serai reconduite au même endroit. Non sans avoir rendu visite à la maman malade, et être passée, comme une bénédiction encore, dans la maison des voisins.

 

H/ 120 km AVANT DAMAS.

" A la prochaine petite ville, arrête-toi. Frappe à une porte. Tu verras, on te recevra sans souci ".

Le conseil était donné mais je n'ai pas eu besoin d'appliquer la consigne.

Un professeur d'anglais ( qui l'eut cru, il était là à transporter du gravier dans un gros camion tout poussiéreux ) m'interpelle : " voulez-vous de l'aide, je suis professeur ? "

Je suis prise au dépourvu et ma séance photo interrompue : il y a là des moutons et un berger à cheval que je ne veux pas louper.

" C'est-à-dire que je vais chercher un hôtel ".

" Ici, il n'y a rien, mais si vous voulez venir chez moi ".

Prudente, je questionne à mon tour (femme, enfants, famille, loin…)

" Oui, bien sûr, j'ai une famille . 2 femmes et 2 enfants ".

Il m'explique où il habite.

La pharmacienne me le confirme : " ce monsieur est sérieux et un bon musulman ". Et elle lui téléphone.

C'est que, quelques jours auparavant, certains de ces messieurs étaient un peu "collants – dirons-nous – ou entreprenants au point que je m'étais demandé ce qui "clochait" dans mon comportement. Depuis, j'ai adopté une neutralité totale lorsque je suis abordée.

Le monsieur envoie son neveu me récupérer à la pharmacie et me présente une partie de sa famille : deux de ses sœurs et quelques uns de leurs enfants.

Les prénoms chez les cousins sont les mêmes parce que issus du même grand-père dont on donne le nom au premier né.

Dans la soirée, nous aurons une discussion sur la Trinité. Comment expliquer à un musulman que nous n'avons pas 3 dieux ? Et que Isa (Jésus) n'est pas un prophète pas plus que Mahomet. Le premier est venu accomplir les Écritures . Le second n'a rien annoncé de nouveau à l'humanité.

Puis il me demandera si, en France, il y aurait un remède pour soigner la maladie d'une de ses nièces. J'ai cru déceler un psoriasis.

Enfin, le sujet crucial pour lui et sa première épouse est abordé : "nous avons consulté les médecins les plus éminents parce qu'elle n'avait pas d'enfants. Raison pour laquelle j'ai pris une deuxième femme. Est-ce qu'en France on pourrait faire quelque chose ? Ici, ils ont fini par dire que c'était un blocage psychologique ".

Je sens bien son regret, à lui… et je ressens sa tristesse, à elle. A son intention, j'ai écrit un petit mot avant de les quitter, le priant de le lui traduire. J'espère lui avoir un peu pansé sa douleur.

Le professeur est aussi en période d'examens. Il reviendra entre deux épreuves pour prendre le petit déjeuner avec nous. Je n'ai plus le même homme en face de moi. Complet veston, cravate et cartable sous le bras, il y a un grand décalage avec l'image de la veille.

Au moment de lever le camp, sa sœur et voisine vient me chercher: " viens voir la maison de nos parents. Elle est très ancienne. Puis, elle m'ouvre les portes de la sienne. L'espace d'un regard suffit à ce qu'elle soit bénie de Allah, puisqu'une Hadji en a franchi le seuil.

 

 

LA CHRÉTIENTÉ EXPRIMÉE

 

A/ LES PERLES DU DÉSERT.

KARA et MARMUSA

Deux monastères – CARAVANES.

Je suis amenée dans le premier par l'imam qui m'a accueillie chez lui la veille. Les scénarios se répètent. Nombreux enfants, curiosité de mon voyage et de mes motivations.

" Il y a la même chose qu'à Maaloula, à 3 km d'ici ".

Je veux m'y rendre dès mon réveil mais femme et fille ont jugé qu'il était trop tôt et qu'il faisait trop froid pour laisser un Hadji repartir. Elles me font patienter avec du café. Puis l'imam décide de m'y emmener.

