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LE BLOG DE L'HISTOIRE CONTEMPORAINE

• 4/2/2006 - 1921 La Révolte de Cronstadt


1921
LA REVOLTE DE CRONSTADT


« Tout le pouvoir aux Soviets, sans les  communistes !»


« Après avoir mené à bien la révolution d'Octobre, la classe ouvrière espérait avoir réalisé son émancipation. Mais il en résulta un asservissement encore plus profond de la personne humaine. Les usurpateurs communistes s'emparèrent du pouvoir policier et gendarmesque de la monarchie et, au lieu d'accorder la liberté au peuple, lui inspirèrent la crainte constante de tomber entre les mains de la tchéka dont les salles de torture dépassent en horreur celles de l'administration gendarmesque du régime tsariste. Les baïonnettes, les balles, les ordres grossiers des opritchniki (1) de la tchéka; voilà ce que ses années de souffrance et de lutte ont valu au travailleur de Russie soviétique. Le glorieux emblème de l'Etat ouvrier —la faucille et le marteau— les autorités communistes lui ont substitué la baïonnette et le barreau de prison pour assurer la perpétuation de la vie tranquille et insouciante de la nouvelle bureaucratie de commissaires et de fonctionnaires communistes.

Mais il y a plus infâme et plus criminel, la servitude morale que les communistes ont inaugurée: ils se sont emparés du monde intérieur des travailleurs pour les contraindre à penser en termes communistes. Avec l'aide des syndicats bureaucratisés, ils enchaînent les travailleurs à leur poste, de sorte que le travail n'est plus une joie mais une nouvelle forme d'esclavage. Aux protestations des paysans, qui s'expriment par des soulèvements spontanés, et des ouvriers que leurs conditions de vie poussent à la grève, ils répondent par des exécutions de masse, le bain de sang, surpassant même les généraux tsaristes.

La Russie des travailleurs, la première à avoir brandi le drapeau rouge de l'émancipation du travail, est noyée dans le sang des martyrs de la domination communiste. C'est dans cette mer de sang que les communistes ont englouti tous les serments glorieux, tous les mots d'ordre lumineux de la révolution des travailleurs. Aujourd'hui, il est clair que le parti communiste russe n'est pas le défenseur des travailleurs qu'il prétend être. Les intérêts des travailleurs lui sont étrangers. S'étant emparé du pouvoir, il n'a plus qu'une seule crainte : le perdre et c'est pourquoi il croit que tous les moyens lui sont bons : calomnie, violence, fourberie, assassinat, vengeance sur la famille des rebelles.

Les travailleurs ont assez souffert; leur patience est à bout. Non. Il n'est pas de moyen terme. La victoire ou la mort! Cronstadt-la-rouge donne l'exemple, terreur des contre-révolutionnaires de droite et de gauche. Ici s'est accompli un nouveau pas en avant de la révolution. Ici s'est levé le drapeau de la révolte contre les trois années de violence et d'oppression communiste qui laissent loin derrière elles les trois cents ans du joug monarchique. Ici, à Cronstadt, nous avons posé la première pierre de la troisième révolution qui fera sauter les dernières entraves des masses laborieuses et ouvrira toute grande la voie nouvelle de la créativité socialiste. »

Source : Izvestia de Cronstadt  (début 1921), dans Paul AVRICH “La tragédie de Cronstadt”, Points Seuil 1975 page 228.

(1) - opritchniki : gardes du corps du tsar Ivan IV le Terrible, célèbres pour leurs cruautés.

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