Le couvent de St Jacques le mutilé repose au pied des montagnes du désert. Cette ancienne forteresse a abrité autrefois une communauté de moines très importante, décimée aux temps obscurs de la chasse aux chrétiens. Deux religieuses, depuis près de 2 décennies se sont attelées à sa restauration. L'église renferme les plus belles peintures – fresques du XIIème siècle. Par ailleurs, et peut-être principalement, elles se sont donné comme mission spirituelle la reconstruction des âmes déglinguées par la vie. " Les résidents" ainsi dénommés vivent leurs temps forts que sont la prière et le travail sans l'engagement monastique. Enfin, le travail de et sur l'icône étant leur spécialité, de nombreuses œuvres leur sont confiées. Et ceux qui veulent se perfectionner peuvent séjourner.

Je suis arrivée ici par hasard et avec un musulman qui m'avait pourtant, les larmes aux yeux, dit : " l'Islam, c'est une belle religion ".

Je quitte la communauté de l'ordre de l'unité d'Antioche avec le frère qui accède au diaconat la semaine suivante. Nous marchons ensemble, c'est symbolique mais pas innocent : comme pour achever notre conversation, physiquement. Il était musulman.

" As-tu encore des questions Anne-Marie ? " pensai-je.

Quand j'arrive à AN NABK (Nebek), une vingtaine de km au Sud de Qâra, les avis divergent quant à la distance restnt à parcourir avant d'atteindre le monastère. Un chauffeur de taxi m'annonce 3 km, un autre 10, un commerçant 30. L'abbé qui pourrait me renseigner est à Homs. Qu'à cela ne tienne.

Dans le dernier virage, il se dévoile, perché et agrippé à la falaise. On se demande pourquoi les moines qui l'ont bâti ont tant aimé la difficulté et la voltige !

Le Supérieur des lieux ne fait pas moins simple puisqu'il met la dernière main à un édifice tout aussi échancré par les strates de la montagne. Panorama à vous couper le souffle. Méditant, attention de ne pas monter en lévitation. La chute pourrait vous être fatale.

La Communauté est absente – pour cause de fête de Saint Antoine du Désert. Mais le soir aura lieu la célébration eucharistique dans la rusticité de celle que le Seigneur a dû faire vivre à ses apôtres. La petite église s'y prête bien. Bois et pierres, coussins et tapis, fresques anciennes. Le monastère accueille groupes ou solitaires en mal de réflexion ou d'exercices spirituels. Nul doute qu'en un lieu tout aride de nuisance coule une source de bonheur. Ah ! si les pierres du long escalier qui nous ramène sur le plancher des vaches pouvaient nous conter les pieds légers et allègres.

 

B/ DES TEMOINS VIVANTS, VIVANT DU CHRIST.

MA'ALOULA ET SAYDANAYA.

Deux miracles permanents depuis deux mille ans, sur les contreforts du Jibal Lubnan Ash Sharqiyeh. Le Liban, c'est juste de l'autre côté. En redescendant de Qara, vers Nabek, j'en ai deviné les sommets enneigés. En m'en rapprochant, le djebel me paraît vivant : cultures de fruitiers, oliviers, vigne…

Je discerne à peine quelques villages terrés dans ses failles : ils ont annoncés des kilomètres auparavant par des "portes" en forme d'arche ou de pont, métallique le plus souvent. La route vous y emmène après être passé dessous ou avoir franchi un torrent à sec.

 

Ma'aloula se cache, quant à elle, vers le mont Qalamoun, à 7 km de l'axe principal et après un terrible "S", dernière exigence du massif qui se laisse enfin toiser.

Les maisons cubes, d'abord sagement alignées par étage tout au long de la rivière, se retrouvent soudain collées contre la falaise comme si une tornade montée de l'Est du désert s'était cognée le nez avant tout ce qu'elle avait rapiné sur son passage.

A une soixantaine de km de Damas, au Nord, l'on aborde un des hauts lieux de pèlerinage chrétien, après la ville de David. Depuis les premiers temps de l'église, caves et grottes ont abrité ceux qui étaient persécutés à cause de leur foi. De nombreux saints y ont vécu en ascète, en apôtre : le prophète Élie, Saints Barbara, Lamandios, Georges, Thomas, Saba. Ce qui contribua à faire de la localité un centre religieux si conséquent qu'il fut siège épiscopal du IVème au VIIIème siècle notamment.

- Le couvent de St Thècle (Martakla). D'obédience grecque orthodoxe, il s'est chargé d'un orphelinat. Les religieuses m'ont fait la grâce d'y loger. J'apprends alors que la Sainte, une très belle jeune fille, très courtisée aussi, ayant entendu le discours de Saint Paul, décida de se consacre à Dieu et à la proclamation de son évangile.

Ce n'était héla ni du goût ni dans les projets de son père, gouverneur. Après avoir châtié l'apôtre et l'avoir jeté hors d'Iconie (Grèce/Asie mineure), il n'eut de cesse de persécuter sa propre fille. Cependant, le Dieu de Paul veillait. Ni brasiers, ni bêtes féroces ou serpents, ni brûlures ne lui furent fatales. Quand il ordonna de lui couper la tête, elle se réfugia chez un gouverneur voisin. En entendant son histoire, il se convertit et la laissa libre. Elle se rendit en Syrie en passant par Antioche, prêchant et accomplissant des miracles. Lorsqu'elle arriva devant le massif de Kalamone, toujours poursuivie par son père et fatiguée, elle supplia Dieu de l'aider encore une fois. Alors, dans un bruit effroyable, la montagne se sépara en deux, lui livrant passage.

Nommé depuis Alfajj Martakla (défilé de Saint Thècle).

Protégée dans et par sa grotte, elle y vécut jusqu'à la fin du Ier siècle, de jeûne et de prières.

Parce qu'elle prêcha et baptisa comme eux, on lui attribua le titre d'apôtre, d'où, en araméen, le "MAR" (Saint) au masculin. Persécutée pour sa Foi, elle est considérée comme la 1ère martyre. Elle fut ensevelie dans sa grotte. Un petit oratoire fut bâti plus tard par les pèlerins du IIIème siècle, abritant reliques et source dite miraculeuse.

- Le couvent Saint Serge (Mar Sarkis). La falaise, au Sud, est taillée nette en esplanade. Le plus ancien des sanctuaires de Ma'aloula avait été érigé au IVème siècle, à l'emplacement de la tombe du Saint martyr : une porte d'entrée particulièrement basse, retient les assaillants trop pressés ! Une cour intérieure bordée d'arcades, comme un cloître précède l'église où de très belles icônes du XIIIème et XIVème siècle (dont celles de Michel de Crête) sont livrées à l'admiration des visiteurs ou la piété des fidèles. Le maître autel pourrait avoir été  une table de sacrifices païens, si l'on en croît la forme semi-circulaire, la rigole qui en fait le tour et un orifice propre à l'écoulement.

"Deux pèlerins jeunes mariés vous ont précédée" me confie le Père supérieur.

"Les mêmes qu'à Qara", répondis-je.

"Le couvent dispose d'une ferme dont les produits laitiers sont très prisés" m'a précisé une jeune femme lorsque je m'interrogeais sur al provenance et l'objet du fromage qu'elle était en train d'égoutter.

La guide du couvent, à l'issue de la visite commentée, prie le "Notre père" en araméen, la langue du Christ, communément utilisée à Ma'aloula.

C'était dimanche, jour du Seigneur. J'ai assisté à la messe, en rite byzantin puis me suis dirigé vers Saydanaya.

 

Saydanaya. Une magnifique journée pour parcourir les 25 km entre Ma'aloula et Saydanaya. Il fait presque chaud ! Quelques enfants s'attroupent au bout des ruelles lorsque je traverse les villages endormis. Dans cette sone chrétienne, le dimanche est chômé. A la sortie, ce sont les adolescents en moto, 3 ou 4 ensemble sur la même, qui  me tournent autour comme des abeilles. Il n'y arien à butiner. Tant pis pour eux. Il n'ont pas l'air de comprendre que je ne les comprends pas…Alors j'ai l'idée de les complimenter et de sortir mon appareil photo. Deux ou trois clichés soumis à leur approbation et les voilà repartis guillerets et calmés… Si j'avais su !

Je constate que quelques maisons sont superbement décorées.

"On est hadjis, on revient de la Mecque" Ainsi, ce n'est pas seulement le rêve à accomplir… c'est la fête à faire et l'événement à proclamer quand on revient.

Re-cliché.

De nombreuses petites routes se devinent entre les mamelons orangers. Elles convergent de l'autre côté vers l'autoroute qui réunit le Nord et le Sud de la Syrie.

Saydanaya, un peu comme Ma'aloula, ne se laisse pas surprendre. Il faut "mériter" le détour.

Une grande artère pénètre en son centre, mais les nombreux lacets qui précèdent l'arrivée dans les différents monastères, exercent votre patience. Car la pente est raide.

Deux dames discutent et m'arrêtent. L'une d'elles, grande amie du monastère Melkite débauche son époux.

"Elle est de France. On va l'emmener là-haut et elle reviendra dîner avec nous".

Fut dit, fut fait ! Les sœurs me permettent de dormir dans une chambre contiguë à leurs propres chambres. Il y fait bien chaud. Ma nuit sera deux fois douce.

Revenue en famille, les deux jeunes enfants (7 et 10 ans) s'échinent à traduire et venir au secours de leurs parents. Ils sont chrétiens, mariés depuis une dizaine d'années et habitent cet appartement depuis presque aussi longtemps.

Le garçon va sortir sa "bouzouk" (guitare ventrue) et jouer quelques airs. La petite, elle, danse. Ils me font les honneurs de leur chambre décorée au pochoir. Le père serait bien un peu artiste à en croire le portrait de sa femme.

Au lieu de me raccompagner directement, nous effectuons un "city-tour" by night.

"En voiture, c'est mieux : le village est situé à 1381 mètres d'altitude et la neige alentour rafraîchit l'ambiance dès le soleil endormi". Nous montons jusqu'au monastère Saint Thomas, construit sur le site d'un temple romain. Les cellules des moines creusées dans la paroi rocheuse, sont encore visibles (IIIème siècle). De là-haut, on domine tellement que les lumières de Damas nous clignent de l'œil. Après le tour des édifices religieux, souvent dons de souverains au fil des siècles, nous passons au monastère Saint Georges où ils m'offrent une croix en bois d'olivier avant de rentrer.

"Comme ça, vous vous souviendrez de nous".

Je croise une mariée radieuse sur l'escalier…et les enfants de l'orphelinat qui lui ont préparé l'église.

- Le  couvent Melkite Notre Dame de Saydanaya.

Le couvent ou plutôt l'église au début, a été bâti par l'Empereur de Byzance. Il aurait été attiré par une gazelle alors que ses troupes se rafraîchissaient. Voulant lui décocher une flèche, l'animal se transfigura en icône de la Vierge qui lui parla : "non, Justinien, tu ne m'abattras pas mais me construiras une église dans cette colline", puis disparut.

Elle se manifesta une seconde fois lorsqu'il fallut opter pour un plan, l'Empereur et ses hommes du Génie ayant des avis divergents. Bien longtemps après la construction de l'église, la Supérieure du couvent pria un moine passé par Saydanaya et se rendant en Palestine, de lui acquérir une belle et précieuse icône. Sur la route du retour, ayant échappé aux attaques en tout genre, il sut qu'elle lui avait prodigué sa puissante protection. Comme il ne voulut pas l'abandonner aux religieuses, il prétendit ne pas l'avoir achetée. Mais une force étrange l'empêcha de repartir. Il dut  alors la rendre en expliquant son geste. On peut comprendre doublement : il s'agit de l'une des 4 icônes qui – selon la tradition – auraient été peintes de la main même de Saint Luc. D'où son nom de Chahoura ou Chagoura en Syriaque, soit : la renommée ou la plus connue.

De nombreux miracles ont étoffé sa réputation de Saydanaya, au point d'être considéré comme le 2ème lieu de pèlerinage en Orient, juste après Jérusalem.

 

 

SYRIE – DAMASQ ASH SHAM

Une ville damassée.

 

Ainsi, j'y suis dans la ville de Paul.

J'ai choisi d'entrer par Bab Touma, l'une des portes accédant au quartier chrétien.

J'enfile la rue du même nom, au pan presque incliné, et comme autrefois probablement, pavée et surchargée.

Derrière les vitrines d'une librairie, des livres dont les jaquettes en français me surprennent à moitié. La Syrie a été sous mandat français suffisamment longtemps pour y laisser des traces.

Les églises franciscaine, melkite, syriaque, arménienne, orthodoxe, ont été élevées dans un périmètre compris entre Bab Touma, la muraille, Bab Charqui, la rue Droite (1 tronçon) et l'arc romain.

Quelques unes carillonnent la messe du soir.

Vais-je y trouver refuge ?

Je serai finalement invitée par l'épiscopat orthodoxe, à l'extérieur des murailles. L'adresse donnée par le couvent Saint Thècle de Ma'aloula s'avère être non un monastère mais un hôtel.

Un évêque passant par là, ému par ma démarche, m'offre ma première nuit à Damas.

Au petit matin, la neige. Je retourne cependant chez les Melkites où j'avais observé de grands bâtiments.

Réitérant ma demande, l'homme de la veille, se ravise : " allez voir le prêtre ".

L'église est ouverte, j'y passe quelques instants puis, ayant franchi arcades et portails, le curé de la cathédrale, pourtant en conversation, me tend un fauteuil : "welcome".

Une musulmane veut m'emmener chez elle mais, interceptant l'offre,  une autre dame du bureau propose : "je vais la prendre avec moi ici, c'est plus central ". Elle parle français. Plaisir partagé, assurément !

En fait, à l'intérieur même de l'archevêché, elle dirige un petit foyer où quelques jeunes filles de confession différente trouvent à la fois sécurité, dialogue et message chrétien. Elles travaillent, étudient ou, comme moi, sont de passage. Ce jour là, les vacances inter semestrielles venaient de commencer. Il y avait de la place.

Je ne tarde pas à comprendre qu'une fois encore la Providence veille sur mon voyage. Mon hôtesse, docteur en langue, culture et civilisation arabe, est un puits de science, qui, en plus, a enseigné le Coran après l'avoir étudié de longues années.

" Elevée au Liban, je parlais français et si j'ai étudié l'arabe au point d'en oublier le français, c'était afin de penser et vibrer dans cette langue. Seul moyen de saisir les subtilités du livre de Mahomet dont l'écriture est un miracle ", me confia t-elle.

Je suis à bonne école.

Aussi, pour apprendre les différences entre les nombreuse familles de l'église : pourquoi, comment, quand elles sont devenues autonomes.

La diversité est si dense que, chaque jour, j'ai cette possibilité d'aller prier chez l'une, chez l'autre. Dans un souci d'oecuménisme et de Paix.

Et d'unité… qui devrait être à la conclusion d'une Paix.

D'ailleurs, c'est ce que Marie, il y a 25 ans est venue demander en visitant une jeune femme mariée depuis 2 mois à un Grec orthodoxe.

"L'Unité" a fait l'objet de ses messages. De l'huile, symbolisant la lumière, la nourriture, le remède, le combat, l'onction, a d'abord coulé d'une icône, puis de ses mains. Plus tard, de ses yeux quand, tombée en extase, elle voit Jésus. Marie lui est apparue 5 fois mais elle a continué à se montrer aux côtés de son Fils. La maison de Mirna est toujours la même sauf que, dans le carré à ciel ouvert des maisons traditionnelles damasciennes, un oratoire abrite dorénavant l'icône. Sans formalisme aucun, vous y êtes accueilli. Le chapelet y est prié tous les jours et la messe dite une fois par semaine.

L'huile coulera encore… probablement comme en ces fêtes de Pâques où les calendriers latin et orthodoxe se superposent heureusement. Mais, à quand le jour où les 2 Églises auront vraiment fait ensemble le pas qui les conduira vers l'unité.

C'est la prière, constante, de Notre Dame de Soufanieh (nom du quartier), devenue Notre Dame de l'Unité, et de son Fils, Jésus. (voir site Internet www.soufanieh.com)

Nos conversations au fil des jours m'enseigneront la Syrie méconnue…. Et peu à peu, l'idée que je m'en faisais s'estompe au profit d'une réalité. Ce n'est pas le berceau d'une civilisation dépérie. C'est une civilisation toujours vivante à travers ses pierres qui demeurent des témoins infaillibles de son histoire, mais surtout grâce à la mosaïque  de ses peuples qui portent en eux cet enseignement.

Damas est réputée "ville arabe par excellence". Affleurent partout les vestiges de son histoire, des Byzantins aux temps bibliques et bien avant (jusqu'à 4000 ans avant notre ère). Aujourd'hui, ses souks en activité, ses mosquées finement décorées, ses murailles, ses hammams laissent entrevoir ce que devait être la cité des premiers califes.

Derrière la porte du Palais Azem, construit par le gouverneur ottoman en 1750, le cœur de Damas bat au ralenti : Paix et verdure. Tous les appartements privés donnent sur la jolie cour intérieure et sont décorés selon un thème (la musique, la mariée, le pèlerinage…) La partie réservée aux visiteurs, le Salamlek, s'organise aussi autour d'une cour ombragée.

La rue Droite percée par les Grecs, élargie par les Romains, nous ramène aux débuts du christianisme. Paul, converti, dut s'y rendre en attendant d'y retrouver la vie et rencontrer Ananie, celui qui allait l'enseigner.

La maison de celui-ci serait une crypte, collée contre le rempart, au bout d'une ruelle prenant sous la rue Droite près de Bab Charqui.

La présence de l'Apôtre est encore marquée par une chapelle adossée au rempart de Bab Kisan : il aurait fui les Juifs en colère en descendant à l'extérieur au moyen d'une corbeille, le long de la muraille et aidé par ses disciples.

La Mosquée des Omeyades, considérée comme l'une des merveilles architecturale de l'Islam, déploie de somptueuses mosaïques sur la façade de la salle des prières.

A l'extérieur, on remarque, bien sûr, les minarets dont celui dit "de Jésus", le plus élevé, qui devrait l'accueillir au jour du Jugement dernier (Jésus, prophète selon les musulmans).

A l'intérieur, un petit cénotaphe supposé avoir recueilli la tête de Jean Baptiste.

Quand on s'égaie dans la ville moderne, on peut aller admirer l'ancien couvent de Derviches, le Tekkiyé de Soliman. L'ensemble bâti sur le plan de l'architecte même de la mosquée de Soliman à Istanbul, servait de point de départ au pèlerinage de La Mecque.

Les cellules des moines sont dorénavant occupées par des artistes, plus que des artisans à mon sens : tissage de Damas, verre soufflé…

Le Musée National, quant à lui, recèle tous les trésors de la Syrie. La plupart des sites archéologiques importants se retrouvent au centre de la capitale. Mari, Ebla, Ougarit…l'impressionnante façade d'un château de désert, à l'Ouest de Palmyre : Qasr al Haya al Gharbi y a même été reconstruit après avoir été démantelé pierre par pierre. Dans l'aile réservée aux antiquités byzantines et classiques se trouve la reconstitution de Doura Europos, un sanctuaire Juif du IIIème siècle, unique au monde pour ses fresques murales, étonnamment bien conservées, représentant la tradition talmudique, habituellement interdit.

Flâner au hasard dans les ruelles damasciennes, c'est prendre le temps d'observer; une porte, une grille, une niche, toujours plus belle que la précédente, supplie votre caméra : "forget me not". Toute la vieille ville est classée et l'Unesco a un droit de regard sur les travaux de réfection, rénovation ou amélioration….Mais quand ceux-ci ne seront jamais entrepris, qu'adviendra t-il de ces clins d'œil du passé ? Sombreront-ils dans la poussière de l'oubli ?

Je vais bientôt quitter la ville. Turbulente sur ses boulevards, animé intra muros.

Au dehors, les gros autocars charrient les employés d'un bord à l'autre de la circonscription.

Au-dedans, les mini camionnettes rasent les murs avant de céder le pas au vendeur à la criée ou au livreur de lait , à bicyclette.

Deux ou trois vieilles antiquités de voitures font des demi-tours scabreux pendant que les badauds chargés de leurs galettes de pain discutent des couleurs du temps.

Dans "mon" quartier, on me dit "bonjour" et "merci". Ils se sont habitués à mes tours de ville. Ils ne me demandent plus si je marche vite pour faire du sport… Damas, c'est comme des villages juxtaposés. On s'y sent chez soi.

Mais depuis une dizaine de jours, le printemps musarde… Il est temps de repartir.

 

 

SYRIE : un extra

 

A Homs, j'ai rencontré un autre extra-terrestre : Pushkar. Népalais de 35 ans, martyrisé, torturé, a décidé de pédaler pour la Paix. Son périple, entamé il y a plus de 10 ans l'a conduit dans près de 120 pays. Il s'est donné 11 ans pour en parcourir 165.

Nous sommes allés à Palmyre ensemble. C'était un extra , aussi, pour moi, sur cette longue route où le tourisme est absent. Mais ce lieu, en plein désert, imposait un détour. Mentionné déjà sur les tablettes de MARI, il ne trouvera son véritable essor qu'à partir de l'époque hellénistique (Babylone, Selencie du Tigre) et son apogée avec Rome…

La longue plaine – de sable – mauve et ocre, lui donnent air d'oasis irréelle au couchant. Pourtant, la ville des palmiers n'est pas un mirage – loin s'en faut – grâce à la source Afka. Les caravanes venues s'y abreuver ne se sont guère trompées. Et, sur la route de la soie, elle sera le passage obligé de tous les courants de civilisations. De Rome à l'Orient mystérieux.

 

 A suivre.........

 

DE DAMAS A LA JORDANIE

 

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